Lecture / Ecriture
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L'œil d’Eve de Karin Fossum

Karin Fossum
  La mort indienne
  L'œil d’Eve
  Celui qui a peur du loup

L'œil d’Eve - Karin Fossum

Un excellent polar norvégien
Note :

   Eve Magnus est une artiste peintre, mère célibataire démunie. En se promenant un jour avec sa fille au bord d’une rivière, elle découvre un cadavre en décomposition dans les flots. Elle décide de poursuivre sa route et d’aller déjeuner dans un Mac Donald’s. Quelques temps auparavant, elle avait revu une amie d’enfance perdue de vue depuis longtemps: celle-ci lui explique qu’elle s’est lancée dans la prostitution de luxe et qu’elle a amassé une coquette somme. Une rencontre de deux destinées que tout oppose…
   
   J’ai eu plaisir à lire cet excellent polar norvégien. J’aime beaucoup les polars nordiques: les polars suédois avec Henning Mankell et Camilla Läckberg et islandais avec Arnaldur Indridason. J’ai aussi lu «L’otage», un polar danois d’Olav Hergel.
   
   Je retrouve dans ce polar une caractéristique majeure qui m’avait séduite chez Mankell et Indridason, à savoir la lenteur: Karin Fossum prend le temps d’exposer les scènes, les personnages. Quelques scènes d’action ponctuent également le récit pour lesquelles l’auteur sait ménager le suspens et nous amène à être terrifiée avec Eve.
   
   Le début peut sembler un peu déroutant: le lecteur se demande où l’auteur veut en venir mais Karin Fossum sait d’emblée cultiver le mystère et l’énigme: pourquoi Eve décide, après la découverte du cadavre, d’aller déjeuner dans un fast food comme si de rien n’était?
   
   Les dialogues sont nombreux et bien rythmés. J’ai particulièrement aimé les interrogatoires policiers, notamment ceux menés par l’inspecteur Konrad Sejer, un policier particulièrement expérimenté et incisif. J’ai pris plaisir à suivre le lent cheminement vers la vérité. Une vérité somme toute assez simple, mais je n’aime pas les scénarios trop alambiqués, tels ceux des Jean-Christophe Grangé ou Maxime Chattam.
   
   Une note du traducteur nous renseigne sur la culture norvégienne: il a choisi de respecter le tutoiement dans les dialogues car les Norvégiens se tutoient tous. Cela surprend un peu le lecteur au départ, puis on s’y fait.
   
   Ce polar nous campe bien la psychologie du personnage central, Eve, une artiste peintre tourmentée. Un ouvrage qui analyse les rapports hommes-femmes, l’appât du gain, la cupidité. Un coup de cœur pour un ouvrage très profond qui sait laisser la part belle au mystère et au suspens.

critique par Seraphita




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