Lecture / Ecriture
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Chroniques martiennes de Ray Bradbury

Ray Bradbury
  Meurtres en douceur et autres nouvelles
  Farenheit 451
  Chroniques martiennes
  Le fantôme d'Hollywood
  La foire des ténèbres

Ray Douglas Bradbury est un écrivain américain né en 1920.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction "

Chroniques martiennes - Ray Bradbury

Cohabitation impossible
Note :

   1ère parution: 1950
   
   
   Il y a plus de soixante ans, Bradbury avait imaginé que nous serions, au tournant du siècle, en train de coloniser la planète Mars (ou en 2030 selon l’édition). Ce n’est pas le cas, mais son livre a tout de même passé l’épreuve du temps.
   
   Écrite en fragments reliés, tous excellents sans exception, cette collection de textes se lit avec une aisance surprenante. Parfois un personnage mineur d’un chapitre réapparaît plus loin dans un rôle principal ou des événements antérieurs sont rappelés, mais l’ensemble ressemble plutôt à un recueil de nouvelles que l’on peut déguster morceau par morceau.
   
   Les chroniques explorent essentiellement la rencontre entre la civilisation humaine et celle habitant Mars. Les deux côtés déploient peu d’efforts pour se concilier et refusent de plier ou s’ajuster aux mentalités de l’autre. Les humains, malgré leur arrivée sur une planète étrangère, conservent leurs préjugés et leur arrogance. Une métaphore de l’époque de l’exploration des nouveaux mondes où les conquérants voyaient les terres peuplées d’aborigènes comme des territoires à s’approprier et exploiter.
   
   Les terriens sur Mars ne voient pas la beauté de leur nouvel environnement et veulent que Mars ressemble à la planète Terre, celle de leur passé, que Mars s’adapte à eux et non l’inverse.
   
   Avec beaucoup de courage et d’ironie, le livre décrit nos failles. Une sorte de miroir dans lequel nous plongeons rarement le regard. Même ceux qui ne sont pas adeptes de science-fiction peuvent apprécier sans craintes en raison de la grande accessibilité des petits récits. Il n’y a pas d’exposés technologiques ou de grandes envolées scientifiques. Il est simplement question de l’humain.
   
   Le sujet est attaqué sous de nombreux angles. Le style est varié. Bradbury se permet certaines libertés, consacrant même un passage en hommage à Poe. Il en résulte une mosaïque fantaisiste qui dissimule un commentaire social percutant.
   
   Le travail d’un grand raconteur d’histoires.
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critique par Benjamin Aaro




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Chapitres indépendants
Note :

   Un bouquin qui n'est pas de première jeunesse, j'en conviens, mais je viens de le lire pour la première fois.
   
   Ce roman est constitué de nouvelles qui tiennent lieu de chapitres. Chaque chapitre peut se lire indépendamment mais tout se suit chronologiquement. Des "intermèdes" de transition ont été intercalés entre les chapitres juste avant la publication en 1950.
   
   "Chroniques martiennes" raconte la colonisation de la planète rouge par les hommes: les premières expéditions ratées, la rencontre avec les autochtones, leur quasi élimination par la varicelle (c'est pas un gros spoiler ça arrive très vite), l'arrivée de plusieurs vagues de colons et les péripéties qui en découlent.
   
   C'est donc un récit d'aventure spatiale qui vire au fantasme de rêve américain: des villes sont reconstruites un peu partout sur le modèle US, des Afro-Américains quittent la Terre à la recherche d'une vie meilleure, un ancien astronaute tente d'ouvrir son commerce de hot dogs, des prêtres espèrent évangéliser les derniers Martiens, etc.
   
   Comme d'habitude, Bradbury écrit extrêmement bien, passant de l'humour à la poésie avec talent. Mais la mélancolie et la désillusion ne sont jamais très loin.
   
    J'ai passé un excellent moment: c'est beau et intelligent. Chapeau quoi. Un classique, tout comme "Fahrenheit 451".
   Il y a bien certains personnages qui reviennent plusieurs fois mais c'est sûr qu'on n'a pas vraiment de héros ni de point d'accroche, si ce n'est Mars en elle-même.
   Vu que je lisais deux ou trois chapitres par jour dans les transports en commun, ça me convenait tout à fait!
   Je me plongeais dans chaque chapitre comme dans une œuvre à part entière (c'était des nouvelles à l'origine, donc ça fonctionne plutôt bien...)
   L'ensemble reste très cohérent et construit au niveau de la chronologie et de l'évolution de la planète au contact de l'homme (ou l'inverse?), avec un début et une fin (ouverte).

critique par Supernounours




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