Lecture / Ecriture
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L'aliéniste de Caleb Carr

Caleb Carr
  L'aliéniste
  Le secrétaire italien

Caleb Carr est un romancier et historien américain né en 1955.

L'aliéniste - Caleb Carr

New-York, fin du 19ème...
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   "New York 1896... Un meurtrier auprès duquel jack l'Éventreur fait piètre figure sème aux quatre coins du Lower East Side les cadavres d'adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics.
   Révolté par tant d'indifférence, Theodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel, et Laszlo Kreizler, aliéniste spécialiste des maladies mentales -, pour élucider cette énigme terrifiante.
   Leurs procédés sont révolutionnaires! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l'assassin, l'identifier et l'arrêter. Ils ont peu de temps: le meurtrier continue à frapper. Les obstacles se multiplient mais rien ne pourra les arrêter... "

   
   
   Commentaire
   
    J’ai mis de côté Dickens l’espace de trois jours pour me mettre dans une ambiance tout autre; celle de New-York à la fin du 19e siècle. Des meurtres crapuleux ont lieu dans cette ville. Des meurtres qu’on tente de passer sous silence car ils visent des jeunes garçons prostitués et travestis, qui sont horriblement mutilés. La police de New-York est en pleine réforme et Theodore Roosevelt, alors préfet, tente de faire changer les choses. Il fait donc appel à Laszlo Kreizler, aliéniste (médecin spécialiste des maladies mentales), qui s’associe au narrateur, journaliste au Times. À cette équipe se joignent Sara Winslow, secrétaire de police qui souhaite devenir enquêteur (entendons-nous… en 1896, pour une femme, c’est pas gagné!) et les frères Isaacson, deux enquêteurs aux méthodes révolutionnaires pour le temps. C’est donc dans un appartement du 808, Broadway, que l’équipe tentera de résoudre ces meurtres en dressant un portrait psychologique du meurtrier à partir de ses crimes et de ses symboliques. Le début du profilage, quoi. Nous verrons donc peu à peu apparaître la silhouette floue du meurtrier (je trouve que la couverture "fitte" parfaitement, d'ailleurs) à partir d’indices tangibles mais également de beaucoup d’interprétations de l’éminent psychiatre qui soutient que la personnalité les actes sont influencés par le passé, plus particulièrement la petite enfance. Et ça, ça ne plaît pas à tout le monde et plusieurs ne se gêneront pas pour leur mettre des bâtons dans les roues.
   
   Je partais avec un a-priori positif au sujet de ce roman. Tout ce qui semble concerner les aspects psychologiques ou psychanalytiques dans les romans policiers me plaît généralement beaucoup, c’est un thème qui me fascine. Pourtant, je crois que l’aspect que j’ai préféré dans ce roman est la peinture étonnante de ce New York de l’époque. Lire le livre est un véritable voyage dans le passé. Le portrait n’est pas flatteur; difficile, étant donné que le livre se passe dans le milieu de la prostitution enfantine des bas quartiers mais j’ai trouvé extrêmement intéressant de voir cette époque recréée pour moi, avec ses policiers et ex-policiers mafieux et souvent corrompus, ces bandes qui faisaient la loi et cette société bien-pensante qui était prête à balayer bien des choses sous le tapis pour ne pas les voir, et qui, d’un autre côté, tente de cacher de terribles vérités sous un épais vernis de vertu.
   
   De plus, j’ai beaucoup aimé lire à propos des débuts des méthodes de police scientifique scientifiques, de constater le vent de changement qui commençait lentement à se lever malgré une grande réticence à tout ce qui était nouveauté.
   
   Si l’histoire et l’enquête en elles-mêmes m’ont bien intéressée, principalement à cause de ces éléments, elle ne m’ont pas non plus empêchée de dormir. En effet, si j’ai terriblement accroché au début du livre, mon intérêt à subi un relâchement au milieu car le rythme est assez lent et par moments. Toutefois, ceci est assez représentatif de l’époque, où tout était long et nécessitait beaucoup plus de temps que maintenant. La tension est davantage psychologique, on sent la pression monter chez les personnages et le climat est très bien rendu. Mais bon, certaines déductions m’ont toutefois paru un peu «poussées» (genre, le cœur, par exemple)… Je suis assez dubitative sur ce qu’a Mary aussi… il faut que je retourne voir mes appellations d’époque!
   
   Un roman policier très agréable à lire, avec une enquête atypique, une ambiance très bien décrite et un arrière plan social, mais qui comporte tout de même quelques longueurs. Je sens que j'en garderai un bon souvenir!
    ↓

critique par Karine




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Une bonne lecture de vacances !
Note :

   Qu’est-ce qu’un «aliéniste»? La note de l’auteur au début du roman nous l’explique: tout simplement le nom que l’on donnait aux psychiatres avant le XXè siècle, pas forcément médecin, mais spécialisé dans l’étude des pathologies des malades mentaux.
   
   L’aliéniste dont il est question ici s’appelle Laszlo Kreizler, et c’est à lui que Théodore Roosevelt (qui est préfet de la police new-yorkaise au moment de l’action) fait appel à la fin du 19è siècle pour débusquer un meurtrier en série. Cet aliéniste devient en fait une sorte de précurseur des «profilers» modernes que nos feuilletons télé chérissent tant.
   
   Je ne vais pas dévoiler ici l’intrigue… sachez seulement qu’elle est bien menée et captivante, même si l’on se doute du dénouement final (qui a un peu de mal à arriver…) bien avant la fin. C’est assez «trash», et l’analyse psychologique est somme toute sans grande originalité pour nous qui sommes gavés de «Criminal minds» et autres «Wire in the blood»… mais admettons que ce sont les premiers pas du profiling !
   
   Ce qui est intéressant par ailleurs dans ce polar, c’est la description de la société de la ville de New York qui est en train de se structurer, ainsi que l’analyse des différentes factions politiques et des  intérêts qu’ils défendent (avec des moyens parfois douteux!)…  des grands bourgeois jusqu’aux caïds de la pègre, en passant par les églises…
   
   Une bonne lecture de vacances!
    ↓

critique par Alianna




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Psychopathologie du serial killer
Note :

   1896 à New-York. Le psychiatre Kreizler s’intéresse de près à la série de meurtres perpétrés sur des enfants et adolescents ainsi qu’aux mutilations odieuses subies par les victimes. En marge des enquêteurs officiels, se constitue une cellule de recherche pour établir l’identité du tueur , et se donner une chance de découvrir ses motivations pathologiques.
   
   Kreizler est secondé par Phil, journaliste, Sara, secrétaire au bureau de la police judiciaire, Teddie (12 ans) et Cyrus, tous deux anciens délinquants "guéris" par Kreizler. La cellule est protégée par Theodor Roosevelt, alors préfet de police. Le groupe n’a pas que le tueur pour cible, mais doit légalement se protéger contre un policier vendu à la pègre, et se garder d’un personnage ambigu mi-truand mi-socialiste, lui aussi à la tête d’un groupe armé.
   
   L’enquête conduit le groupe dans les asiles (dont le tristement célèbre Sing Sing), les quartiers sinistrés de New-York, et les night-club où l’on prostitue de jeunes garçons.
   
   Le petit groupe se forme intellectuellement en lisant Wiliam James, Kraeplin, Kraft-Ebbing (ces deux derniers ont fourni des descriptions poussées des diverses pathologies) et Darwin. On évoque aussi les expériences de Freud et Breuer. Bref, les voilà à la pointe du progrès…
   
   Le roman est travaillé dans le sens d’une langue correcte et précise, les descriptions sociales des milieux asilaires et délinquants sont soigneusement observées. On y dresse un inventaire des connaissances en psychiatrie et psychologie de l’époque. Les rebondissements et suspenses se produisent à point nommé, lorsque l’on sent que l’on va s’ennuyer.
   
   On peut s’étonner de voir Theodor Roosevelt protéger un groupe qui entreprend une enquête tenue pour diabolique, à l’époque. L’histoire est inventée à partir de documents véritables.
   
   L’intérêt scientifique de Kreizler pour le meurtrier qu’il voudrait "faire parler" afin d’en apprendre davantage sur la psychopathologie, se double du dégoût de Phil, le journaliste qui avait rêvé le tueur comme un personnage hors du commun, et l’ayant vu et entendu s’écrie "ce n’était que ça!"
   
   En effet, le tueur est un "pauvre type" une brute, un cas social, et sans doute un débile pas vraiment léger. Malgré tout, Kreizler reste fasciné, persuadé qu’il y a une vérité, des mobiles cachés, chez l’être irrécupérable qu’il tente de faire s’exprimer. Epris d’aventure, Phil avait auréolé le criminel d’un prestige, et le voyant s’en détourne, déçu. L’aliéniste, lui, continue , en quelques sorte à l’idéaliser.
   
   Or, comme disait Brecht, les "grands" criminels ne sont que des auteurs de grands crimes. (in "la Résistible ascension d’Arturo Ui").
   

critique par Jehanne




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