Lecture / Ecriture
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Mémoires d'un antisémite de Gregor Von Rezzori

Gregor Von Rezzori
  Sur la falaise
  Mémoires d'un antisémite
  Les morts à leur place - Journal d'un tournage

Gregor Von Rezzori est né en 1914 dans une province de l’Empire austro-hongrois qui devait être rattachée 4 ans plus tard à la Roumanie, puis à l’Union Soviétique après la guerre suivante.
Après des Etudes en Europe, il devint écrivain et journaliste, connut le succès et vécut dans de nombreuses capitales d’Europe ainsi qu’aux Etats-Unis.
C’est l’Italie qu’il choisit finalement pour s’y installer et il y mourut en 1997.

Mémoires d'un antisémite - Gregor Von Rezzori

Chant grégorien
Note :

   «Skoutchno est un mot russe très difficile à traduire. Cela signifie plus que morne ennui: c'est un vide de l'âme qui vous aspire de manière indéfinie mais vive vers une nostalgie prenante, telle une vague. Alors que j'avais treize ans, âge que dans le langage courant l'on désigne sous l'appellation d'"âge ingrat", mes parents ne savaient plus à quel saint se vouer. Nous habitions en Bucovine. [...] Mais ce que je veux raconter m'apparaît aussi lointain dans l'espace et le temps que si je n'avais fait que le rêver. Et pourtant tout a commencé comme une histoire très ordinaire.»
   
   
                                 Ce livre est paru pour la première fois en 79. J'aime bien cet auteur de la Mitteleuropa, thème parmi mes préférés. Gregor von Rezzori n'a pas toujours fait partie de la jet set, même s'il a parfois fréquenté le cinéma. De par ses origines, né en 14 en improbable Bucovine, nom qui semble sortir des aventures de Tintin, et qui était en fait l'extrême orient de l'Empire austro-hongrois, Rezzori a toujours été un déraciné. De luxe parfois, mais d'un luxe paneuropéen à l'élégance raffinée en sa perdition. Car bien sûr le monde premier de Gregor von Rezzori n'existe plus.
   
       Dans la famille von Rezzori on a toujours vu des Juifs, Europe Centrale s'entend. Comme des Roumains, des Ruthénes, des Moldaves, etc...Il ne paraît pas que cet antisémitisme constitutif ait été si flagrant chez Gregor. Mais à l'évidence il n'est pas absent. D'où d'ailleurs est-il absent?L'auteur dans ce récit d'une partie de sa vie manie humour et désespoir, un désespoir qui ne s'en laisse pas conter au long de trois mariages dont le deuxième avec une femme juive accessoirement.
   Affabulateur Rezzori certes l'est et ses livres de mémoires sont un régal d'imagination, de celle qui s'appuie sur le vécu de Bucarest entre deux guerres ou la Vienne d'avant l'Anschluss.
   
             Apatride en quelque sorte ou cosmopolite, à quel canton rattacher Gregor von Rezzori? Je l'ignore. Ce dont je me porte garant c'est qu'il rejoint pour moi l'impressionnant bataillon d'outre Rhin, outre Danube des Musil, Schnitzler, Zweig, Marai, Roth, etc...La mine Mitteleuropa est inépuisable pour moi. Le baroudeur du vieux continent Rezzori s'est calmement éteint sous les cyprès toscans en 1998. Quand je vous disais que cet homme ne pouvait pas être vraiment mauvais. Un tel goût...
   
   
   PS: En format poche en février 2011

critique par Eeguab




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