Lecture / Ecriture
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Chienne de Vie de Helle Helle

Helle Helle
  Chienne de Vie

Chienne de Vie - Helle Helle

Faisons étape au Danemark
Note :

   Je viens de passer un week-end extrêmement plaisant en compagnie de la Danoise Helle Helle et de "Chienne de Vie", petit roman que j'ai savouré avec grand plaisir en restant bien au chaud chez moi, une tasse de thé (voire une bonne tartine à la confiture de rose) à portée de main.
   
   Le récit débute avec Bente qui vient de fuir son mari et sa vie de façon plus générale, et qui attend à l'arrêt de bus d'un endroit "isolé au bout du bout du Danemark" comme le fait remarquer avec raison le résumé du Serpent à Plumes. Passe devant elle un homme à bicyclette qui, s'inquiétant pour elle, revient avec sa compagne pour la chercher, étant donné que le bus ne passera pas avant le lendemain et qu'une tempête se prépare. De façon très naturelle, Bente est invitée à séjourner chez Johnny et Cocotte (on s'étonne lorsque Cocotte dit à Bente qu'elle rêverait de s'appeler comme elle). L'hébergement au départ provisoire se prolonge finalement et convient aussi bien à Bente, qui en profite pour se faire dorloter, qu'au couple, deux personnages affectueux dont la vie paisible et a priori inintéressante est remplie de tendresse et de générosité. Si leur foyer constitue un havre de paix, Johnny et Cocotte se préoccupent aussi de la vieille grincheuse d'à côté, ou encore des chiens de l'oncle hospitalisé. La tranquillité de cette petite vie est assez rapidement mise à mal par l'accident de Johnny qui se fait renverser à vélo. Ce sera au final pour Bente l'occasion de s'intégrer un peu plus à ce nouveau foyer.
   
   Une lecture cocooning en quelque sorte, car si tout n'est pas rose, à force de voir les personnages préparer un petit repas, mettre une bûche de plus dans le poële, jouer au Uno et se blottir sous une couette, on finit par avoir l'impression d'être un peu dorlotés nous aussi. Quelques personnages plus amers ou égoïstes viennent (fort à propos) atténuer cette ambiance ma foi assez idyllique. La fin constitue en quelque sorte une surprise, puisque Bente, écrivain, finit par intégrer un de ses romans, elle qui aime à décrire les petits riens de la vie. Un joli moment!
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critique par Lou




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Cocooning
Note :

   Bente descend d'un bus avec une valise. Elle arrive dans un endroit isolé du Danemark, venant de  plaquer mari et appartement. Assise là, elle voit passer Johnny en vélo, sans trop de réaction.
   "L'homme revient, avec une femme cette fois, tous les deux à pied. Comme lui, elle porte un bleu de travail. Ils se tiennent par la main et ne se lâchent qu'une fois arrivés devant moi".

   C'est Cocotte et Johnny. Ils proposent gentiment à Bente de venir chez eux se réchauffer, d'autant qu'une tempête est annoncée. Ils ne peuvent pas la laisser là.
   
   Voilà, c'est à peu près tout pour l'histoire et je lui ai trouvé un charme indéfinissable. Bente a une attitude un peu décalée, en fait elle est dépressive depuis des années. Elle va s'installer chez le couple et mener une vie simple, faite des gestes du quotidien, de petits riens, et de beaucoup de chaleur humaine.
   
   Elle passe du temps blottie sous la couette, Cocotte ou Johnny font le café, préparent les repas, sortent les chiens... Les réflexions de Bente sur sa vie passée sont d'une grande tristesse, mais elles semblent se diluer dans cette atmosphère douillette et bienveillante.
   
   Bente fait la connaissance de l'entourage des jeunes gens, le frère de Cocotte, Ibber, la voisine Elly, elle se remémore sa vie avec Bjornvig, rend de menus services, fait les courses. Quand Johnny aura un accident avec son vélo, elle assurera la marche de la maison seule pendant quelques jours.
   
   C'est un livre calme et apaisant où je me suis coulée tranquillement, le rythme est lent, mais pas ennuyeux, je dirais même berçant. Rien n'est précisé de ce que va devenir Bente, pourtant on sent bien que cette immersion dans un milieu réconfortant la retape et lui redonnera goût à la vie. L'écriture est aussi simple que la vie menée, sans mièvrerie, les douleurs de chacun sont là mais n'ont pas fait disparaître la générosité des cœurs.
   "Dimanche matin, il pleut. Je me réveille au cliquetis des gouttes et reste allongée dans le canapé sans bouger un orteil. J'ai dormi longtemps et profondément. Je ne sais pas si je suis d'humeur triste ou gaie. On dirait que quelque chose en moi a retrouvé sa place pendant mon sommeil. Grâce à un rêve, mais je ne me rappelle pas ce que c'était. Seulement qu'il y avait un lion et un cheval."

   
   Un roman à lire dans un canapé, devant la cheminée, enfoui(e) sous une couette, juste pour l'ambiance.

critique par Aifelle




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