Lecture / Ecriture
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Les clowns de l'Éden de Alfred Bester

Alfred Bester
  Les clowns de l'Éden

Ecrivain de science-fiction américain. Il a gagné le premier prix Hugo du meilleur roman en 1953 pour son roman sur la télépathie: L'Homme démoli (The Demolished Man).

Né à New York le 18 décembre 1913, il est décédé le 30 septembre 1987.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction "

Les clowns de l'Éden - Alfred Bester

Doux délire
Note :

   Contrairement à bien d'autres romans d'anticipation, aucune analyse sociétale ici, peut-être même aucune analyse de rien d'ailleurs, plutôt un débridage de l'imagination sur un thème porteur pour voir un peu jusqu'où ça peut rouler et comment tout cela peut se terminer. Ce thème porteur, quel est-il?
   
   La race humaine ayant atteint quelques millénaires d'existence, cela lui a donné l'occasion de voir se reproduire un "accident" de la vie, ou d'ailleurs plutôt de la mort, qui pour rarissime qu'il soit n'en survient pas moins parfois: en deux mots, une façon -d'ailleurs fort pénible- de mourir qui entraine une sorte de "ratage" du décès, c'est à dire l'immortalité. Les quelques immortels existant déjà ont fini par se connaître et se grouper plus ou moins. Plus rien ne les menace désormais, si ce n'est la canlèpre, mélange atroce de cancer et de lèpre qui seul peut les détruire, décès qui se fait dans d'horribles souffrances, tout au long d'une agonie qui, vu leur qualité d'immortels, dure quand même une cinquantaine d'année. Le lecteur comprendra bien que dans ces conditions, le problème de la canlèpre préoccupera beaucoup notre héros et ses camarades et qu'ils appliqueront toujours à la lettre les rares protections qu'ils connaissent. Même quand ça n'aide pas...
   
   Notre héros, c'est Guig, Il n'est ainsi que depuis la fin du 19ème et il s'organise une succession de vies plutôt agréables en se mêlant aux simples mortels. Il a toutefois un passe temps: il tue et il tue de façon sadique car, vous l'avez peut-être deviné, il essaie en fait de faire accéder les personnages intéressants qu'il rencontre à l'immortalité. Petit problème: il a déjà tué pas mal et pour l'instant, aucune de ses victimes n'est devenue immortelle.
   
   Mais cette fois, il va avoir plus de chance. Enfin chance... faut voir. Car si sa cible (un superbe chef indien chercheur scientifique) va bien survivre, il va néanmoins y avoir un léger "cafouillage" avec l'intrusion dans le processus du plus puissant ordinateur alors existant...
   Et les immortels vont se mettre à mourir.
   Rien n'est facile.
   
   Vous en savez assez pour décider si vous désirez suivre les aventures du groupe d'immortels dans ce monde du futur dont la langue est devenue le spanglais ou l'euro pour le tout venant, alors que les gens cultivés parlent "XXème" et que le niveau culturel moyen est très bas.
   
   On peut passer un moment avec ce roman farfelu, limite délirant mais un peu confus aussi à mon avis. L'histoire connaît suffisamment de rebondissements et le ton est assez léger pour que la lecture n'en soit pas pénible. Mais je dirais que le petit plus ici réside dans ce souci de la langue, révélé par le soin de considérer les langages utilisés et, autre versant, par l'écriture de Bester qui s'autorise des fantaisies de vocabulaire voire l'invention de mots d'ailleurs toujours parfaitement compréhensibles.
   
   Pas un "Grand Livre" donc, mais une petite fantaisie amusante qui peut combler une longue soirée d'hiver...
   
   
   Titre original: The Computer Connection
   
   
   Quant au titre français, il vous faudra lire le roman pour le comprendre. (Évidemment, je pourrais aussi vous l'expliquer, mais non.)

critique par Sibylline




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