Lecture / Ecriture
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La montagne de minuit de Jean-Marie Blas de Roblès

Jean-Marie Blas de Roblès
  Là où les tigres sont chez eux
  La montagne de minuit
  L'île du Point Némo
  Dans l'épaisseur de la chair

Jean-Marie Blas de Roblès est un écrivain français né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès en Algérie
Il a obtenur le prix Médicis en 2008 pour "Là où les tigres sont chez eux".

La montagne de minuit - Jean-Marie Blas de Roblès

Pas convaincant
Note :

    Jean-Marie Blas de Roblès a choisi de monter une structure bien compliquée pour mener ce roman. On peut comprendre l'attrait du pari que cela peut être pour un auteur que de tenter une construction particulièrement acrobatique. On comprend l'ivresse de la tentative... On comprend bien aussi que cela puisse rater. Et c'est bien là que nous sommes. C'est raté. Cela ne fonctionne pas. Dommage.
   
   Cela commence dans une ambiance à la Amélie Poulain. Bastien, un vieux gardien de collège religieux perd son emploi (et le logement afférent) en raison de son âge, Le vieil homme est plus que solitaire, mais bienveillant quand même, il est passionné par la culture tibétaine et, devenu plus calé que tout spécialiste officiel sans y avoir jamais mis les pieds, il occupe ses loisirs à faire des mandalas.
   
   Il a une voisine qui s'appelle Rose Sévère (eh oui) et qui vient d'emménager. Elle élève seule son petit garçon: Paul. Elle est historienne et découvrant son étonnante érudition, elle sera bienveillante à son égard. Lui est bienveillant avec tout le monde.
   
   Cela commence comme cela.
   
   Et puis, le chapitre suivant est la lettre de Rose à Paul qui est devenu adulte, et même écrivain et qui lui a envoyé les pages précédentes qui sont 1° la réalité 2° le début de son roman. Elle apporte quelques précisions et commente son récit. Cela surprend. Mais on adapte sa vision et cela repart. Mais trente pages plus loin, nouvelle rupture: l'avion atterrit au Tibet. Rose a offert à Bastien le voyage de ses rêves – si, si, bien qu'ils ne se connaissent pas encore tellement- et ils se rendent sur place tous les deux. Là-bas ils rencontreront bien sûr un jeune homme etc.
   
   Le livre se termine par une dernière pirouette dans la fiction puisque l'on a évoqué vers la fin de leurs souvenirs une page d'histoire -qui est en fait plutôt une page de fiction, mais très porteuse puisqu'elle permet d'évoquer les Illuminati et tous ces fantasmes à la mode-, et que Jean-Marie Blas de Roblès a imaginé en conclusion que Rose ayant enquêté sur ces faits (ou leur irréalité) transmette son dossier à Paul qui – à son tour- commente ce qu'elle a écrit.
   
   Bon. Que dire? Eh bien tout d'abord que la construction acrobatique du roman n'est pas son pire défaut, pas plus que les situations et psychologies de départ à la limite de la guimauve. Non, je crois que le pire, c'est la caractère hautement invraisemblable de tout ce qui se passe dans ce roman. Depuis l'attitude du collège des toutes premières pages, jusqu'au mensonge ultime de Bastien, rien n'est vraisemblable, non seulement du point de vue des faits, mais encore de celui de la cohérence psychologique tant à l'intérieur d'un même individu que pour les relations inter-personnages. (Les relations fils-mère par exemple!) Tout cela ne tient pas debout et l'opacité du pseudo dossier historique final qui se révèle en fait être un dossier littéraire, un relevé de fictions romanesques et non de faits historiques, illustre parfaitement le "flou", la logique boiteuse de tout cela.
   
   Je n'ai pas encore lu «Là où les tigres sont chez eux», mais j'en ai entendu le plus grand bien. Je ne m'explique donc pas cette «montagne de minuit», à moins que ce soit la précipitation due au désir de profiter de la notoriété précédente. Je me suis même demandé si ce n'était pas la reprise d'un texte qui aurait été écrit avant. Un texte de jeunesse, pour alimenter la demande. Mais je n'en sais rien.
   Un écrivain ne doit jamais avoir d'autre préoccupation que son livre lui-même. Ce n'est pas à lui de se soucier de la vente.
   
   
    Rentrée littéraire 2010
   

critique par Sibylline




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