Lecture / Ecriture
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L'automne à Cuba de Leonardo Padura

Leonardo Padura
  Vents de Carême
  Adios Hemingway
  Les brumes du passé
  L'automne à Cuba
  L'homme qui aimait les chiens
  Hérétiques
  Les quatre saisons - T1 - Passé parfait
  Electre à La Havane

Leonardo Padura Fuentes est un journaliste et écrivain cubain né en 1955.

L'automne à Cuba - Leonardo Padura

En attendant l’ouragan
Note :

   C’est en attendant l’ouragan «Félix» que le Commissaire Mario Conde, de la Havane (Cuba), s’attelle à la rude tâche de résoudre en 3 jours un meurtre aux apparences sadiques commis sur un citoyen américain ex-transfuge cubain. Il a négocié ces 3 jours pour obtenir en échange une signature d’approbation au bas de sa lettre de démission. Car, oui, Mario Conde (snif!) veut quitter la police cubaine. Il veut … écrire. ( je ne sais pas si Leonardo Padura fut policier dans une autre vie!)
   
   Leonardo Paduro, à l’instar de Zoé Valdès, ne nous épargne rien de la sordide réalité cubaine – là nous sommes fin des années 90 – ses manques, ses privations, et la vie qui pourtant se poursuit, aux accents tropicaux (dans le genre «la misère est moins triste au soleil»).
   
   C’est vrai. La misère est moins triste au soleil mais à la tombée du troisième jour, ce qui attend Mario Conde, c’est, simultanément; la résolution d’une enquête délicate, sa démission acceptée de la police, son anniversaire fêté à grands coups de rhum chez son meilleur ami (et organiser un anniversaire dans la misère de La Havane semble une entreprise démente) et donc l’arrivée de Félix, Félix le cyclone, l’ouragan.
   
   Leonardo Padura a par moments l’écriture un peu heurtée mais il y a aussi de bien jolis passages et des idées développées d’une bonne originalité (qu’un cubain ne raisonne pas comme un occidental européen me parait la moindre des choses!).
   
   « Et ils se replongèrent dans les archives. C’était seulement dans des moments pareils que le Conde regrettait l’efficacité des ordinateurs, capables de cracher un nom – Garcia Abreu, peut-être – et de raconter toute une histoire, photos comprises. Pour le reste, handicapé cybernétique, il voyait ces machines comme une aberration de l’intelligence humaine, qui avait peut-être créé, à travers elles, un des monstres qui l’autodétruirait. La confiance infinie déposée dans le raisonnement électronique de ces appareils dépourvus de sensibilité lui faisait peur: il n’était pas admissible que l’homme déverse tout son savoir et sa capacité d’analyse dans ces monstres dénués d’âme sans que cet acte contre-nature ait des effets dévastateurs. Heureusement pour le Conde, le sous-développement chronique de l’île et de son propre intellect pré-post moderne l’avait vacciné contre cette pandémie mondiale.»

   
   
   Les quatre saisons :
   
   Passé parfait - Pasado perfecto
   Vents de carême - Vientos de cuaresma
   Electre à la Havane _ Mascaras
   L'automne à Cuba - Paisaje de otono

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critique par Tistou




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La saison des marrons
Note :

   Titre original : Paisaje de Otoño, 1998
   
   
   Ce roman est la quatrième d’une série policière des quatre saisons, qui a commencé en hiver avec "Pasado Perfecto" (1991).
   
   En automne, Mario Conde n’est pas au mieux de sa forme. Il vient de donner sa démission de la police.
    Son chef Ranger a été débouté de ses fonctions, parce que certains de ses subordonnés étaient convaincus de corruption. Mario ne veut pas continuer sans Ranger…
   Il se saoule, en attendant le cyclone Félix qui passe tous les ans à La Havane, plus ou moins fort. Il l’attend et l’espère, comme pouvant laver la métropole de ses abjections, balayant sur son passage tout le mal pour laisser place à un avenir. le passage du cyclone doit correspondre avec son 36 eme anniversaire.
   
   Il rêve et déprime, mais son nouveau chef le réclame: on a trouvé dans la mer le corps de Miguel Forcade blessé mortellement à la tête, et castré. Forcade était un homme politique autrefois chargé à Cuba de missions importantes telles que la confiscation d’objets d’art et de décoration appartenant à la classe possédante. Et bien sûr, Miguel en avait profité pour se livrer à toutes sorte de trafics illégaux, s’était exilé. Revenu depuis une semaine à la Havane avec sa jeune épouse Miriam, pour une raison inconnue, il a aussitôt été assassiné. Mario soupçonne un riche propriétaire qu’il déteste; Miguel aurait tenté de lui voler un tableau de maître qu’il exhibe indécemment… mais un objet peut en cacher un autre, et un suspect aussi…
   
   "L’Automne à Cuba" exploite le thème du "Faucon de Malte": un objet d’art, suscitant mille convoitises passe de main en main des siècles durant provoquant la mort et / ou la fortune de ceux qui s’en emparent illégalement.
   
   Héritier du polar américain Hard Boiled, d’Hammett et de Chandler, ce roman en a la plupart des caractéristiques, les meilleures comme les moins bonnes. L’intrigue est parfaitement bien menée, le regard sur la société est violemment critique, et désabusé ( mais pas cynique comme c’est le cas chez les maîtres du genre), et le style est bien, parfois poétique…
   
   qu’y –a-t-il de moins bon?
   
   C’est un monde d’hommes machistes, à la mentalité étroite. Les femmes ne paraissent dans le récit que sous la forme de mères au grand cœur excellentes cuisinière, voire infirmières pour ces messieurs, ou de belles putes corrompues. Si elles sont jeunes, et pas très belles, il ne leur reste que le statut d’épouse-servantes-cuisinières.
   
   Bon, ce n’est pas pour rien que Padura aime profondément Hemingway....
   
   Un conformisme vraiment désagréable.
   
   Lire aussi "Les Brumes du passé", que j'ai aimé davantage, en dépit de certains charabias dans la traduction.

critique par Jehanne




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