Lecture / Ecriture
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Bunker de Philippe Huet

Philippe Huet
  Les démons du comte
  L'inconnue d´Antoine
  Le jour le plus fou
  Les rescapés du jour J
  Bunker

* Vous trouverez une interview dans la rubrique "Rencontres" .

Bunker - Philippe Huet

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Note :

   Le sujet : des drames qui se sont déroulés au moment du Débarquement, et qui n'ont jamais été oubliés ni par les victimes ni par les coupables. L'esprit de vengeance couve et certains n'ont pas la conscience tranquille.
   
   Vollaville une petite bourgade qui donne sur une plage du Débarquement.
   
   On vient de fêter le cinquantenaire et après la saison, un touriste allemand est resté au Red Dog l'hôtel restaurant que dirigeait le vieil Alfred Fournier qui a maintenant passé la main à Raymond son fils et Madeleine sa femme. Cet allemand inquiète Fournier, sûr qu'il est venu percer un secret son secret... à force de fouiner partout dans les environs quelque chose va se passer... mais il n'est pas le seul: Grangier s'est installé depuis longtemps dans un bunker et y vit en ermite. Autrefois sa mère a souffert de la guerre, et il garde sa mémoire, ayant lâché femme et enfant. Il ne communique qu'avec le facteur Bruno et un jeune homme itinérant, veilleur de nuit sur un chantier. Le jeune homme sort avec Gilda la petite fille d'Alfred. Ils sont jeunes et les secrets douloureux de la guerre ne les préoccupent pas. Gilda veut quitter ce trou où elle n'a pas d'avenir, Tony ne veut pas se laisser ruiner par la société comme son père, ancien mineur détruit par son travail. Mais dans leur hâte à se chercher un avenir plausible, ils vont se trouver mêlés aux événements.
   
   La morale de l'histoire serait qu'il faut toujours payer ses fautes et que la génération suivante, innocente, paye pour les fautes de ses ascendants...
   
   On peut dire que le récit est vif, alerte, ménageant des plages de descriptions courtes mais belles (des attitudes, des gens, du paysage de marais en automne) des passages de réflexion intelligentes, la plupart du temps l'auteur évite les clichés, dans une langue simple et souple.
   
   Il s'enfonçait dans la perplexité, s'escrimait avec d'étranges visions: A quoi pouvait ressembler Otto avec son masque de souffrance? Qu'était-il? Bête ou intelligent, loyal ou tordu? Etait-il rusé, machiavélique, malin, ou tout simplement brave type sans malice? Tous ils étaient tous masqués, Suzanne avec sa tête de momie, Otto avec sa gueule massacrée, Gilda avec son visage d'ange, et lui-même... lui-même qui... il ne trouvait rien de précis pour sa pomme, sauf qu'il se voyait bien déguisé.
   A eux quatre, ils étaient le monde.

   
   J'ai bien aimé ce roman.

critique par Jehanne




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