Lecture / Ecriture
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Mon péché n'appartient qu'à moi (Karna, t.1) de Herbjørg Wassmo

Herbjørg Wassmo
  Voyages
  Le livre de Dina
  La fugitive
  Un long chemin
  Mon péché n'appartient qu'à moi (Karna, t.1)
  La Véranda aveugle
  Cent ans
  La chambre silencieuse
  Ciel cruel
  Thesaurus (tome 2)

Herbjørg Wassmo est l’auteur d’une œuvre considérable, des livres pour enfants à l’écriture théâtrale en passant par la poésie. Œuvre inscrite aux programmes scolaires et universitaires, et qui, traduite en de nombreuses langues, connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature.(source l’éditeur)

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Mon péché n'appartient qu'à moi (Karna, t.1) - Herbjørg Wassmo

Tome 1 de «L'héritage de Karna»
Note :

   Quatrième de couverture:
   
   "Après des années d'absence passées à Copenhague, où il a étudié la médecine, Benjamin Gronelv est de retour sur les terres de sa Norvège natale. À Reinsnes, comptoir marchand aux rivages battus par les tempêtes de la mer du Nord, il retrouve son père, le vieil Anders, qui dirige toujours la ferme familiale, aidé par Stine et Tomas, les fidèles domestiques. Hanna est là aussi, son amie d'enfance. Si les visages sont souriants à son arrivée, ils ne peuvent dissimuler longtemps à Benjamin les difficultés. Le hareng a complètement disparu des côtes de Senja et, en cette fin de XIXe siècle, le brouhaha de l'industrie florissante semble sonner le glas des activités traditionnelles. C'est ce monde frêle et indécis que Benjamin a choisi d'offrir à l'enfant chétif qu'il transporte avec lui dans ses bagages: sa petite fille Karna."

   
   
   Commentaire
   

   J'ai définitivement fait une belle découverte avec cette auteure à travers les mots de laquelle j'ai pu entrevoir une partie de la Norvège de la fin des années 1800. Je connais en fait très peu ce coin de pays que je découvre avec plaisir à travers sa littérature. En plus, le livre a une bonne odeur de thé et d'épices pour avoir passé presque 1 mois emballé avec ces sachets! Ça donne le goût de manger des pains d'épices en lisant!
   
   En fait, ce livre est le premier de la trilogie "L'héritage de Karna". Karna est la petite fille de Dina, du "livre de Dina". Il s'agit de trois trilogies consécutives (Le livre de Dina, Fils de la providence, L'héritage de Karna), mais qui peuvent être lues séparément. En fait, si j'ai été un peu déstabilisée par les personnages et leurs relations au début (ils ne sont pas présentés spécifiquement... ce qui n'est pas dérangeant), je suis vite entrée dans l'histoire, que j'ai beaucoup appréciée. On sent toutefois qu'il s'agit du début de quelque chose... et si je veux connaître la fin, je n'aurai pas le choix de lire les autres volumes! Quel drame, n'est-ce pas! Des livres à acheter! Dans ce roman, les pierres sont posées et on quitte Benjamin, Karna et Anna en plein milieu de l'histoire!
   
   J'ai aimé l'écriture simple, directe et sans chichis, qui convient bien à ce récit qui parle de gens simples, pour la plupart. La narration est centrée sur l'action et si on peut imaginer les paysages à travers les yeux des personnages, ils sont très peu décrits. Pourtant, on y ressent la dureté du climat des cotes norvégiennes, les longs hivers et leurs soleils capricieux. Mon attention est vraiment portée sur ce qui va se passer... et je veux connaître la suite des événements!
   
   Petite particularité qui m'a fait sourire et qui est probablement typique de l'époque et de l'endroit, cette manie qu'ont les gens de s'appeler par leur prénom, même lorsqu'il se parlent en direct! Je trouve que ça a ajouté une touche de poussière d'un autre temps à ma lecture. J'ai aussi aimé la narration qui change, dépendant si l'action est centrée sur Benjamin ou sur Karna. Le style devient tout autre, même si le narrateur reste externe. Le prologue, raconté avec tout l'innocence de Karna m'a vraiment plu!
   
   Après maints farfouillages en librairie, j'ai mis la main sur les trois tomes du livre de Dina, pas cher du tout et début de cette série. Comme c'était un fait TOUT À FAIT inusité et que je risquais de manquer la chance de ma vie si je ne l'achetais pas, j'ai écouté ma raison et les ai pris! Je vais donc reprendre du début, pour revenir à Karna ensuite, disponibilité de bouquins oblige! Et ceux qui ont vu mes résolutions de nouvel an, ne riez pas... il faut quand même quelques jours au cerveau de la LCA* pour se modeler aux nouvelles résolutions! Dans quelques jours, tout va s'être replacé et je vais enfin être raisonnable!!
   
   
   * LCA Lectrice Compulsive Anonyme
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critique par Karine




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Saga scandinave
Note :

   Voilà un autre roman scandinave qui a longtemps attendu dans ma PAL avant d'être lu. Ce qui n'est peut-être pas une victoire pour cette montagne de livres à lire, car "Mon péché n'appartient qu'à moi" est le premier tome d'une trilogie consacrée à Karna, la petite-fille... après la grand-mère Dina (trois romans) et le père, Benjamin (deux romans). En résumé, il me reste sept romans à découvrir maintenant, puisque j'ai apprécié cette rencontre avec Herbjørg Wassmo.
   
   Ce dernier cycle consacré à Karna s'ouvre par une entrée en matière assez spectaculaire. La petite fille se rend dans le grenier et trouve une robe dans une malle. L'endroit est étrange, voire inquiétant. Soudain, la robe se redresse seule : c'est la grand-mère qui vit dans le grenier, parmi les malles et les habits des membres de la famille disparus depuis longtemps. Apparition fantomatique effrayante a priori, mais pas pour Karna qui fait de cette grand-mère imaginaire son alliée.
   
   Karna est une petite fille isolée, qui vit avec quelques adultes dans la grande propriété familiale. N'ayant pas connu sa mère, elle est extrêmement attachée à son père. Bébé, elle manque de mourir lorsque son père la ramène auprès des siens. Elle hurle, s'époumone et crie à perdre haleine : S'il la posait sur la couchette, essayant de l'ignorer, cela ne faisait qu'empirer. Il ne pouvait pas la quitter une seconde (p 36). A son arrivée, Benjamin retrouve son amie d'enfance Hanna. Fille d'une domestique de la maison, elle est amoureuse de lui et garde l'espoir de l'épouser. Mais quelques années plus tard, le docteur accueille chez lui Anna, un amour de jeunesse - issue quant à elle de la bourgeoisie. Dès lors, il hésite sans cesse entre les deux femmes.
   
   La première partie et la fin du récit se recentrent sur le point de vue de Karna, petite fille atypique et attachante souffrant de crises d'épilepsie. Un mal méconnu qui effraie encore à la fin du XIXe, époque du récit. Toute la vie de l'enfant tourne autour de la figure sacrée du père, dont les absences restent mystérieuses. Puis il semble ensorcelé par Anna, cette autre Hanna qui pourrait lui ravir la vedette. A bord d'une barque, devant un Benjamin tourmenté qui lui dit qu'un jour, peut-être, il partira, l'enfant veut sauter par dessus bord.
   
   Puis la partie centrale du récit tourne autour de Benjamin et de son attirance pour Anna et Hanna : il ne souhaite renoncer à aucune d'entre elles mais la situation ne peut perdurer. Avec Hanna, qui l'a toujours aimé, il se comporte comme s'il pouvait disposer d'elle. Quant à Anna, quand elle le contrarie, elle lui paraît moins belle, avec "une vilaine ride au front". Un roman qui ne fait pas vraiment honneur à Benjamin, malgré son dévouement auprès des malades.
   
   L'histoire s'inscrit dans un cadre impressionnant et sauvage de grand nord. Elle est également ponctuée de détails historiques, tels que la présence d'un cercueil en réserve au grenier, ou ces sorcières que l'on guette à la Pentecôte.
   
   Sans être un coup de cœur, ce roman m'a beaucoup plu. Il a le mérite de livrer des personnages complexes, attachants malgré leurs faiblesses.

critique par Lou




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