Lecture / Ecriture
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Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables de Philippe Delerm

Philippe Delerm
  La Cinquième saison
  La première gorgée de bière
  Dès 09 ans: C'est bien
  Dès 09 ans: C'est toujours bien
  La sieste assassinée
  Ma grand-mère avait les mêmes
  Le bonheur
  La bulle de Tiepolo
  Autumn
  Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables
  Le trottoir au soleil
  Quelque chose en lui de Bartleby
  Je vais passer pour un vieux con
  Elle marchait sur un fil

Philippe Delerm est un écrivain français né en 1950.
Il vit en Normandie, dans l'Eure et est le père du chanteur-compositeur Vincent Delerm.

Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables - Philippe Delerm

Une recette éprouvée
Note :

   «Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables» présente une série de textes très courts (2-3 pages) qui exposent chacun un petit rien, nourriture ou bien littérature, les deux se conjuguant à merveille. Philippe Delerm nous entraîne dans cette nouvelle ronde de petits riens vers des nourritures délectables, matérielles – nourriture («purée vivante», «un luxe suisse» avec le chocolat Milka, «la barbe à papa»), boisson («vin chaud»), ou bien spirituelles. Il nous invite à la (re)découverte de grands auteurs de la littérature et disserte sur la lecture et l’écriture dans ses rapports à la nourriture: c’est ainsi qu’il rend hommage à Sempé, Hergé ou Dickens ou bien évoque «la lecture et l’anorexie» puis «l’écriture et l’anorexie».
   
   Après «La première gorgée de bière» et «La sieste assassinée», l’auteur creuse un sillon. La recette est délectable mais a un goût de déjà-vu. Si j’ai pleinement adhéré à la lecture de certains petits riens (tel «vin chaud»), d’autres m’ont un peu moins captivée: les références culturelles de l’auteur ne m’étaient pas toujours familières, aussi je partageais moins l’implicite des textes, le ton de douce connivence qui pouvait en ressortir.
   
   Un mot sur mon petit rien préféré: «Vin chaud»: cette boisson emporte toujours l’adhésion des invités, au contraire de la tisane ou de la petite mirabelle. Si l’on veut en donner une définition, on aura plaisir à dire: «c’est du vin avec de la cannelle, du citron. On le fait flamber quand il est sur le point de bouillir. L’alcool s’évapore» (p. 101). Comment justifier un tel engouement? Delerm donne quelques pistes, usant avec brio de son écriture précise, sobre et ciselée: «une concentration de convivialité virtuelle plane sur ces deux mots réunis. Sonorités. L’énergie vitale, astringente et nasale de vin s’épanouit dans le chuintement rond, rouge-orange de chaud.» (p. 102). Au final, une belle réflexion sur les rapports entre l’appétence physiologique pour une boisson et l’appétence psychologique pour les mots, entre la matérialité du breuvage et la spiritualité de l’écriture: «Vin chaud: c’est presque aussi bon que les mots» (p. 102).
   
   Des petits riens à savourer, même si Delerm n’innove en rien par rapport à d’autres recueils, avec une certaine inégalité entre les différents textes présentés.

critique par Seraphita




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