Lecture / Ecriture
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C'est une chose étrange à la fin que le monde de Jean d'Ormesson

Jean d'Ormesson
  C'est une chose étrange à la fin que le monde
  Au plaisir de Dieu
  Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
  Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

Jean d’Ormesson est un chroniqueur et écrivain français né en 1925.
Il a été élu à l’Académie française en 1973.

C'est une chose étrange à la fin que le monde - Jean d'Ormesson

Ce sacré Jeannot
Note :

    J'aime beaucoup cet homme. Je l'aime toujours autant après quelques milliers de passages télé dont il est par ailleurs un bon client. A ceux qui croient voir en lui ce cabotin mondain élégant et faussement nonchalant je donne entièrement raison. Jean d'Ormesson l'est indiscutablement. A ceux qui croient que se cachent derrière cette façade superficialité et esbroufe je dirai qu'ils se trompent. Je tiens Jean d'Ormesson pour un écrivain majeur malgré ses efforts pour tant se montrer, à tel point que c'est pour mieux se cacher. Trêve de badinage. "C'est une chose étrange que le monde" est un roman (?) bluffant,stimulant, ébouriffant. Vous connaissez la trame: le Vieux,ce pourrait être Dieu, parle un peu des hommes,et d'Ormesson parle de Dieu qu'il a un peu connu, mais moins que Dieu ne connaît les hommes. Et Papy Jean de nous raconter les belles histoires de l'oncle Paul. Le grand livre du Monde s'ouvre ainsi, par touches très brèves, à croire que Jean d'O. est payé à la ligne, pour payer ses séjours à Venise et sa Méditerranée, onéreux. Sacré Jeannot.
   
    Galilée, Pascal, Newton, Darwin, Einstein que nous connaissons si bien, n'est-ce pas(???) entrent dans la danse. Et d'autres étoiles, sommités des sciences et de la philosophie, avec lesquels je suis un peu en froid, peu porté sur les équations et les interrogations métaphysiques. En face du Vieux il suffit comme Thésée de suivre le fil du labyrinthe pour démêler le simple du complexe, le sûr du probable, le doute de la vérité et Jeannot nous y entraîne, le volubile, le conteur, le farceur. Au bout du compte on n'est évidemment guère plus avancé (je parle pour moi qui suis au niveau de spiritualité de l'huître, et qui pour la science voisine avec Lucy). Mais ce n'est pas grave de rester en rade, le passé étant passé, intouchable, et le futur étant futur, inconnu.
   
    De cet excellent bréviaire de vie j'ai au moins retenu que d'Ormessson a connu ses plus belles extases se baignant en Grèce, flânant chez la Sérénissime, lisant Aragon. Programme ma foi bien digne d'intérêt, auquel je souscris volontiers. Souriant souvent, une brise inquiète effleure parfois Monsieur Jean. Et si j'avais préféré la profondeur de "Voyez comme on danse" j'ai adoré cette balade avec un auteur généreux, pressé car le temps lui est compté, allénien version Quai Conti, bavard comme Luchini et gai comme un pinson. Il y a du souffle romanesque même dans une réaction quantique bien que je ne sache toujours pas comment vivent les quarks.
   
   
    Rentrée littéraire 2010
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critique par Eeguab




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Instructif pour un presque béotien
Note :

   Il se passe parfois des choses étranges. Par exemple, je n'aurais jamais cru lire un ouvrage de Jean d'Ormesson, homme de droite, ancien directeur du Figaro. Pourtant, l'occasion faisant le larron, et après les éloges reçues par les critiques du Masque et la Plume, j'ai osé plonger dans son dernier ouvrage, "C'est une chose étrange à la fin que le monde". Plongée qui m'a laissé sur ma faim, et m'a confirmé dans l'image que j'avais du monsieur.
   
   Dans cet ouvrage, d'Ormesson prend le parti de se questionner sur le monde : sa création, l'évolution de la conception du monde terrestre et céleste, et le questionnement ultime, pourquoi. Pourquoi l'homme existe-t-il? Par quel phénomène physique la vie a-t-elle pu apparaître sur Terre? Et c'est là que le bât blesse, car d'Ormesson s'en remet irrémédiablement à Dieu.
   
   Pourtant, le début de l'ouvrage n'est pas inintéressant. A la manière d'un vieux sage, d'Ormesson joue au vieil érudit, et décrit de manière assez chronologique les différentes conceptions du monde, celle des grecs, de Galilée, de Copernic, des scientifiques contemporains. L'analyse est assez rapide, et donne un aperçu synthétique de l'ensemble des théories. Tant qu'il reste sur les passages descriptifs, l'ouvrage est plaisant et finalement instructif pour un presque béotien.
   
   Puis d'Ormesson pose la question de la possibilité du Big Bang : peut-on vraisemblablement croire que la vie aurait pour origine une fantastique explosion? Et surtout, qu'y a-t-il avant le Big Bang? Il ne trouve pas de réponses à ces questions et d'Ormesson se tourne alors vers Dieu, le créateur. Comme on pouvait finalement s'en douter, d'Ormesson rentre dans le droit chemin, se rangeant derrière le créateur comme seule explication à l'apparition de la vie. Alors qu'il se sent en fin de vie (il ne cesse de le dire au cours du roman), l'auteur cherche certainement à se rassurer sur ce qui l'attend d'ici quelques années. Et fait de cet ouvrage une chose hybride, entre confessions intimes, précis d'astro-physique et références religieuses, le tout servi par une écriture élégante. Un drôle de mélange.

critique par Yohan




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