Lecture / Ecriture
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Olive Kitteridge de Elizabeth Strout

Elizabeth Strout
  Olive Kitteridge
  Je m'appelle Lucy Barton

Elizabeth Strout est une romancière américaine, née dans le Maine en 1956. Elle a reçu le Prix Pulitzer 2009 pour "Olive Kitteridge".

Olive Kitteridge - Elizabeth Strout

Emotion, sagesse et maturité
Note :

   Elizabeth Strout! Attention écrivain de talent! Quand elle nous fait pénétrer avec son dernier roman "Olive Kitteridge" qui a eu le prix Pulitzer, dans la vie intime des habitants de Crosby, une petite ville du Maine, c’est pour nous faire partager les joies, les souffrances, les doutes, l’amour et la haine, la vie et la mort de chacun de ses personnages. Trente années se déroulent devant nous et nous plongent au cœur de la comédie humaine, pour reprendre l’image de Balzac, dans un microcosme plus vrai que nature.
   
   Chaque chapitre fonctionne comme une nouvelle: Pharmacie, marée montante, la pianiste, l’affamée... et nous raconte une histoire, un moment d’une vie quotidienne, d’une vie qui ne sort pas de l’ordinaire et pour cela si proche de nous. Ces récits ont une telle force que nous, lecteurs, nous sentons totalement impliqués, pris dans la gangue de l’humaine condition avec ses espoirs et ses désespérances, avec ses réussites et ses erreurs
   
   Le personnage central qui est le lien entre tous, c’est Olive Kitteridge, professeur de mathématiques, redoutée par des générations d’élèves mais curieusement aimée par ceux que la vie a malmenés. Cette sorte de virago, immense et grosse femme au franc parler, est une notoriété incontournable de la société de Crosby. Selon le point de vue présenté et d’un récit à l’autre, Olive Kitteridge nous apparaît nuancée par des éclairages divers et contradictoires. Et c’est là tout l’art de l’écrivain qui, en peignant toutes les facettes d’un être humain, nous montre que celui-ci est bien plus complexe que l’on ne saurait l’imaginer, que les rapports entre les hommes sont souvent cruels et injustes.
   
   Un très beau livre, nostalgique et plein d’émotion mais aussi de sagesse et de maturité, qui nous suggère que le bonheur est si fragile que bien souvent nous ne prenons conscience de son existence que lorsqu’il est passé. Il nous dit qu’il ne faut pas attendre de la vie plus que ce qu’elle peut nous donner et surtout pas qu’elle soit juste, que seul l’amour peut parfois permettre de la rendre supportable et que somme toute - c’est la conclusion du roman et c’est ce que pense Olive- elle est passionnante.
   
   "Ce monde ne cessait de l’étonner. Elle ne voulait pas le quitter- pas encore."
    ↓

critique par Claudialucia




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375 pages revigorantes
Note :

   "Je ne vois vraiment pas pourquoi je pleurerais."
   
   
   Tantôt personnage principal, tantôt juste mentionnée, Olive Kitteridge nous apparaît dans un portrait kaléidoscope la suivant de l'âge adulte à la vieillesse. Mais qui est-elle réellement? Pour les uns, une prof de maths qui terrorise ses élèves, pour d'autres une femme avec son franc-parler mais qui sait aussi faire preuve de déroutants élans de bonté. Étouffante pour son fils unique qui n'aura de cesse de la fuir, compatissante pour une jeune femme souffrant d'anorexie ou pour un ancien élève dépressif, Olive nous surprend toujours.
   
   La construction, perturbante au début, on a l'impression de lire des nouvelles sans lien entre elles, bâtit en fait, de manière subtile, tout un univers qui nous devient vite familier. On guette l'apparition d'Olive et très rapidement on s'attache à cette femme et à ceux qu'elle côtoie.
   
    Elisabeth Strout nous montre avec aisance aussi bien les drames que les joies, la solitude et la vieillesse mais aussi le nouveau comportement amoureux des personnes âgées, leur manière d'affronter les surprises du cœur. Un roman généreux et tout en finesse.

critique par Cathulu




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