Lecture / Ecriture
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Les Amants étrangers de Philip José Farmer

Philip José Farmer
  Les Amants étrangers
  Le privé du cosmos ou Cosmos privé

Ecrivain américain de science-fiction et de fantastique, né en 1918, décédé en 2009.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction".

Les Amants étrangers - Philip José Farmer

Un futur étouffant
Note :

   Hal Yarrow est un linguiste vivant au XXXIème siècle sur une Terre cadenassée par le religieusement correct. Les humains d’alors, surveillés par les agi (ange gardien intérimaire), sont croyants, obligés de vénérer le Précurseur Sigmen. Toute pensée divergente est considérée comme appartenant à l’irréalité. Tout comportement non «shib» s’explique par l’influence néfaste du Régresseur.
   
   Hal vit de manière robotique avec Mary, appliquant à la lettre les préconisations religieuses de la vie à deux. Préceptes allant jusqu’au nombre de baiser qu’il faut donner à sa femme quand on rentre dans son «puka», logement exigu et partagé la moitié du temps avec un autre couple. La ville étouffe du trop de population. Hal étouffe avec Mary, bien qu’il ne soit pas un grand contestataire des obligations de son époque.
   
   Jusqu’au jour où un Uriélite, haut placé de l’époque, nommé Macneff lui propose une mission pour laquelle l’abandon de sa vie présente est indispensable. En effet, 40 années de voyage seront nécessaires pour rallier une planète lointaine Ozagen, habitée par une race insectoïde, les Wogglebugs. Sur cette planète, Hal rencontrera Jeannette, humaine mais pas tout à fait…
   
   Le début du livre et son futur plein d’invention est captivant. La description du monde religieux du futur, à l’aide d’un vocabulaire amusant, accroche. Quand l’histoire prend son envol, c’est moins bien. Les personnages ainsi que les relations qu’ils vont nouer sont trop rapidement bâclées pour qu’on s’attache véritablement à eux. Dommage, l’intrigue aurait demandé d’être vécue par des personnages auxquels on tient.
   
   Le talent inventif du début et de l’épilogue est réjouissant, ce qui est un minimum pour un livre qui censé inventer un monde futur. Le talent descriptif est moins convaincant. Au final, une histoire qui se lit avec plaisir mais à laquelle il manque une certaine profondeur.
    ↓

critique par OB1




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Un scandale... mais en 1961
Note :

   J'avais entendu parler de ce bouquin dans le dossier "SF et sexualité" du Cafard cosmique. Curieux comme j'étais de découvrir ce roman (au départ une nouvelle) qui a fait scandale en 1961, je me le suis procuré d'occasion pour une bouchée de pain.
   Franchement, il n'y a vraiment pas de quoi s'emballer... A la question "FARMER est-il encore choquant et scandaleux aujourd’hui?", Nadia Fischer - qui a révisé la traduction - répond :
   "Honnêtement non. On a même du mal, de nos jours, à comprendre en quoi “Les amants étrangers” a fait scandale. Je pense surtout que c'était moins le bout de sein qui était en cause que l'idée d'une union avec une extra-terrestre, non? Une thématique adulte, en fait."

   
   Indépendamment de cela, c'est un bon roman de SF qui a pris un coup de vieux.
   Comme dans ",La voix des morts", de Card, la découverte des mœurs d'une civilisation extra-terrestre est très intéressante.
   
   De plus, le livre nous présente une civilisation humaine post-atomique où le comportement de tous est contrôlé.
   En effet, une hiérarchie religieuse domine tout le système de manière plus qu'oppressive...
   Le héros de l'histoire, un linguiste, est envoyé pour "faire connaissance" avec les autochtones de la future colonie terrienne... c'est là qu'il rencontre pour la première fois l'amour!
   Eh oui, vous vous doutez bien qu'avec un titre pareil, "Les amants étrangers" est une histoire d'amour non?
   Pour autant, l'auteur ne tombe par dans la mièvrerie et réussit sans problème à garder l'attention de lecteur...
   
   Un bon vieux roman donc, sûrement un "classique" du genre, à mettre entre toutes les mains.

critique par Supernounours




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