Lecture / Ecriture
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Le ciel est partout de Jandy Nelson

Jandy Nelson
  Le ciel est partout

Le ciel est partout - Jandy Nelson

«Impossible de repousser les ténèbres hors de mon chemin»
Note :

   Lennon a 16 ans. Elle vient de perdre sa sœur, Bailey, de trois ans son aînée, décédée brutalement d'une arythmie cardiaque jamais diagnostiquée. Lennie souffre terriblement, elle qui a été abandonnée par sa mère quand elle avait un an et qui entretenait avec sa sœur une relation fusionnelle et exclusive. Malgré son immense chagrin, Lennie ne peut pas s'empêcher de tomber amoureuse de Joe Fontaine, qui vient d'arriver au lycée, ce qui la remplit de désarroi.
    
   Quand ce roman est arrivé dans ma boîte aux lettres, chers happy few, j'ai soupiré en lisant la quatrième de couverture, un modèle dans le genre cliché: «Parfois, il faut tout perdre pour se trouver...» nous assène-t-on après quelques lignes de la même eau. (Oh mon Dieu mais qui écrit encore ce genre de choses en dehors des romans Harlequin, franchement?) Je l'avais donc mis de côté pour un jour où je me sentirais d'humeur sentimentale, puis j'ai reçu un mail d'une amie qui disait en français et en substance que c'était un excellent roman et qu'il me plairait sûrement. Et comme je me fie plus aux avis des amies qu'aux quatrièmes de couverture ratées, je l'ai ouvert. Et j'ai bien fait.
    
   "Le ciel est partout" est un roman sensible qui, sur le sujet à la fois difficile et rebattu du deuil adolescent parvient à proposer quelque chose d'original, en partie grâce à sa forme. Alternant chapitres pris en charge par Lennon et extraits des poèmes que la jeune fille déboussolée sème à tous vents, écrivant sur tout ce qui lui tombe sous la main (gobelets en carton, serviettes en papier, emballages de bonbons...), "Le ciel est partout" offre le portrait très juste d'une jeune fille qui a toujours vécu dans l'ombre d'une sœur qu'elle connaissait finalement bien mal. Coincée dans un chagrin si grand qu'elle pense n'en jamais sortir, Lennon se met à éprouver des sentiments confus sur lesquels elle est incapable de mettre des mots, comme son attirance pour Toby, le fiancé de sa sœur dont la douleur m'a retourné le cœur, ou son amour naissant pour Joe, le garçon au sourire lumineux qui ramène la vie dans cette maison où plus personne ne rit. Lennon va apprendre ce qu'elle pensait impossible: accepter la perte et mûrir, se découvrant elle-même et mettant à jour ses propres désirs dans le processus de deuil.
   
    Sur un sujet douloureux, "Le ciel est partout" est un roman à la fois grave et léger, parfaitement construit et d'une grande justesse psychologique, où l'on apprend que le parfum de certaines roses est aphrodisiaque, qu'il y a des maîtres zen des lasagnes et qu'on peut vivre un amour victorien et pourtant bien réel. Excellent donc. Mon amie avait raison.

critique par Fashion




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