Lecture / Ecriture
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Soufi, mon amour de Elif Shafak

Elif Shafak
  La bâtarde d’Istanbul
  Soufi, mon amour
  Crime d’honneur

Elif Şhafak est une écrivaine turque née en 1971.

Soufi, mon amour - Elif Shafak

40 règles qui aident à vivre
Note :

   Ella est une femme de quarante ans qui ne s’épanouit plus vraiment dans son mariage. Trompée par son dentiste de mari, le coup de grâce arrive le jour où il lui offre pour son anniversaire une carte sur laquelle elle a l’impression de lire son éloge funèbre. Sa fille s’éloigne d’elle, amoureuse d’un homme qu’elle souhaite épouser par amour, au grand dam de sa mère. Son mari va tout de même lui trouver un travail de lectrice dans une maison d’édition. Le premier roman qu’elle reçoit s’intitule «Doux blasphème», il raconte une histoire d’amitié importante entre deux hommes au 13ème siècle: celle de l’un des plus grands poètes de l’époque avec un derviche errant du monde musulman, adepte du soufisme. On découvre ainsi ce qu’est le soufisme, en même temps que l’héroïne, à la lecture du manuscrit. Quarante règles de vie y sont édictées à partir des textes sacrés, qui n’ont pas grand-chose à voir avec ce qu’on entend habituellement du Coran. Cette mise en abime d’un roman qui relate une histoire au 13ème siècle se lit comme un conte des 1001 nuits, et nous enseigne des concepts philosophiques qui illuminent la vie d’Ella, qui retrouve à l’intérieur de ce livre des échos à sa propre vie. Elle y trouve beaucoup de réponses aux questions qu’elle se pose et finira par être si séduite qu’elle échangera des mails avec l’auteur du roman.
   
   Ce récit est passionnant. Comme tous les bons livres, il donne envie de se documenter: sur le soufisme notamment, dont les règles sont un vrai manuel de savoir vivre et posent des préceptes qui peuvent s’ériger en règles de vie. Ainsi la règle 40 «Une vie sans amour ne compte pas», la règle numéro 37 «Dieu est un horloger méticuleux. Son ordre est si précis que tout sur terre se produit en temps voulu. Pas une minute trop tôt, pas une minute trop tard. Et pour tous, sans exception, l’horloge est d’une remarquable exactitude. Il y a pour chacun un temps pour aimer et un temps pour mourir.» ou encore «Quand il y a amour, il y a forcément peine de cœur». Voilà l’occasion de méditer et aussi de positiver! Ce roman est donc régi par les 40 règles des mystiques itinérants de l’islam avec de beaux portraits d’hommes et de femmes aussi comme celle d’un ivrogne ou d’une prostituée.
   
   Au fil de sa lecture, Ella, notre héroïne du 21ème siècle, s’ouvre à la vie et à l’amour, et trouve grâce au manuscrit pour lequel elle doit donner son avis un autre sens à la sienne, en raison notamment de ces maximes pleines de bon sens et de sagesse. Inspiré d’une amitié réelle, ce livre aide à réfléchir sur le sens de sa vie. Elif SHafar, qui pratique elle-même le soufisme, nous offre ainsi un très beau roman, superbement construit, avec une lecture à deux voies, qui invite à trouver la sienne et à être heureux. Bref un livre qui divertit, instruit et fait du bien, on en ressort étrangement apaisé et serein, et rien que pour cela il vaut la peine d’être lu!
   
   
    Rentrée littéraire 2010
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critique par Éléonore W.




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Pas convaincue...
Note :

   Quatrième de couverture
   
   "Ella Rubinstein a en apparence tout pour être heureuse: une jolie maison dans le Massachussetts, trois beaux enfants, un chien fidèle. Mais, à l'aube de ses quarante ans, elle se demande si elle n'est pas passée à côté d'elle-même. Les infidélités de son mari ne sont plus un mystère et les cours de cuisine ne suffisent pas à exalter sa vie monotone. Décidée à reprendre une activité professionnelle, elle est engagée comme lectrice par un agent littéraire. Sa première mission: rédiger une note sur un manuscrit signé Aziz Z. Zahara. Ce roman, qui retrace la rencontre entre le poète Rûmi et le plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz, va être une révélation pour Ella. Au fil des pages, elle découvre le soufisme, le refus des conventions et la splendeur de l'amour. Cette histoire se révèle être le miroir de la sienne. Aziz - comme Shams, l'a fait pour Rûmi sept siècles auparavant - serait-il venu la libérer?"
   
   
   Ce roman avait tout pour me plaire, j'avais très envie d'en savoir plus sur le poète Rûmi dont la renommée a traversé les siècles et est toujours grande de nos jours.
   
   Pourtant, c'est une déception. Je me suis intéressée à la partie concernant Rûmi, j'ai découvert son environnement familial, le contexte de l'époque, les temps troublés du 13e siècle en Turquie, je pense que c'est solidement documenté.
   
   C'est la forme qui ne m'a pas convenu. Y avoir mêlé la vie d'Ella n'apporte rien, il faut bien dire qu'elle n'est pas très sympathique et cumule tous les clichés possibles sur la femme au foyer qui se croit comblée et découvre d'une seul coup le vide de son existence. Ça ne m'a pas paru crédible une seule seconde. Pas plus que l'histoire d'amour qui surgit soudainement entre Aziz, l'auteur du manuscrit, et Ella.
   
   J'aurais préféré que le livre s'en tienne au 13e siècle et à Rûmi, même si j'ai eu des difficultés aussi avec la forme romancée. Le personnage le plus mis en avant est Shams de Tabriz, derviche errant, qui énonce les quarante règles du soufisme tout au long de l'histoire. Elles sont amenées de manière sentencieuse et tombent quelquefois comme un cheveu sur la soupe, j'en ai été rapidement agacée. Et que dire de l'attitude de Shams de Tabriz? Elle m'a souvent laissée bien dubitative.
   
   Vous l'avez compris, un roman qui m'a laissée sur le côté. Une première lecture de l'auteure pas très réussie.
   
   "Bien souvent, les gens à l'esprit étroit disent que danser est sacrilège. Ils pensent que Dieu nous a donné la musique - pas seulement la musique que nous faisons avec notre voix et nos instruments, mais la musique qui sous-tend toute forme de vie - et qu'il nous a ensuite interdit de l'écouter. Ne voient-ils pas que toute la nature chante? Tout dans cet univers bouge en rythme - les battements du cœur ou les ailes des oiseaux, le vent les nuits d'orage, le forgeron à son enclume ou ce qu'entend dans le ventre de sa mère un bébé à naître -, tout participe, passionnément, spontanément, à une mélodie magnifique. La danse des derviches tourneurs est un maillon dans cette chaîne perpétuelle. Telle la goutte d'eau qui porte en elle tout l'océan, notre danse reflète et voile à la fois les secrets du cosmos".

critique par Aifelle




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