Lecture / Ecriture
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L'ombre de ce que nous avons été de Luis Sepulveda

Luis Sepulveda
  Le Neveu d'Amérique
  Le vieux qui lisait des romans d’amour
  Journal d'un tueur sentimental
  L'ombre de ce que nous avons été
  La lampe d'Aladino, et autres histoires pour tromper l'oubli
  Dès 10 ans: Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
  Dès 07 ans: Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur
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  Le Monde du bout du monde

Luis Sepúlveda est né en 1949 au Chili et vit actuellement en Espagne.

L'ombre de ce que nous avons été - Luis Sepulveda

Humour chilien ?
Note :

   Chili, très récemment, trois vieux ex-exilés rentrés au pays après la chute de Pinochet, attendent, dans un ancien garage, l'arrivée d'un quatrième, "le spécialiste", qui doit les faire participer à une action révolutionnaire. Dans le même temps, Conception Gracia, en rage contre son mari, jette par la fenêtre un vieux tourne disque dont la chute est amortie par la tête d'un passant qui ne s'en remettra pas.
   
   C'est un roman parfois difficile, parce qu'il évoque les différentes factions gauchistes d'avant Pinochet, ainsi que des références sud-américaines que je n'ai pas et donne des noms aux protagonistes pas toujours faciles à retenir; j'ai eu du mal à faire parfois la différence entre des personnages. C'est un roman qui parle de la vie avant et pendant Pinochet, au Chili et de ceux qui ont fui la dictature et sont revenus une fois Pinochet destitué: leurs espoirs et leurs désillusions.
   
   C'est un roman très drôle, une sorte d'humour désabusé, détaché. Certains passages sont absolument hilarants et en l'espèce, je vous conseille le chapitre 3 en entier -un peu long pour être cité- qui relate la chute du tourne disque sur la tête du passant: inoubliable! D'autres passages valent aussi largement le coup et je ne résiste pas au plaisir d'une petite citation. L'un des personnages, ex-exilé en France répond à l'un de ses compatriotes s'étonnant qu'il n'ait pas pu rencontrer Brigitte Bardot à Paris: "[...] il voulut savoir ce qui l'avait intimidé et empêché d'arriver jusqu'à Brigitte Bardot. Salinas prétexta d'abord une question de temps et ajouta que l'actrice était maintenant une grosse vieille réactionnaire et de mauvaise humeur qui se consacrait à l'élevage des chiens.
   - C'est pas vrai. Elle est jolie, blonde, prend le soleil à poil sur une terrasse et, pour arriver jusqu'à elle, il suffit d'écarter les draps accrochés à un étendoir, répondit Arancibia.
   Immuable pays de la mémoire. Intact comme un nichon de sainte Thérèse ou comme un film de Roger Vadim."

critique par Yv




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