Lecture / Ecriture
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Le monde des Ā de Alfred Elton van Vogt

Alfred Elton van Vogt
  Le monde des Ā

Alfred Elton van Vogt, écrivain canadien de science-fiction, est né en 1912 dans le Manitoba et décédé en 2000 à Los Angeles.
Il est considéré comme l'un des chefs de file de la science-fiction américaine pendant son âge d'or.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction".




Le monde des Ā - Alfred Elton van Vogt

Tout est dans le cerveau
Note :

   C'est Boris Vian qui, en 1953, nous traduisit ce roman qui avait été publié outre-Atlantique d'abord dans un magazine de SF puis, sous forme de livre, en 1948. Ce premier titre qui devait faire pas mal du bruit et en France, selon J. Sadoul, marquer le début de notre intérêt pour la Science Fiction (cf postface) sera suivi de deux autres: tout d'abord «Les joueurs du Ā» puis «La fin du Ā» pour constituer «Le cycle du Ā»
   
   Nous avons avec ce roman un des chefs-d'œuvre de la S.F de cette époque, tout d'abord pour l'originalité de l'idée (qui prouve qu'il n'est pas nécessaire d'aller chercher des aliens aux formes et consistances les plus improbables pour faire du bon travail) ensuite pour le suspens tendu d'un bout à l'autre puisque Van Vogt pose là dès les premières pages à ses lecteurs une colle (Qui est le héros? Qui tire les ficelles?) qu'il pourrait résoudre s'il était assez malin, (mais le sommes-nous?) et le balade de pistes en démentis partout où il veut pendant 300 pages.
   
   Je résume l'action: Gilbert Gosseyn (prononcez go sane et non, ce n'est pas un hasard) arrive à la capitale pour passer des épreuves auprès de la Machine des Jeux. Ces épreuves tendent à déterminer qui parmi les nombreux candidats est assez évolué dans l'éducation Non-A pour obtenir les plus hautes fonctions sur Terre voire, s'il est vraiment au top, faire partie des migrants sur Vénus où s'est constituée une super-civilisation autogérée.
   
   Mais que je vous explique tout d'abord le sens des termes: A signifie aristotélicien: dérivé de la vision du monde que nous a léguée Aristote basée sur les oppositions, le manichéisme, les conflits, le stress etc. cette vision du monde se condamne elle-même. Il faut donc être Non-A ou, pour aller plus vite, Ā. Faites attention à cette petite barre sur le A car si vous la négligez en lisant vous allez vous trouver par exemple avec X qui est Non-A et Y qui est Ā et ne même pas vous apercevoir qu'ils sont dans le même camp. Ce serait ballot, on a perdu des guerres galactiques pour moins que cela. Donc soyons clairs, Gosseyn est Non-A, il espère même être dans les meilleurs Ā et se voir traiter comme tel après son passage dans la Machine des Jeux. Il vient de perdre sa femme Patricia qui aurait dû elle aussi participer aux épreuves et est prêt à démarrer une nouvelle vie (il ne va pas être déçu). Cela commence fort puisque le jour même de son inscription il est démasqué comme imposteur: il n'est pas celui qu'il prétend être, ce qui est bien embêtant car lui-même le croyait dur comme fer! Et c'est parti, accrochez-vous.
   
   Il faut se rendre compte que cette pensée non-A, c'est la «Sémantique Générale» de Korzybski (attention, ce n'est pas de la sémantique au sens usuel) dont Van Vogt était un adepte passionné et dont toute cette œuvre tend à prouver la supériorité sur le terrain, même dans les pires des cas (entendez un conflit galactique). Et nous sommes là dans le monde réel, ce pourquoi ce roman a engendré des multitudes de discussions passionnées, de recherches ardues menées par de pauvres lecteurs de SF comme vous et moi et de conversations philosophiques.
   
   Lancez-vous dans cette aventure pleine de bruit et de fureur, mais tout autant de sémantique, de neurologie et de philosophie.
   
   
   Titre original: The World of Null-A

critique par Sibylline




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