Lecture / Ecriture
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Quatre maisons et un exil de Eshkol Nevo

Eshkol Nevo
  Le cours du jeu est bouleversé
  Quatre maisons et un exil
  Jours de miel

Eshkol Nevo est un écrivain israélien né en 1971.

Quatre maisons et un exil - Eshkol Nevo

Délicate cohabitation
Note :

   Amir est étudiant en psychologie à Tel Aviv, Noa est également en faculté mais aux Beaux Arts. Ils emménagent dans un petit deux pièces au cœur d’une maison mitoyenne. Ils ont décidé de vivre ensemble coûte que coûte. Moshé et Sima, propriétaires du logement, sont installés de l’autre côté du mur et les préviennent tout de suite qu’en face dans la maison attenante se trouve une famille en deuil. Le fils ainé Guidi est tombé au Liban. Yotam, son petit frère avec qui il était très lié, se sent délaissé. Il va trouver en Amir un soutien, il se rendra souvent chez lui pour jouer aux échecs et trouver un peu de chaleur humaine et de réconfort. Les parents de Moshé habitent au dernier étage. On entend tout à travers les murs et la femme de Moshé qui ne travaille pas et s’ennuie malgré ses deux enfants, ne se prive pas de tendre l’oreille pour écouter les voisins. Car la cohabitation entre Amir et Noa, malgré tout leur amour, n’est pas si simple et les disputes sont fréquentes.
   
   Sadeh travaille comme ouvrier sur un chantier proche de cette maison. Il reconnait en elle la demeure que ses parents ont été obligés de quitter en 1948 et dont sa mère a toujours la clé. Il rôde autour, désireux d’y retourner.
   
   Grâce à cet ouvrier arabe, l’histoire de la Palestine et d’Israël fait irruption dans ce récit magnifique. S’y côtoient des individus en souffrance, que ce soit à cause d’un deuil, de la nostalgie d’une maison dont on s’est retrouvé brutalement privé ou encore du désamour qui rôde dans la vie de couple, avec parfois la séparation qui pointe et la douleur qui en découle. Ce très beau roman, intimiste, est superbement écrit. Il met en scène une multitude de personnages, tous très attachants. Avec au cœur de chacun d’entre eux des valeurs comme la solidarité, l’humanité mais aussi l’incommunicabilité et l’incompréhension qui frappent parfois les relations humaines. En nous glissant dans la tête de chacun d’entre eux, l’auteur parvient à nous faire partager leurs douleurs, leurs interrogations et nous permet d’éprouver de l’empathie.
   
   Ce récit sensible, qui revient sur l’histoire d’Israël, est à la fois emprunt de douceur et de violence. C’est un roman très riche par les différents thèmes qu’il aborde, par la façon dont il les met en scène. Subtil et ambitieux, merveilleusement construit, il offre un très beau moment de lecture.

critique par Éléonore W.




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