Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Nous étions des êtres vivants de Nathalie Kuperman

Nathalie Kuperman
  J'ai renvoyé Marta
  Nous étions des êtres vivants
  Les raisons de mon crime

Nathalie Kuperman est une auteure française née en 1963.

Nous étions des êtres vivants - Nathalie Kuperman

Lutte finale
Note :

   "Nous les avions un peu oubliées, celles qui ont tout fait pour que les choses se passent autrement, qui n'ont cessé de nous prévenir du danger que représentait l'acceptation d'être rachetés par un escroc, qui nous ont encouragés à faire grève, à alerter les médias, à nous mobiliser pour exiger que nous restions dans le grand groupe de presse en question. Nous en avons les moyens! assenaient-elles avec une conviction moyenne. Nous avions déjà baissé les bras".
   
   Après un an d'incertitude, Mercandier Presse, spécialisé dans la littérature enfantine, vient d'être racheté par Paul Cathéter, un homme aux méthodes brutales. Fini le temps de la lenteur, il va falloir du rendement et prouver que l'on peut s'adapter rapidement aux changements annoncés. Il apparaît assez vite que des licenciements vont intervenir et un déménagement vers des locaux plus petits.
   
   Trois parties dans ce roman: menace - dérèglement- trahison. La trame est clairement annoncée. Les évènements sont racontés par une poignée de salariés et un chœur.
   
   Si j'ai bien lu la presse, l'auteur aurait connu une expérience similaire dans sa carrière, d'où un parfum d'authenticité très présent. La lecture est fluide et aisée, c'est une bonne idée de nous faire sentir la situation de l'intérieur avec le point de vue alterné de quelques personnes et leurs réactions "à chaud". Certains personnages m'ont paru un peu trop caricaturaux dans ce que l'on perçoit de leur vie privée. En tout cas, pas le dirigeant, dont les clones pullulent un peu partout...
   
   C'est un bon roman, qui m'a intéressée, mais je ne peux pas cacher qu'il est déprimant parce que sans espoir et que l'on sait bien qu'il se vit tous les jours dans la réalité. A déconseiller à celles et ceux qui se sentent concernés par la même situation.
   
    Rentrée littéraire 2010
   ↓

critique par Aifelle




* * *



Sorti en poche
Note :

   "On aime notre métier et notre métier ne nous aime plus."
   
   Soulagement au sein d'un groupe de presse pour enfants: ils ont trouvé un acquéreur. Mais soulagement de courte durée car le repreneur, bientôt surnommé Gros Porc, n' a que faire de leurs compétences, de leur humanité et ne recherche que le profit à court terme.
   
   En trois étapes, commentées par un chœur, la tragédie ira crescendo, révélant les mesquineries banales , les cruautés ordinaires et les retournements de veste discrets au fur et à mesure que la peur s'installe.
   
   Plusieurs personnages prendront aussi successivement la parole, révélant leurs faiblesses, leurs problèmes quotidiens ou moraux et cette plongée dans leur intimité permettra de nuancer leur comportement.
   
   De rebondissements en coups fourrés, de coups de folie en désespoir, c'est toute une palette de sentiments qui nous les rend si proches et si désespérément humains dans une société où "Aujourd'hui, manœuvrer, dénoncer, flatter, faire preuve de cynisme et jouer les forts en thème suffit à accéder au rang de supérieur. Les compétences passent au second plan." Ça ne change peut être rien de l'écrire mais ça fait du bien, car on se sent moins seuls, comme ne cesse de le répéter le chœur, comme pour mieux s'en convaincre.

critique par Cathulu




* * *