Lecture / Ecriture
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Les pièges du crépuscule - Les Carnets de Max Liebermann, 4 de Frank Tallis

Frank Tallis
  Du sang sur Vienne - Les Carnets de Max Liebermann, 2
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  Les mensonges de l'esprit - Les Carnets de Max Liebermann, 3
  Les pièges du crépuscule - Les Carnets de Max Liebermann, 4
  La Chambre des âmes

Frank Tallis, né en 1958 à Londres, est un Britannique, psychologue clinicien, spécialiste des troubles obsessionnels et auteur de romans policiers historiques. Il a également signé F. R. Tallis des récits fantastiques.

Les pièges du crépuscule - Les Carnets de Max Liebermann, 4 - Frank Tallis

Abandon à la page 100*
Note :

   Ce n'est pas si souvent que j'abandonne une lecture avant la fin. A vrai dire, c'est même rare, mais bon, l'option «sortie après 100 pages» existe toujours et je l'ai utilisée cette fois, non par antipathie violente, mais plutôt par manque quasi total d’intérêt.
   
   Alléchée par les commentaires positifs des blogs sur ses trois premiers romans policiers, j'ai voulu goûter au quatrième de Frank Tallis, me préparant à passer un bon moment récréatif dans ce polar du Vienne du début du 20ème siècle, époque et lieux que j'aime. D'autant que F. Tallis n'a pas mégoté et a réuni au service de son œuvre les vedettes en rapport: Freud, les professeurs viennois, les policiers à moustache en croc, quelques rabbins, des moines et le golem. Pas moins. Pas un ne manque.
   
   L'affaire commence très fort: un moine est retrouvé la tête arrachée. Sans parler du fait que personne n'était censé désirer la mort du «saint homme», il faut aussi dire que ce mode d'exécution, par arrachage (et non décapitation) est quasi impossible à réaliser d'un point de vue purement technique (ou alors le golem??). L’enquête démarre alors que démarre aussi, pour des raisons évidemment politiques, la montée d'un violent antisémitisme dont on sait jusqu'où il ira.
   
   Avouez que tous les ingrédients y sont, et pourtant, la sauce ne prend pas. D'abord, les personnages sont sans doute trop nombreux et pas assez caractérisés, j'ai eu vite fait de les confondre ou de ne pas les reconnaître lors de leurs réapparitions. Quant à leur capital-sympathie auprès du lecteur, cette absence de caractérisation le rend vraiment difficile à installer. Chez moi en tout cas, il est resté au niveau zéro. Et puis c'est lent, sans rien d'un peu notable ou intéressant, ou amusant, n'importe quoi, juste quelque chose qui évite tout simplement qu'on s'ennuie, quelque chose qui surprenne et laisse espérer mieux. Les choses sont trop longues à se mettre en place et l’étonnant meurtre des premières pages qui avait saisi le lecteur n’est suivi d’aucun rebondissement notable dans les cent qui suivent. Au bout de 75 pages, j'en avais assez. J'ai tenu à atteindre la centaine puisque c'est la règle du jeu et au cas où une dramatisation brusque aurait réveillé mon attention, mais 25 pages de plus n'ont absolument apporté aucun changement. Même l'écriture est unie.
   
   Et puis en fait, pour dire la vérité, j'ai même lu 110 pages, mais les 10 dernières, étaient vers la fin, je voulais juste savoir comment on avait pu arracher la tête de la victime. Je l’ai su mais j'ai retrouvé dans ces ultimes pages l'égalité de ton ennuyeuse du départ ce qui m'a épargné tout regret.
   
   Pas de chance, je n’ai pas lu d'autres Tallis. Me déplairaient ils tous? Ou celui-ci est-il LE raté? Le mystère reste entier et il n'est pas près de cesser de l'être car je ne prévois pas de trouver tout de suite assez d'élan pour une nouvelle tentative. Par contre, j'aimerais que quelqu'un qui a aimé les autres titres me dise si celui-ci lui a également plu et pourquoi.
   
   
   * Règle du jeu du lecteur: Accorder 100 pages à l'auteur (même s'il nous ennuie beaucoup) pour nous convaincre de l’intérêt qu'il peut y avoir à le lire.

critique par Sibylline




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