Lecture / Ecriture
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La partie d'échecs indiens de François Emmanuel

François Emmanuel
  Le vent dans la maison
  Bleu de fuite
  La nuit d'obsidienne
  Partie de chasse
  Regarde la vague
  L'enlacement
  L'invitation au voyage
  Le tueur mélancolique
  La partie d'échecs indiens
  Cheyenn

Né à Fleurus, près de Charleroi, le 3 septembre 1952, François Emmanuel Tirtiaux commence à écrire des poèmes dès l’âge de quinze ans. Tout en poursuivant des études de médecine, puis une spécialisation en psychiatrie, il se passionne pour le théâtre et effectue même un stage en Pologne, auprès de Jerzy Grotowski et de son Théâtre laboratoire du Wroclaw: une expérience qui se révélera déterminante pour son travail d’écriture.

Son premier roman, "Retour à Satyah", est paru en 1989 et François Emmanuel a depuis lors continué à publier à un rythme régulier. Il a obtenu le prix Rossel en 1998 pour "La Passion Savinsen". Et en 2007, "La question humaine" a été porté à l’écran par Nicolas Klotz, avec Mathieu Amalric et Michaël Lonsdale.

François Emmanuel est le frère du romancier Bernard Tirtiaux, et le neveu d’Henry Bauchau


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La partie d'échecs indiens - François Emmanuel

Histoire de violons
Note :

   «La partie d'échecs indiens» doit son titre à une partie de "chaturanga" qui se joue à quatre, deux contre deux. Ami de l'antiquaire Aldo Valagio, qui ne quittera pas Rome, le narrateur, Amadeo Seguzzi, un policier fatigué, se mesure à un émigré russe, Anton Chaliaguine, et à Vinapathi Khegan, un élégant brahmane. La partie d'échecs donne l'occasion à Chaliaguine de jouer majestueusement du violon, bientôt imité du narrateur qui présente l'originalité d'être policier et de savoir jouer de cet instrument depuis l'enfance. «La scène avait eu lieu en octobre de l'année précédente…» Depuis lors Chaliaguine a disparu et le policier Seguzzi se voit promettre par ses chefs la retraite anticipée à laquelle il aspire sous réserve de retrouver d'abord le musicien russe qui avait un temps collaboré avec les services italiens.
   
   Cette pseudo-intrigue policière à peine entamée conduit à la rencontre des femmes que le violoniste a aimées: Agafia avec qui il s'enfuit d'Union soviétique, Lisa qu'il aima à Palerme et qui avait été l'amie de sa fille Natalia, et puis Sara Soon, Almenia et Ania. Le narrateur s'attarde particulièrement auprès de Lisa, mi-chanteuse de cabaret, mi-prostituée, droguée et mère d'une petite fille qui aime écouter les contes que le Russe joint aux lettres adressées à Lisa après l'avoir quittée. Ils deviennent amants. Mais dans cette histoire énigmatique, on quitte curieusement Palerme pour Petersbourg — Chaliaguine expliquant à Lisa que les deux villes se ressemblent…— où le violoniste malade a invité le détective italien à le rejoindre. Adieu Lisa…! Amadeo ira donc au pays des tsars et apprendra l'histoire du violon du maestro nostalgique, un fameux Guadagnini. Avant de mourir le Russe indiquera à l'enquêteur romain où retrouver Khegan pour lui jouer une dernière fois un air de violon de sa part. Encore une fois Seguzzi va devoir prendre le train…
   
   Pourtant tout cela est véritablement un peu "coincé" et languissant— je sais bien ce que c'est que la fiction, mais… je n'arrive pas réellement à "accrocher" à cette histoire, esquisse d'odyssée sentimentale qui aurait pu devenir un livre plus fascinant. Sa composition est dépouillée au point de faire penser à une version primitive, une ébauche d'une œuvre qui serait plus tard reprise et approfondie, plus dynamique et sensuelle. Or, dans la postface de l'édition Labor, on nous apprend qu'au contraire l'auteur a épuré son texte entre les éditions de 1994 à La Différence et de 1999 chez Stock, version reprise ici. L'auteur serait-il masochiste?

critique par Mapero




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