Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La forme de l'eau de Andrea Camilleri

Andrea Camilleri
  La Démission de Montalbano
  La Voix du violon
  La Concession du téléphone
  Le tour de la bouée
  La forme de l'eau
  Le voleur de goûter
  La peur de Montalbano
  La patience de l'araignée
  Chien de faïence
  L'excursion à Tindari
  Privé de titre
  La couleur du soleil
  Un été ardent
  Petits récits au jour le jour
  Les Ailes du Sphinx
  La Pension Eva
  Pirandello, biographie de l’enfant échangé
  Le coup du cavalier
  Intermittence
  La lune de papier
  Le garde-barrière
  Le neveu du Négus
  Noli me tangere

Andrea Camilleri est un écrivain et metteur en scène italien, né en Sicile en 1925.

La forme de l'eau - Andrea Camilleri

L'art de la mise en scène
Note :

   L'ingénieur Luparello, homme politique en vue dans le miscrocosme de Vigata, est retrouvé mort et déculotté dans une position tout à la fois sordide et incongrue. C'est de toute évidence une mort naturelle, et le commissaire Montalbano n'aurait aucune raison de pousser son enquête... Si la position dans laquelle le corps a été découvert n'était pas si diantrement incongrue! C'est une étrange enquête du commissaire Montalbano qui va s'enfonçant dans un brouillard de plus en plus opaque dans la première moitié du livre, donnant l'impression d'un démarrage un peu laborieux. Heureusement, les événéments s'accélèrent par la suite, et se précipitent vers un dénouement où Andrea Camilleri montre tout son talent de metteur en scène. Il n'en reste pas moins que "La forme de l'eau" ne m'a pas emballée de la même façon que "Le voleur de goûter" ou "Chien de faïence"...
   
   Un cru moyen donc, mais qui m'a tout de même permis de me replonger avec plaisir dans la langue si particulière, colorée et chaleureuse, de Camilleri. "La forme de l'eau" était un des premiers romans d'Andrea Camilleri traduit en Français, et pour l'occasion, le traducteur, Serge Quadruppani, avait en outre écrit une préface très intéressante où il s'étendait sur ce qui lie la langue de Camilleri à sa terre natale et sur les principes qui l'avaient guidé dans sa traduction...
   
   
   Extrait:
   "Les trois premiers jours passés auprès de Livia dans sa villa de Bocadasse lui firent presque complètement oublier la Sicile, grâce à certains sommeils de plomb qu'il s'offrait, en forme de récupération, en serrant Livia dans ses bras. Presque seulement, car, deux ou trois fois, par traîtrise, l'odeur, le parler, les choses de la terre le saisissaient dans les airs comme un fétu, le ramenaient, en quelques instants, à Vigata." (pp. 242-243)
    ↓

critique par Fée Carabine




* * *



Tout sent la Sicile, dans ce roman!
Note :

    Résumé
   "À Vigàta, Sicile orientale, pour s,en passer, il s'en passe des choses au bercail, mi-terrain vague, mi-décharge publique, hanté par des couples en mal de sensations fortes, où dealers et prostituées font leur petites affaires.  Un type qui trépasse entre les bras de sa dulcinée d'un moment, ce n'est pas monnaie courante, mais ça arrive.  Cela dit, lorsque le type s'appelle Luparello et que c'est le parrain politique local, tout le monde s'affole.  La Mafia, les politiques,  les autorités religieuses... Seul le commissaire Montalbano, un homme bourru, flegmatique et terriblement "sicilien" garde son sang-froid, habitué qu'il est à louvoyer dans des zones grises et glauques où la loi et son contraire ont tissé des liens étroits."

   
   
   Commentaire

   
   J'avais depuis un bon moment le goût de découvrir les aventures de Montalbano et ce livre a sans crier gare volé de l'étagère vers mes mains lors du dernier salon du livre (bon, ok, je l'ai peut-être aidé un peu... mais si peu!!!).   Premier commentaire: je n'ai jamais autant regretté de ne pas parler italien! Je ne crois pas que le latin antique appris au secondaire (et que je lisais, étonnamment, presque couramment, au grand désespoir de mon professeur qui devait encore analyser les versions qu'il nous donnait armé d'un crayon et d'un dictionnaire...) aurait pu m'aider dans ce cas-ci!! Car dans la préface - très intéressante, soit dit en passant - du traducteur, on nous explique que livre est écrit en italien et en dialecte sicilien. C'est le genre de chose que j'aurais carrément adoré pouvoir lire en VO... mais bon, vraisemblablement, ça n'arrivera pas!!!
   
   En effet, j'ai réussi à sentir les deux ou trois niveaux de langage différents... uniquement grâce à la syntaxe par contre. Le vocabulaire utilisé pour représenter le dialecte sicilien est tiré - si j'ai bien compris - d'un parlé spécifique à une région méridionale de la France. Et pour la québécoise que je suis, l'argot méridional, l'argot parisien, l'argot du nord... c'est carrément tout pareil (ne pas taper... je mets au défi les européens de distinguer, à l'écrit, le parler de Montréal, du Saguenay ou même du Nouveau Brunswick!!!). J'ai ainsi dû manquer plusieurs subtilités de langue et la fanatique du langage que je suis en a été un peu déçue... Il me semble qu'il doit y avoir tellement de choses intéressantes dans ce mélange de langues et de dialectes!
   
   De plus, tout sent la Sicile, dans ce roman! Le système de références est différent, la Liggi et "les autres" ne sont pas si séparés que ça, il y a les vraies lois, les lois tacites... La vérité varie dépendant de la personne à qui on la dit!! Tout est un peu tordu, un peu (beaucoup) corrompu... mais ça passe! Le commissaire Montalbano est d'ailleurs comme un poisson dans l'eau à travers ce système et il m'a semblé éminemment sympathique malgré tout! Je ne suis jamais allée en Sicile et je parle donc à travers mon chapeau... mais l'auteur a selon moi réussi à recréer une portion de ce monde qui réussit à nous y transporter le temps de ces deux cent cinquante pages. 
   
   Ce que j'ai moins aimé, c'est l'intrigue, assez prévisible, avec beaucoup de personnages que j'ai quand même su associer très rapidement à leur rôle dans l'intrigue (bon, en plus, j'ai eu du mal avec les noms, ce qui n'a pas nécessairement aidé!) et assez peu de suspense. Le commissaire y va un peu à l'aveuglette, suit son intuition et sa profonde connaissance de ce petit monde Sicilien. Le tout m'a semblé quelque peu effleuré, sans aller en profondeur.  Quelques pages de plus pour fouiller davantage, peut-être... J'ai par contre aimé la finale... ce qui se passe, et ce qui ne se passe pas! Typique!!
   
   Bref, j'ai aimé l'ambiance, j'ai aimé le personnage principal mais moins l'intrigue. Ça ne peut vouloir dire qu'une chose: il me faut lire d'autres livres de la série du commissaire Montalbano, peut-être que l'histoire me plaira davantage et j'aurai le plaisir d'y retrouver ce que j'ai aimé!!

critique par Karine




* * *