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L'homme Moïse et la religion monothéiste de Sigmund Freud

Sigmund Freud
  L'homme Moïse et la religion monothéiste
  Totem et tabou
  Deuil et mélancolie
  L’inquiétante étrangeté
  L’Homme aux loups

Sigmund Freud est un médecin neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse. Il est né en 1856 et décédé en 1939.

L'homme Moïse et la religion monothéiste - Sigmund Freud

Trois essais
Note :

   Rédaction 1934-39
   
   Ce sera le dernier livre de Freud publié de son vivant: trois essais sur Moïse et la religion monothéiste.
   
   Dans sa correspondance avec Arnold Zweig Freud dit s'être remis à ce travail sur Moïse, qu'il avait commencé bien plus tôt. En 1934, il s'interroge sur la montée du nazisme en Allemagne, et se demande «qu'ont bien pu faire les juifs pour s'attirer une haine éternelle?»
   Cette question, en fera surgir d'autres contenues dans ce travail. Comment le monothéisme est-il né et de quoi? Comment s'est constitué le peuple juif?
   D'où cette première interrogation sur Moïse, prophète et chef premier de ce peuple selon la Bible.
   Freud a déjà médité sur la statue de Moïse (le Moïse de Michel Ange) œuvre qui l'a fasciné.
    
   Il reprend certaines hypothèses d'historiens selon lesquelles Moïse est un nom d'origine égyptienne.
   Le mythe de la naissance du héros ne se soutient pas si l'on pose un Moïse juif. Les héros sont des enfants trouvés dont la naissance noble est révélée plus tard.
   Or si Moïse a une origine noble, c'est qu'il est égyptien et de la cour du pharaon...
    
   Freud relate l'histoire du pharaon Amenothep de la 18 ème dynastie, qui fit instaurer une religion monothéiste en Egypte pendant son règne. Il ne voulait révérer qu'un seul dieu (solaire) qu'il nomme Aton (et se renomme lui-même Akhenaton), supprime du culte tout rituel magique, ainsi que tout ce qui touche à la vie après la mort (si importante dans la religion égyptienne). Cette religion monothéiste est bannie après la mort du pharaon, et le monarque suivant reprend l'ancien culte.
   
   L'héritier des idées d'Akhenaton, est supposément ce Moïse, homme de l'entourage d'Akhenaton, converti à ses idées, qui, après la mort de celui-ci, se trouve exclu. Il s'adresse à une tribu juive, soumise à l'esclavage, la libère, et s'instaure son chef pour y diffuser sa religion monothéiste et ses rituels particuliers dont la circoncision (spécialité égyptienne aussi).
   Moïse ayant été jugé trop sévère, le peuple juif s'en débarrasse (meurtre du père déjà décrit dans "Totem et Tabou"), et émigre à Cadès, vers la frontière arabe, où vit une autre tribu juive, qui honore Yavhé (dieu des volcans). Cette religion est païenne (Yavhé est proche de Jupiter étymologiquement) et les nouveaux arrivants se mettent à la pratiquer avec les anciens.
   Cependant leur passé monothéiste n'est que refoulé (Freud se sert ici de ses théories sur l'origine des névroses et la formation de symptômes élaborés dans d'autres œuvres de lui) et refera surface; les descendants de ceux qui tuèrent Moïse sont marqués de culpabilité. Après une longue période de latence, le monothéisme de leur ancêtre ( la loi mosaïque) triomphera, retour partiel du passé refoulé... jusqu'à l'invention par Paul du "péché originel", de la rédemption, et l'instauration du christianisme....
    
   Il est intéressant de remarquer que le judaïsme vient d'ailleurs, que le chef Moïse était un étranger, que les tribus juives ont commencé par adhérer à des religions païennes.
   
   C'est avec passion que l'on suit avec Freud les destinées du peuple juif.
    ↓

critique par Jehanne




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Débuts du monothéisme selon Freud
Note :

   Dans cet essai, Freud, comme il l’avait déjà initié dans "Totem et Tabou", entreprend de traiter d’une question de civilisation et d’histoire. Partant de la situation de l’enfant Moïse déposé dans un panier sur les flots du Nil peu après sa naissance, Freud procède à l’analyse de sa biographie.
   
   Sachant par l’Histoire officielle que le petit Moïse aurait été sauvé des eaux et recueilli par une princesse égyptienne, Freud déduit que l’enfant aurait été élevé à la cour du Pharaon et, selon lui, cet enfant qui bénéficia d’une telle chance, était un petit Egyptien. Le hasard voulut qu’au moment où Moïse bénéficiait de la protection de la princesse, le nouveau Pharaon était Akhenaton, qui fut un grand réformateur de la religion égyptienne, imposant à son peuple l’abandon de la religion traditionnelle au profit d’une nouvelle religion, le culte d’Aton, qui avait la particularité d’être la première religion monothéiste de l’Histoire de l’humanité.
   
   Le jeune Moïse aurait repris à son compte l’enseignement d’Akhenaton et, observant qu’en Egypte vivait une catégorie de parias nommés "les Juifs", il décida de les prendre en charge pour les conduire vers une terre plus hospitalière et, par la même occasion, de leur enseigner les bienfaits de la religion monothéiste, en vue de les convertir.
   
   Séduits par le discours de cet homme fort, les Juifs acceptèrent de suivre Moïse en direction de la terre de Canaan. A ce stade, le propos de Freud rejoint le texte biblique. Seulement, au terme de cette migration, excédés par toutes les injonctions que leur adressait leur chef, déjà considéré comme le père de leur peuple, les Juifs emmenés par Moïse décidèrent de le tuer. C’est ainsi que le judaïsme, que les Juifs conservèrent après le meurtre de Moïse, serait la première religion monothéiste fondée sur le thème du meurtre du fils, Moïse pouvant être considéré comme le fils du fondateur Akhénaton.
   
   Naturellement, cette histoire repose sur un grand nombre d’hypothèses que Freud s’efforce d’étayer à partir de ses propres découvertes dans le domaine qu’il créa lui-même, la psychanalyse.
   
   Ainsi, comme dans "Totem et Tabou", Freud appuie ses déductions sur les schémas de l’analyse du psychisme, ce qui peut leur conférer une certaine crédibilité, sans qu’aucune démonstration ne puisse en attester la véracité sur le plan historique.

critique par Jean Prévost




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