Lecture / Ecriture
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Beatles de Lars Saabye Christensen

Lars Saabye Christensen
  Le demi-frère
  Le modèle
  Beatles
  Obsèques

Lars Saabye Christensen est un écrivain norvégien né à Oslo en 1953.

Beatles - Lars Saabye Christensen

Liverposlo
Note :

     Publié en 84 en Norvège avec un immense succès "Beatles" a été traduit en 2009. Sur la quatrième de couverture de ce gros roman de 643 pages figure "un Franzen norvégien". Terreur de ma part, ayant lâchement déserté "Les corrections" à mi-parcours. Au bout de quelques pages l'un des jeunes protagonistes a épinglé un modeste poster des Animals sur les murs de sa chambre. Nous sommes en 1965. C'est gagné pour Lars Saabye Christensen. Pas seulement parce c'est ma génération, pas seulement parce que j'étais un grand fan des Animals d'Eric Burdon, pas seulement parce que le titre de ce livre reprend le nom d'un groupe qui a changé le siècle. Pas seulement parce que les "enfadolescences" sixties sont toutes un peu miennes, forcément miennes. Surtout parce que j'ai l'impression que Christensen a su cristalliser le mal de vivre en ces années pleines, en un de ces pays du Nord que leur petite taille contraint à l'imagination.
   
                   Kim, Gunnar, Ola et Seb, réunis par leur passion des Beatles, vont vivre sous nos yeux sept ans de 65 à 72 en une vingtaine de chapitres portant chacun le nom d'un titre ou d'un album des Fab Four, y compris des Beatles en solo, ce qui me paraît important. Oh ils ont bien comme tout le monde l'ambition de former un groupe. J'ai vécu ça. Mais surtout il semble que le monde leur appartient, que les libertés sortent de leurs boîtes de Pandore, qu'il y a Dieu merci toujours une quelconque guerre à contester du côté de Säïgon par exemple. Bref la vie est belle. Et puis surtout ces galettes magiques qui ponctuent leurs saisons, "Revolver", "Rubber soul", "Sergent Poivre", "double blanc", and so on... Enfin il y a ces drôles de substances, de celles qu'on croit anticonformistes et qui s'avéreront d'un très obscur suivisme. Rumeurs de séparation, mort de Paul, cet ahurissant canular, 1968 année trompe l'œil, morts des trois J. (pas un canular cette fois), baccalauréat, voyages, la Place Saint Michel où se retrouvent nos amis. Et les parents, ah, les parents... Et les filles, ah, les filles...
   
          Dans ce que je considère comme un grand livre générationnel, la mienne, la seule, nos quatre mousquetaires finissent par ressembler aux autres, à nous, à tous. Et c 'est très bien ainsi. Le destin de Kim, Gunnar, Ola et Seb ne sera pas particulièrement original. Mais ce sera le leur, complètement. "Le magasin de bonbons est ouvert ce soir". Cette terrible phrase peut mener loin, on l'aura compris, jusqu'en enfer, en passant par la case psychiatrie. Foin de Petit Livre Rouge, de slogans anti-impérialistes, de "This is the end, my only friend the end", de parties de pêche en fjord, d'alcools et de vins avec bien peu de modération, comme ça vaut le coup de vivre ça, et comme ce livre est bon!

critique par Eeguab




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