Lecture / Ecriture
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La guerre des mondes de Herbert George Wells

Herbert George Wells
  L'île du docteur Moreau
  La guerre des mondes
  Les premiers hommes dans la Lune
  La machine à explorer le temps
  L'homme invisible

Herbert George Wells, plus connu sous la signature H. G. Wells (né le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent, Royaume-Uni - 13 août 1946 à Londres) est un écrivain britannique surtout connu aujourd'hui pour ses romans de science-fiction. Il fut cependant également l'auteur de nombreux romans de satire sociale, d'œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales ainsi que d'ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie, à l'histoire qu'aux questions sociales.
(Wikipedia)

La guerre des mondes - Herbert George Wells

Apocalypse …
Note :

   S’il est un archétype concernant la S.F., et notamment l’idée qu’on se fait de la S.F. avec martiens, soucoupes volantes et tutti quanti … c’est bien «la guerre des mondes». Peut-être aussi du fait de son adaptation cinématographique? Néanmoins …
   
   Déjà, remettre en perspective que ce roman fut écrit par Wells en … 1898, à une époque où l’avion n’existait pas encore! Lui, H.G. Wells ne nous parle pas d’avions mais de … d’espèces d’obus dans lesquels les martiens sont propulsés et d’où ils débarquent. Un peu à la façon du Jules Verne de «De la Terre à la Lune». Donc foin de soucoupes volantes. Mais tous les archétypes qu’on retrouvera plus tard dans les romans de cette mouvance sont pratiquement là: des martiens d’une forme et d’une vie très éloignées de la forme terrestre, des sentiments hostiles vis-à-vis des Terriens, une impression d’impuissance vis-à-vis d’eux, … L’inconnu, il n’y a pas à dire, ne porte pas à la confiance et à l’optimisme!
   
   H.G. Wells ne s’attache pas vraiment à expliquer comment les martiens …, pourquoi les martiens …, ni d’une quelconque possibilité scientifique. Tout ceci ne le concerne pas et d’ailleurs il a déjà fait un sacré saut en convoquant des martiens, d’une forme inattendue, débarqués d’un obus gigantesque traversant l’espace à des vitesses inimaginables à l’époque (H.G. Wells venait d’apprendre à tenir sur une bicyclette au moment de l’écriture du roman!). Ce qui l’intéresse et qui fait le cœur du roman, c’est l’apocalypse que déclenche une telle invasion sur une civilisation telle la société anglaise fin du XIXème siècle. C’est bien ainsi qu’il faut lire le roman, de même qu’on ne peut lire «Orgueils et préjugés» de Jane Austen sans prendre en compte les mœurs de l’époque d’écriture dudit roman! Et cette invasion est rude. Face à un adversaire inimaginé – inimaginable, à l’aspect, aux moyens tout aussi hors du commun, H.G. Wells ne nous décrit pas autre chose qu’une boucherie, une «Bérézina», une mort de notre civilisation. C’est certainement cela qui est novateur dans ce roman et qui fera école pour tant d’autres œuvres qui suivront.
   
   «La guerre des mondes» reste très plaisante à lire. Pas pour des descriptions technologiques qui, évidemment, sont largement dépassées maintenant, mais pour l’étude des caractères de ses contemporains confrontés à cet évènement inouï. Allez, un petit bout pour la route:
   « Une grosse masse grisâtre et ronde, de la grosseur à peu près d’un ours, s’élevait lentement et péniblement hors du cylindre. Au moment où elle parut en pleine lumière, elle eut des reflets de cuir mouillé. Deux grands yeux sombres me regardaient fixement. L’ensemble de la masse était rond et possédait pour ainsi dire une face : il y avait sous les yeux une bouche, dont les bords sans lèvres tremblotaient, s’agitaient et laissaient échapper une sorte de salive. Le corps palpitait et haletait convulsivement. Un appendice tentaculaire long et mou agrippa le bord du cylindre et un autre se balança dans l’air.»
   
   Le mythe du martien était né, messieurs-dames!

critique par Tistou




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