Lecture / Ecriture
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Le cœur de l'hiver de Dominic Cooper

Dominic Cooper
  Vers l’aube
  Le cœur de l'hiver
  Nuage de cendre

Dominic Cooper est un écrivain britannique né en 1944. (Ne pas confondre avec son homonyme acteur)
Il s'est vu décerner le Somerset Maugham Award en 1975 pour son roman "Le cœur de l'hiver".

Le cœur de l'hiver - Dominic Cooper

Austère lande d'hiver
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   "Sur la côte ouest de l'Ecosse, Alasdair Mor exploite la petite ferme familiale, seul après la mort de son père et le départ pour la ville de son frère. Il vit de la pêche au homard. Il aime profondément la nature sauvage et grandiose qui l'entoure. Mais un couple s'installe dans les environs, et le vol et le mal font irruption dans la vie d'Alasdair qui répond par l'incompréhension. L'homme s'en prend aux animaux d'Alasdair, et l'entraîne dans un affrontement à mort après une poursuite hallucinante à travers les collines sauvages."
   
   
   Le roman de Dominic Cooper "Le cœur de l'hiver" ne ressemble à aucun autre et son action sur les rives d'Écosse aux fougères battues de vent et de marées violentes et destructrices nourrit 180 pages d'un lyrisme panthéiste qui me fait penser à la littérature indienne (Amérique du Nord). Alasdair Mor exploite une toute petite ferme et vit surtout de la pêche au homard. Mais la haine et la violence vont rattraper ce coin d'enfer pour une histoire de voisinage.
   
   La brutalité qui s'immisce dans le récit n'empêche pas de comprendre les véritables héros de l'histoire, l'océan mugissant, le vent de glace et la lande déserte où pourrait errer le chien des Baskerville par exemple, cette saisissante aventure de Sherlock Holmes qui nous rattache vite à la tourbe écossaise.
   
   Livre du temps, aussi, du temps et des saisons, du froid qui dévore les mains d'Alasdair lors de sa rude tournée des casiers de crustacés. "Le cœur de l'hiver" a été publié en 75 et les Editions Métailié viennent d'en publier la traduction française dans une collection Bibliothèque écossaise attirante comme un vieux scotch au coin du feu.
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critique par Eeguab




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Beau, mais...
Note :

   C'est un roman qui m'a laissée un peu perplexe je dois bien l'avouer. L'énorme majorité des auteurs écossais contemporains écrivent à la manière Irlandaise : des récits noirs où les personnages principaux sont en butte soit à l'alcoolisme, soit à la drogue, évoluent dans des milieux violents et gris, sans espoir. Ils ne sont pas rigolos mes amis Ecossais... Ils demeurent désespérément tristes et mélancoliques.
   Ce beau récit n'échappe pas à la règle.
   
   Tout commence de manière bucolique. Un vieux garçon de 45 ans et plutôt laid, Alastair Mor, vit seul, avec ses quelques animaux, sur l'une de ces îles écossaises âpre et sauvage où la nature est toute-puissante. Certes, sa vie pourrait paraître monotone et frustre mais elle lui convient. Alastair n'est ni heureux ni malheureux, il se contente de sa petite vie toute simple, à pêcher le homard et s'occuper de ses bêtes.
   
   Dominic Cooper excelle dans l'art des descriptions, il donne au lecteur la possibilité de sentir le vent glacé, de toucher et voir la lande infinie et l'océan en furie, les somptueux couchers de soleil et les falaises embrumées. L'écrivain sait également très bien nous communiquer les sentiments d'Alastair, le solitaire.
   
   Et puis patatras, arrivent An Sionnach et sa femme, qui veulent s'installer dans ce coin isolé, au voisinage d'Alastair. Et l'enfer s'ouvre pour ce pauvre bougre qui devient la cible d'une hostilité aussi violente qu'incompréhensible. Le point d'orgue de cette absurde manifestation de haine et d'antipathie, c'est le massacre des bêtes d'Alastair. Acte gratuit, barbare. Là émerge le désir de vengeance d'Alastair, et là dégringole mon intérêt pour ce récit. Si je vous dis que tout ça se termine mal, vous ne serez sans doute pas surpris. Et mon moral en a pris un coup, d'autant plus que le comportement du nouveau voisin semble irrationnel. Tout ce qui arrive à Alastair est dénué de sens. Sauf si on part du principe que la nature sauvage et l'isolement rendent fou en 24 heures... une explication à laquelle je n'adhère pas. Ou alors que Sionnach apporte le Mal avec lui. Allez savoir...
   
   Je comprends bien qu'on puisse être totalement accablé par l'humanité, les Hommes avec un grand H. Je le suis aussi. Mais devoir lire encore une tragédie doublée d'un constat écrasant qui s'impose perpétuellement (et quoi, oui, la grande majorité des gens est désespérante de méchanceté et de stupidité) a finalement eu raison de mon intérêt pour Cooper. Surtout que ses deux autres romans sont dans la même veine. Et en ce moment, j'ai envie de "happy end", désolée.
   
   Je salue en tout cas la magnifique traduction de Bernard Hoepffner. Et je me dis que cette lecture aurait dû être repoussée, peut-être, à un moment plus approprié.
   
   "En contrebas se trouvaient les deux terrasses surplombant la grève, là où la famille de son grand-père avait fait pousser l'orge pour son whisky. Grandes marches vertes contre les collines brunes et la mer hyaline, elles étaient à présent en friche, les sillons dans l'herbe disparaissaient rapidement sous la fougère qui proliférait. C'était là que broutaient les moutons d'Achateny, tels des poux à fourrure éparpillés le long de la côte, leurs bêlement pathétiques se mêlant aux folles menaces des goélands marins, des goélands argents et des corneilles mantelées qui plongeaient, s'élevaient et tournoyaient au-dessus du littoral. Au-delà, les grands donjons crénelés des rochers noirs contrastaient avec les langues de terre et les récifs qui mouchetaient le léger ressac et que la marée était en train de recouvrir. "

critique par Folfaerie




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