Lecture / Ecriture
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La cantatrice avariée de Pierre Jourde

Pierre Jourde
  La Littérature sans estomac
  La cantatrice avariée
  Pays perdu
  La présence
  Le Tibet sans peine
  La première pierre
  Winter is coming
  Le Maréchal absolu

Pierre Jourde est un écrivain et critique français né en 1955. Il enseigne la littérature à Valence (université Grenoble III).

La cantatrice avariée - Pierre Jourde

Roman avec accompagnement d’orchestre
Note :

   «Roman avec accompagnement d’orchestre», c’est le sous-titre de «la cantatrice avariée». De grandes parties sont en effet rythmées par des références à Erik Satie. Mais l’orchestre est largement aussi avarié que la cantatrice!
   
   Quelle différence entre le Pierre Jourde de «Pays perdu», au cœur du pays profond, la France, de ses paysans, de la famille, véritablement enraciné, et celui de «La cantatrice avariée».
   
   La première chose qui me vienne en tête, c’est «quel dommage qu’il n’ait pas une histoire autour de laquelle écrire». La plume de Pierre Jourde est conséquente, aucun doute là-dessus mais … cette « cantatrice … » ? L’impression que Pierre Jourde sait écrire mais qu’il n’a rien à écrire.
   
   Il a du style.
   
   « Bolo et Bada voyaient moins qu’ils ne se sentaient vus du fond de ces objets paradoxaux qu’on ne pouvait pas examiner sans s’y perdre. Certains d’entre eux ménageaient des entrées, de petites portes vertes (pas exactement vertes au sens scientifique du terme, mais l’objet était construit de telle sorte qu’on savait bien qu’il ne pouvait s’agir que d’une petite porte verte) ou de simples fêlures. On s’y glissait, tiré par l’œil. L’objet pouvait vous loger tout entier, et une fois qu’on y était, il se retournait comme un gant, et vous avec. On sortait à l’envers.»

   
   Il n’y a pas de fond à proprement parler. Ce n’est même pas une allégorie – ou alors je serais passé à côté – c’est une non-histoire. Le démarrage peut passer pour poétique dans cette dérive bizarroïde de deux petits malfrats aux commandes d’une secte délirante dans les environs de Clermont-Ferrand. Le problème, c’est que plus on avance et moins ça tient debout. Ça reste très bien écrit. Mais qu’est-ce qui est écrit? A-t-on besoin du marteau-pilon le plus sophistiqué pour casser une noix? Moi je préfère prendre une pierre!
   
   Dommage de voir tant de qualités littéraires perdues là. Je me prends à rêver à ce qu’il pourrait nous écrire avec un fond d’histoire telle que celles de Russell Banks, par exemple …
   
   Alors 2,5*, c'est mi chèvre-mi chou. L'écartèlement total du style brillant et du fond inexistant.

critique par Tistou




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