Lecture / Ecriture
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Le mystère d'Edwin Drood de Charles Dickens

Charles Dickens
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  Dès 10 ans: Le chant de Noël en prose
  Histoires de fantômes
  Les temps difficiles

Charles Dickens est un écrivain anglais né en 1812 et décédé en 1870.

Vous trouverez sur ce site la fiche de l'ouvrage que Marie-Aude Murail a consacré à Charles Dickens, ainsi que la bibliographie rédigée par J.P Ohl.

Les amateurs pourront peut-être également s'intéresser au fantaisiste "Monsieur Dick" qui tente de résoudre le mystère d'Edwin Drood ainsi qu'au "Drood" de Dan Simmons.

On trouve une des nouvelles de C. Dickens dans le recueil "Les Fantômes des Victoriens" .

Le mystère d'Edwin Drood - Charles Dickens

Grosse frustration!
Note :

    Résumé
   
   Edwin Drood et Rosa Bud, tous deux orphelins, ont été fiancés par leurs parents depuis l'enfance et, lorsqu'ils découvrent qu'une certaine obligation a remplacé l'affection, ils décident de rompre leur engagement. Peu après, au milieu d'une tempête un soir de Noël, Edwin disparaît, ne laissant rien sauf quelques effets personnels, une forte suspicion à l'égard de Neville Landless, un jeune homme avec qui il s'était querellé ainsi qu'une soif de vengeance incroyable chez son oncle, John Jasper. 
   
   Charles Dickens est mort avant de compléter l'écriture de "Edwin Drood" et le roman reste à jamais inachevé.

   
   
   Commentaire

   
   C'est une sombre conspiration d'une amie qui m'a fait acheter et lire ce roman immédiatement. En effet, elle m'a annoncé, dans un grand état d'excitation, la sortie prochaine d'un roman de Dan Simmons (que je ne connais absolument pas, soit dit en passant...), auteur qu'elle vénère, qui parlera des cinq dernières années de la vie de Dickens vues par Wilkie Collins. Bizarrement, ce roman s'appellera "Drood". De là la lecture de ce livre!
   
     Tout d'abord, il faut savoir que nous parlons ici d'un roman policier inachevé, mais vraiment inachevé! Il ne manque pas que la toute fin... mais carrément la moitié du roman (6 épisodes sur 12 ont eu le temps de paraître)! Vous pouvez donc deviner que c'est horriblement frustrant... et que je nage dans les spéculations (et dans la lecture des dossiers contenus dans mon édition et sur le net) depuis que j'ai refermé le livre!! Mais malgré tout, Dickens demeurant Dickens, j'ai beaucoup aimé cette lecture parce que qui dit Dickens dit "plume de Dickens", avec tout ce que ça implique de scènes qui sont presque des nouvelles en soi, de détails qui semblent inutiles mais qui prennent toute leur importance plus tard, d'ironie face à certaines institutions et à certains traits de caractère et de charme désuet. Dans ce livre, les philanthropes prennent une bonne claque!
   
   Ce roman-ci se situe dans la "Old Cathedral Town" de Cloisterham, un petit village dominé par la tour sombre de la cathédrale et où, selon certains, le sol serait carrément rempli de tombeaux depuis des centaines et des centaines d'années. C'est sombre à souhait, on se promène dans des demeures assez lugubres, un cimetière, une crypte, des maisons d'opium...  Tout pour nous mettre dans l'ambiance du roman policier. Par ailleurs, les personnages sont très Dickensiens. Plusieurs reprochent à Dickens ses personnages un peu unidimensionnels et caricaturaux: moi, j'aime Dickens exactement pour ça, entre autres! J'adore ses personnages. J'ai failli mourir de rire avec Mr. Sepsea (tellement imbu de lui-même, c'est fou!) et Durdles (c'est que si il sort trop tard le soir, un jeune garçon lui lance des roches... et il le PAIE pour ça!) et la scènes avec les philanthropes Londoniens est vraiment drôle. Je me suis rapidement prise d'affection pour Neville et Helena Landless ainsi que plusieurs autres. Edwin Drood en soi n'est pas particulièrement aimable et Rosa est adorable dans son rôle d'enfant gâtée!  Quant à Jasper, l'oncle vengeur, je le trouve carrément terrifiant!!!
   
   Quant au mystère en soi (Edwin Drood a-t-il été assassiné et par qui? Est-il seulement parti? Qui serait l'assassin?), ce n'est pas ce qui m'apparaît le plus mystérieux. En effet, pour avoir lu quelques autres Dickens dans la dernière année, on remarque certaines ressemblances entre des scènes particulières ou des attitudes qui nous guident vers une certaine piste. Ça, ça me semble assez clair. Ce qui l'est moins, c'est COMMENT on va le retrouver (bon... ok, on a aussi de bons indices), que va-t-il arriver aux personnages auxquels on s'est attaché et surtout, surtout, QUI est celui qui, vraisemblablement aura le rôle du "détective" dans tout ça!! Ce personnage-là m'intrigue terriblement et je crois avoir tout supposé ce qu'il était possible de supposer! Malheureusement, je n'aurai jamais la réponse! Et pour ça, je suis carrément frustrée!!!
   
   Mais malgré ce sentiment d'inachevé, j'ai encore une fois beaucoup aimé ma lecture et je ne la regrette aucunement!
   
   Reste à voir ce que je vais penser du fameux "Drood", (what a shame... je vais être obligée de passer une nouvelle commande internet... et devoir compenser avec certains titres pour arriver à 39$ pour avoir la livraison gratuite!!)
    ↓

critique par Karine




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Le mystère du mystère d'Edwin Drood
Note :

   J'ai enfin lu le fameux "Mystère d'Edwin Drood" qui a tant fait couler d'encre!
   L'histoire débute à Cloisterham, petite ville tranquille en Angleterre: Edwin Drood, neveu bien-aimé de Jasper, vient rendre visite à son oncle et à la jolie Rosa Budd, orpheline. Tous deux sont fiancés depuis la naissance en raison des liens d'amitié qui unissaient leurs parents; leur mariage s'approche et les deux jeunes promis ne cessent de se chamailler... cette union qui leur a toujours été présentée comme une évidence laisse peu de place aux sentiments et c'est le cœur plein de doutes que Rosa et Edwin semblent se résigner. A la même époque, le chanoine Crisparkle accueille chez lui le jeune Neville Landless (dont la sœur deviendra l'amie intime de Rosa au pensionnat). Ce jeune homme venu d'Inde, cet orphelin au tempérament violent s'éprend de Rosa et conçoit immédiatement des sentiments peu charitables envers Edwin, indigne de Rosa selon lui. Et il faut bien avouer qu'Edwin n'est guère attachant. Ce jeune citadin sûr de lui est assez agaçant et c'est avec un certain soulagement que j'ai appris sa disparition. Dès lors, la question est posée: Edwin Drood s'est-il absenté sans prévenir quiconque? A-t-il été tué? Et si oui, doit-on accuser le jeune Neville, comme semble le penser Jasper, oncle effondré? Ou faut-il écouter l'instinct de Rosa qui, la première, commence à soupçonner Jasper, qui est amoureux d'elle et lui a toujours inspiré du dégoût?
   
   Dickens étant décédé au milieu des livraisons prévues, nul ne saura jamais le fin mot de l'histoire; pourtant les thèses ne manquent pas. Dans sa très intéressante biographie de Dickens, Jean-Pierre Ohl met notamment en avant une hypothèse intéressante: le coupable serait Jasper mais il serait atteint d'un dédoublement de la personnalité, d'où son comportement étrange, ses tirades inquiétantes et son addiction à l'opium. J'aime cette thèse faisant de Jasper un personnage plus inquiétant mais aussi plus humain, et ce plusieurs années avant la publication Dr Jekyll & Mr Hyde. Les arguments avancés par Ohl pour soutenir cette thèse me semblent intéressants; il évoque notamment le fait que Dickens se soit vanté d'avoir trouvé une idée nouvelle (on écarterait alors par exemple le retour du héros, vivant finalement), son intérêt grandissant pour les personnages ambigus et doubles. J'ai repensé à divers passages qui m'avaient troublée à la lecture et avec cette thèse, les différents éléments du puzzle semblent se rassembler de manière plutôt satisfaisante. Ce serait en effet une issue originale, inédite à l'époque, alors que Dickens avait déjà largement usé des différents ressors du roman à sensation.
   
   Je ne peux pas vraiment dire que cette lecture m'ait totalement enchantée en soi mais les questions qu'elle soulève et les pistes de lecture qu'elle m'apporte lui donnent un nouvel intérêt. Certains passages sont par ailleurs savoureux, de même que des personnages plus ou moins secondaires tels Durdles, tailleur de pierre qui passe des heures entières dans la crypte de la cathédrale, Mr Sapsea, imbécile se délectant de son génie ou encore Mr Grewgious, homme de loi au bon fond mais peu doué pour les relations humaines. On sent que Dickens s'est amusé à les créer et c'est pour le lecteur un vrai délice que de découvrir leurs petits travers décrits par la main du grand écrivain.
   
   A propos de Drood :Le contrat, signé avec Chapman et Hall au cours de l'été, contient une clause particulière pour le cas où Drood resterait inachevé et limite la taille de l’œuvre à douze livraisons mensuelles au lieu des vingt habituelles: c'est-à-dire si Dickens sent l'urgence de la situation... (p 260 – biographie de Charles Dickens par Jean-Pierre Ohl).

critique par Lou




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