Lecture / Ecriture
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Sévère de Régis Jauffret

Régis Jauffret
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Régis Jauffret est un écrivain français né en 1955 à Marseille.

Sévère - Régis Jauffret

Malsain
Note :

   Une prostituée de luxe mariée entretient une liaison avec un amant fortuné. Celui-ci l’initie aux relations sado-masochistes et au maniement des armes. Jusqu’au jour où elle commet un geste irréparable…
   
   C’est le premier livre de Régis Jauffret que je découvrais avec «Sévère». Je suis plutôt déçue par cette œuvre que je trouve assez malsaine. Dans un préambule complexe, à relire plusieurs fois, l’auteur montre que la fiction «éclaire comme une torche», d’un côté, mais sait mentir, d’un autre: «personne n’est jamais mort dans un roman. Car personne n’existe dedans. Les personnages sont des poupées remplies de mots, d’espaces, de virgules, à la peau de syntaxe. La mort les traverse de part en part, comme de l’air» (p. 9). Régis Jauffret a voulu s’enfoncer dans un crime, le décrire, à travers la voix d’une narratrice paumée, l’analyser, le comprendre au mieux, … le justifier?
   
   Les va-et-vient chronologiques et entre personnages sont plutôt complexes. De qui parle l’auteur? Du mari? De l’amant? Quand se situe la réflexion de la narratrice? Avant ou après le crime? On s’y perd un peu.
   
   Le ton de l’œuvre me semble malsain: il y est question de sexe de manière très crue, de prostitution, de perversité à travers deux personnages déséquilibrés qui entretiennent des rapports sado-masochistes menant la narratrice au crime. Le propos peut choquer.
   
   En analysant les tenants et aboutissants de ce crime, l’auteur a-t-il voulu le justifier, en témoignerait la fin? Je trouve qu’il est un peu facile de se dédouaner dans un préambule des mots qu’on écrit, qu’on présente comme une fiction et qui seraient donc anodins, sans conséquence sur le lecteur. L’auteur conclut en effet son préambule par ces mot : «Ne croyez pas que cette histoire est réelle, c’est moi qui l’ai inventée. Si certains s’y reconnaissaient, qu’ils se fassent couler un bain. La tête sous l’eau, ils entendront leur cœur battre. Les phrases n’en ont pas. Ils seraient fous ceux qui se croiraient emprisonnés dans un livre» (p. 9).*
   
   Un livre qui explore les bas-fonds de la sexualité humaine, choquant et plutôt malsain.
   
   
   * Car on avait évoqué des liens entre cette histoire et un fait divers connu.

critique par Seraphita




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