Lecture / Ecriture
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Bifteck de Martin Provost

Martin Provost
  Bifteck

Bifteck - Martin Provost

Drôle de père!
Note :

   André est boucher, fils de boucher et devrait donner naissance à un boucher qui donnera naissance à un boucher. Parce que c'est comme cela que vont les choses dans la famille Plomeur. Mais c'est sans compter avec la guerre et le talent d'André pour faire chanter les corps des femmes. La file s'allonge devant la boucherie jusqu'à l'armistice. C'est alors un autre défilé, celui des bébés dont les mères se débarrassent pour ne pas subir l'ire des époux rentrés du fronts. Et quand un des cocus se mêle de vengeance, il est temps pour André de prendre ses 7 rejetons sous le bras et de prendre la poudre d'escampette.
   
   Je sors de la lecture de "Bifteck" avec un goût de trop peu ma foi un peu étonnant pour un texte qui aligne avec bonheur un vocabulaire boucher et culinaire qui donne l'eau à la bouche (ou la nausée, c'est selon).
   
    C'est un récit truculent, drôle, enlevé qu'on prend plaisir à lire. Les aventures d'André découvrant l'amour, la paternité, cousant de ses mains des culottes courtes pour ses petits et décontenancé par le végétarisme affirmé de la petite dernière est irrésistible.
   
   Mais le texte effectue soudainement un virage vers le fantastique. On débarque avec la famille Plomeur dans un Nouveau Monde qui fleure son pays des merveilles. Je me suis alors perdue dans les méandres d'un second récit où les enfants grandissent à vue d'œil, où les étapes de la vie sont effleurées et où la terre devient vivante. et qui ne m'a pas franchement convaincue.
   
   Reste une belle vision de la paternité et un récit sympathique et attachant.
    ↓

critique par Chiffonnette




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Amour paternel
Note :

   "- Reprenez-la, dit-il, elle est végétarienne."
   

   Fils-père de sept enfants, poursuivi par un époux jaloux, le jeune boucher breton, André, doit s'enfuir et quitter le plancher des vaches pour voguer, en compagnie de sa progéniture, vers la lointaine Amérique.
   
   Commencé de manière classique Bifteck s'affranchit ensuite graduellement des contraintes du réalisme pour dériver de plus en plus vers le conte ou la fable.
   
    Fable qui est une véritable ode à l'amour paternel
   "Elle n'avait pas encore les mots pour le dire, mais elle savait déjà, comme eux, que l'amour d'un père a plusieurs visages, et que pas un ne l'empêcherait d'être heureuse."
Un amour absolu pour André qui nourrit, taille des vêtements, pétrit ses enfants, les absorbant pour ainsi dire dans un amour sans borne. Mais comme le rappelle Kahlil Gibran: "Nos enfants ne sont pas nos enfants" et le boucher qui leur tient lieu à la fois de père et de mère devra apprendre à lâcher prise, à s'effacer...
   
   Piochant dans les thèmes classiques du conte initiatique, Martin Provost les réinvente avec verve, nous régalant au passage d'une prose alerte et sensible. Seule la fin, trop réaliste pour le coup et trop explicative m'a laissé un arrière goût de déception. Une gourmandise néanmoins !

critique par Cathulu




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