Lecture / Ecriture
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Michael K. , sa vie, son temps de John Maxwell Coetzee

John Maxwell Coetzee
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  Michael K. , sa vie, son temps
  Disgrâce
  L'été de la vie
  En attendant les barbares
  L’âge de fer

John Maxwell Coetzee est un écrivain sud-africain de langue anglaise naturalisé australien. Il est né en 1940 au Cap. Il a reçu le Prix Nobel de Littérature en 2003.

Michael K. , sa vie, son temps - John Maxwell Coetzee

Afrique du Sud, vainqueur
Note :

                        Grande terre littéraire dont je n'avais lu que Paton, Brink et Schoeman, d'Afrique du Sud ne nous vient pas que la fange. Prix Nobel, J. M. Coetzee a écrit en 83 "Michael K. , sa vie, son temps". C'est la très modeste histoire d'un homme lui-même humble jardinier englouti par la spirale guerrière du pays. Il n'y comprend rien, Michael. Manifestement il n'a pas inventé la poudre mais il voue un culte à sa mère malade qu'il trimballe dans une brouette pour la mettre à l'abri des violences de ce Sud meurtri. Bientôt ce ne sont plus que les cendres de sa mère Anna qu'il porte sur son cœur. Michael tente alors de survivre à l'aide des rares graines de potiron et de melon qui constitueront son unique mets. Coetzee décrit magnifiquement les travaux de Michael, ses tentatives d'irrigation et ses douces joies transitoires lors de sa récolte de cucurbitacées. Ces lignes agraires sont fabuleuses et courent dans la première moitié du livre, pépites insoupçonnées et porteuses d'espoir, modeste lui aussi. Car tout est modeste dans "Michael K. , sa vie, son temps". Le héros n'a d'autre idée que de lutter pour préserver sa dignité plus que sa vie.
   
       Son initiale peut bien sûr faire penser à Joseph K. et à Kafka. Je l'ai du moins ressenti ainsi. Ce pays en guerre civile permanente, hérissé de camps, divers mais réels, plus parcourus de mépris et d'indifférence que de véritable haine, farcis de toutes les incompréhensions, ne semble avoir ni queue ni tête, telle une bureaucratie tatillonne qui a oublié toute fraternité. L'homme Michael, fruste, n'existe qu'en son carré de légumes qu'il appelle ses enfants. C'est une belle figure de cette littérature riche, haletante et hyperalgique; c'est un personnage que je n'oublierai pas.
   
   J. M. Coetzee de son écriture austère et calme est un auteur de haut vol. J'ai très envie d'en lire davantage. Je vais finir en faisant vraiment la fine bouche: j'ai cependant été plus sonné encore par Karel Schoeman.

critique par Eeguab




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