Lecture / Ecriture
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La nuit tous les loups sont gris de Gunnar Staalesen

Gunnar Staalesen
  Anges déchus
  Le loup dans la bergerie
  La Belle dormit cent ans
  La nuit tous les loups sont gris
  Le roman de Bergen - 3 - Le crepuscule
  Le roman de Bergen - 1 - L'aube
  Le roman de Bergen - 2 - Le zénith
  Fleurs amères
  Comme dans un miroir
  L’Enfant qui criait au loup

Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu'il suivra dans une douzaine de romans.
(Source éditeur)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La nuit tous les loups sont gris - Gunnar Staalesen

Héros triste
Note :

   Mon premier Staalesen (prononcer "chtolesseun"), il était temps me direz-vous, mais ce ne serait pas encore chose faite si je n'avais eu l'occasion de le "voir et entendre" à une rencontre qu'il avait avec ses lecteurs.
   M. Gunnar Staalesen est un homme très cultivé qui s'exprime fort bien en français et il était par ailleurs accompagné d'Alex Fouillet, son excellent traducteur pour la France. Il s'en est suivi un échange très intéressant et très instructif. Ce genre de rencontre ne peut qu'inciter les lecteurs potentiels à se précipiter sur les ouvrages et je me suis bien gardée de faire exception à la règle. C'est ainsi que je vous présente aujourd'hui ce polar et que je devrais vous parler d'un ou deux autres bientôt.
   
   Varg Veum, le héros de Staalesen, est un détective privé d'allure médiocre qui s'attriste lui même de constater à quel point, tel un caméléon, et sans déguisement préalable, il se fond aisément et parfaitement dans les milieux les plus médiocres qu'il est amené à fréquenter (et cela va jusqu'aux clochards). Il constate tout autant que le camouflage se passe moins bien lorsqu'il aborde les milieux huppés quoiqu'il parvienne tout de même à les approcher d'assez près (ce sera peut-être le point faible au niveau vraisemblance de la scène finale de ce volume-ci).
   
   En découvrant cet auteur, je dois dire que j'ai été avant tout surprise par la qualité de l'écriture vraiment littéraire
   "Le silence couvait la pièce comme une poule un œuf de pierre."
   "Une radio trônait sur la table, diffusant une musique en mille feuilles ponctuée de doux bavardages apaisants."
(n'entendez-vous pas exactement la radio qui ronronne chez vous?)
    Qualité de l'écriture et amplitude du vocabulaire (j'ai découvert "taricheute"*) et là, je me suis dit «Heureusement que Staalesen a trouvé un traducteur français à la hauteur de sa tâche! On aurait pu perdre beaucoup à ce niveau là»
   
   Vous l'aurez compris avec ce que je vous en ai déjà dit, le ton est loin du clinquant des supermen et des actions d'éclat et je ne pense pas que cette série convienne à ceux qui privilégient le suspens et l'action. Mais c'est un bon whodunit où le lecteur peut tenter d'être plus malin que le détective (j'y ai encore échoué, damn it!). D'autre part, l'auteur nous épargne le manichéisme des bons et des méchants ce qui le rend un peu crédible. Chez Gunnar Staalesen les méchants ne sont pas tout noirs Ils ont leur histoire et leurs raisons. Les mauvais sont aussi des victimes de quelque chose. Et aussi le monde et ses vicissitudes continue de tourner autour de l'aventure de Veum (ainsi quand l'appartement de la mère est dévasté). Comme dans la vraie vie, quoi.
   
   Et notre détective est un philosophe humaniste. Veum ne peut suivre un témoin suspect dans une salle de bingo sans se livrer à des réflexions sur la vie. Faut aimer, moi j'aime.
   "Ces endroits étaient peut-être des lieux de rendez-vous pour gens tristes, des carrefours où des égarés dans les années pouvaient soudan se rencontrer."
   Sur la vie des autres, et la sienne
   « J'étais une ruine, une forteresse abandonnée, un champ qui avait été labouré longtemps auparavant. C'est en tout cas comme cela que je me sentais, depuis le mois de novembre. »

   
   Pas très original, mais une lecture agréable et de bonne tenue
   
   
   *Embaumeur dans l'ancienne Égypte
   
   
   Varg Veum
   
    1. Le Loup dans la bergerie (Bukken til havresekken) (1977)
    2. Pour le meilleur et pour le pire (Din, til døden) (1979)
    3. La Belle dormit cent ans (Tornerose sov i hundre år) (1980)
    4. La Femme dans le frigo (Kvinnen i kjøleskapet) (1981)
    5. La nuit, tous les loups sont gris (I mørket er alle ulver grå) (1983)

    6. Brebis galeuses (Svarte får) (1988)
    7. Anges déchus (Falne engler) (1989)
    8. Fleurs amères (Bitre blomster) (1991)
    9. Les chiens enterrés ne mordent pas (Begravde hunder biter ikke) (1992)
    10.L'Écriture sur le mur (Skriften på veggen) (1995)
    11.Comme dans un miroir (Som i et speil) (2002)
    12.Face à face (Ansikt til ansikt) (2004)
    13.L’Enfant qui criait au loup (Dødens Drabanter) (2006)
    14.Cœurs glacés (Kalde hjerter) (2008)
   

critique par Sibylline




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