Lecture / Ecriture
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Vague de chaleur de Richard Castle

Richard Castle
  Vague de chaleur
  Mise à nu

Si, si.
Mais si, il existe.

Vague de chaleur - Richard Castle

Avec la télé allumée
Note :

   «You still pissed at me? -No more than usual.»
   
   Un magnat de l'immobilier, Matthew Starr, est assassiné, précipité du balcon de son appartement au sixième étage d'un immeuble chic de Manhattan. Alors qu'une vague de chaleur sans précédent s'est abattue sur New York, l'inspectrice Nikki Heat et ses deux adjoints, Raley et Ochoa (que tout le monde appelle Roach parce qu'ils sont inséparables) mènent l'enquête, suivis par Jameson Rook, grand reporter, qui prépare un article sur le fonctionnement d'une brigade anti-criminelle. Un deuxième meurtre succède au premier, les suspects se multiplient, les secrets se dévoilent, Heat est agressée et elle éprouve une attraction qui l'inquiète pour Rook. L'été est chaud.
    
   Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, "Heat wave" est bien le roman que Richard Castle est censé écrire durant la première saison de Castle, la série policière dont j'ai déjà parlé avec quelques trémolos dans le clavier (bien involontaires évidemment). Il se présente comme tous les polars américains: un hardcover sous jaquette avec photo de l'auteur, Castle (l'acteur Nathan Fillion, donc) sur la quatrième de couverture et "praises" de Patterson et Cannell, qui sont les partenaires de poker de Castle dans la série et je dois bien avouer que comme je suis faible, je trouve l'idée parfaitement séduisante, d'autant qu'elle a été exploitée jusqu'au bout, Nathan Fillion ayant assuré des séances de dédicaces dans quelques librairies (même si je ne suis évidemment pas dupe une seule seconde: ce roman est avant tout un produit marketing, au même titre que tous les produits dérivés du monde) (mais j'aime autant avoir un roman dédicacé par Castle dans ma bibliothèque qu'un mug avec sa photo) (oui, je sais, personne ne me croit, et à juste titre, puisque je possède un mug Firefly depuis des années, vous pouvez me fouetter, chers happy few, je le mérite).
     
   Voilà donc un roman qui se lit à plusieurs niveaux: c'est un polar correctement ficelé pour ceux qui n'auraient jamais vu la série (même si ces lecteurs ne sont à mon avis pas la cible visée) et c'est un excellent divertissement pour les amateurs des aventures de Castle et Beckett. Outre une intrigue qui ressemble fort à un bon scénario (rebondissements crédibles, un bon nombre de suspects, quelques scènes "spectaculaires" comme l'agression de Heat ou une course poursuite) et des dialogues extrêmement jouissifs (qui me donnent l'impression que les auteurs, pour l'instant tenus secrets, sont tout simplement les scénaristes de la série), on retrouve le couple Castle/Beckett de manière déformée dans celui formé par Rook/Heat. Castle se met en scène sous les traits d'un baroudeur séduisant et viril qui n'abandonne jamais sa "coolitude", ce qui en dit long sur son ego, et a transformé Bekett en bombe dangereuse, qui pratique les arts martiaux, les blagues à deux balles et le french kiss avec le même talent. Ce décalage entre les personnages de la série et ceux du roman m'a beaucoup plu, d'abord parce qu'on a l'impression d'avoir assisté au processus de création et de comprendre de quelle manière Beckett a inspiré Castle (dont l'alter ego est beaucoup moins présent dans le roman, le personnage principal étant vraiment Heat, dont nous suivons les faits et gestes et les pensées), et ensuite parce qu'il permet de manière paradoxale de mieux comprendre Castle, qui a mis dans son roman une bonne part de fantasmes (Heat et Rook entament une liaison dès la page 105) mais aussi de faits "réels" (comme les parties de poker, le temps infini que passe Beckett devant le tableau blanc, ses talents d'interrogatrice...).
   Je me suis régalée, chers happy few: autant dire que j'attends avec impatience la sortie du deuxième, Naked Heat, qui est annoncé pour novembre. L'hiver sera chaud.
   
   
   Titre original: Heat wave, 2010.

critique par Fashion




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