Lecture / Ecriture
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Le pic du diable de Deon Meyer

Deon Meyer
  Lemmer l'invisible
  Les soldats de l'aube
  Le pic du diable
  Jusqu'au dernier
  Treize heures
  A la trace
  Kobra
  En vrille

Deon Meyer est un auteur sud-africain de romans policiers, né en 1958. Il écrit en afrikaans.

Le pic du diable - Deon Meyer

Afrique du Sud et turpitudes
Note :

   Premier Deon Meyer en ce qui me concerne, et plutôt séduit. A la manière de Michael Connelly, James Lee Burke ou autre Henning Mankell, il nous donne à connaître sur une société, un pays, au travers d’un polar. C’est d’ailleurs un biais intelligent, dynamique et direct.
   
   L’Afrique du Sud est certainement comme on l’imagine d’après tout ce qu’on peut en entendre, à la fois dangereuse, électrique, en pleine mutation et d’une grande complexité. Si l’apartheid n’y règne plus, la séparation de fait semble réelle. Il y a de la schizophrénie dans ce pays là.
   
   Les héros de Deon Meyer sont à l’image du pays, complexes, torturés, dangereux même, pourrait-on dire. Et sa manière de mener le récit peut dérouter tant il n’hésite pas à passer ex-abrupto d’une de ces trois histoires menées en parallèle, et qui convergeront évidemment, à l’autre, obligeant le lecteur à quelques contorsions inconfortables, au moins dans le premier tiers du roman.
   
   Un policier alcoolique qui touche le fond, se fait virer de chez lui; l’inspecteur Griessel. Une prostituée éperdue qui s’est fourrée dans un nid de frelons, Christine Van Rooyen, et un être solitaire, marginal comme peut l’être un «justicier», capable de tuer et qu’on a poussé à bout en tuant son fils, Thobela.
   Rajouter le milieu de la grande criminalité; trafiquants de drogue en liaison avec la Colombie, celui de la bassesse ordinaire entre collègues policiers d’un même service, secouer abondamment, découper en petites tranches, mélanger et vous aurez «le pic du diable».
   
   Personnellement je n’ai pu m’en détacher avant de l’avoir terminé (et il est long!). On est «bon public» ou on ne l’est pas!
   
   
   « La ville était trop petite.
   Impossible de reconnaître les lieux. Cet après-midi là, en descendant la grande rue incurvée en voiture, il avait senti des regards sur lui. Regards de métis devant les cafés, regards des pompistes noirs à la station-service avec ses deux pompes et sa caravane délabrée. Regards des quelques blancs d’Uniondale en train d’arroser leurs jardins desséchés.
   Il n’avait qu’une seule chance pour trouver la maison, il le savait. Il ne pourrait pas chercher; il ne pourrait pas faire d’allées et venues. Parce que tous ici étaient au courant du scandale Scholtz et qu’on se souviendrait d’un Noir au volant d’un pick-up – un Noir étrange dans un endroit où tout le monde connaissait tout le monde. »

critique par Tistou




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