Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les assoiffées de Bernard Quiriny

Bernard Quiriny
  Contes carnivores
  Les assoiffées
  Une collection très particulière
  Le Village évanoui

Bernard Quiriny est un écrivain, critique et professeur belge né en 1978.

Les assoiffées - Bernard Quiriny

Au pays des femmes
Note :

   «1995. La Belgique se retire des organisations internationales, ferme ses frontières et rompt toute relation diplomatique. Plus personne ne peut entrer dans le pays ni en sortir.»
   
    Gould part pour la Belgique. Objectif: découvrir le mode de vie des Belges, cette société 100% féministe. Mais il ne part pas seul, ils sont cinq à l’accompagner dans ce voyage officiel, qu’il a réussi à obtenir, non sans mal. Parmi eux: deux femmes Alvert, la mondaine, et Lotte, la farouche militante féministe. Cette dernière idolâtre tout particulièrement le régime belge. L’empire ayant fermé ses portes à tous les étrangers, c’est donc en véritables héros qu’ils s’y rendent. Et le jour du départ, la presse est là…
   Pour certains, la Belgique est un havre de paix pour les femmes, un endroit où elles peuvent vivre heureuses, sans manquer de rien. Pour les autres, c’est un pays totalitaire où les hommes sont maltraités et la plupart des femmes manipulées.
   Toujours est-il que la Belgique a été proclamée empire des femmes, c’est pourquoi du monde entier les femmes ont afflué vers les Pays-Bas, où des lois sexistes sont proclamées ainsi que l’interdiction du mariage homosexuel. C’est donc plein de curiosité mais aussi de bienveillance qu’ils se rendent dans cet eldorado féminin, comme certains intellectuels français se rendaient dans les années 1950 en Union Soviétique.
   
   Parallèlement à leur voyage, nous lisons le journal intime d’Astrid Van Moor, employée à l’hôpital, qui vit avec ses deux filles dans ce pays. Maltraitée par sa supérieure, qui l’envoie au bloc, là où les hommes meurent sans soin, elle mène une vie difficile et se confie à ce journal. A domicile, elle a un «larbin» affecté par le régime qui s’occupe de ses deux filles. Outre les vexations que lui fait subir sa chef, la vie de tous les jours dans une ville où les «brigadières» règnent n’est pas facile. De plus, elle cache un secret: un fils Gregor, gardé clandestinement par une nourrice à la campagne et qu’elle va voir le plus souvent possible, c’est-à-dire tous les deux mois seulement, afin de ne pas être repérée. Bien que fécondée selon la règle, elle a en effet enfanté un garçon, comme une femme sur cent. Refusant de le laisser partir à l’élevage commun, elle l’envoie à la campagne avec la complicité d’une doctoresse, après avoir déclaré accoucher d’une fille morte née. Mais ce quotidien fait d’angoisses prend fin le jour où elle est choisie pour fêter le vingtième anniversaire du règne de Judith, la grande «Bergère».
   Des femmes sont en effet choisies au hasard, pour représenter le peuple ce jour là et offrir un cadeau à la grande prêtresse. Elle doit pour cela se révéler une citoyenne modèle.  La vie d’Astrid va alors changer du tout au tout. Elle se retrouve au palais, menant une vie faite de richesse et de privilèges.
   
   On se croirait revenu en URSS au temps de la guerre froide. Du premier voyage officiel de l’intelligentsia française à qui on montre ce qu’on veut bien montrer, aux vicissitudes du peuple dont seules quelques élues réussissent à s’extraire comme soldates, brigadières ou employées modèles, Bernard Quiriny nous propose un roman truculent, jouissif en imaginant un pays où les femmes sont reines. Mais loin d’un banal récit, il nous emmène dans une intrigue distrayante que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Car cette farce drolatique sur les excès de tous poils, est aussi une satire des «bien pensants» et autres «politiquement corrects».
   
   Il est vrai que l’uchronie est un genre que j’affectionne particulièrement et j’ai donc eu bien du mal à lâcher ce livre même si pas un seul moment on ne croit à cet univers ultra féminisé, où les rares hommes sont maltraités. Le récit en est pour autant plaisant et j’ai particulièrement aimé la partie qui décrit la vie d’Astrid.
   
   Ce premier roman, qui se lit d’une traite et réserve de surprenants rebondissements, fait partie de la première sélection des prix Renaudot et Médicis. A la fois grave et léger, il a ses adeptes et ses détracteurs si j’en crois les critiques lues sur le net. Mais moi j’adhère et je vous invite à en faire autant!
   
   
   
    Rentrée littéraire 2010
   ↓

critique par Éléonore W.




* * *



Rien de nouveau à l’horizon
Note :

   Ayant entendu l’auteur de ce roman à la radio, j’étais curieuse : La Belgique un nouveau royaume d’amazones… d’amazones des temps modernes ?
   
   Dès le début, j’étais gênée par le style trop simple (pour éviter de dire simpliste) à mon goût. Mais bon, ne voulant pas juger trop vite, j’ai poursuivi ma lecture…
   
   L’histoire : Un célèbre journaliste-romancier-dandy parisien réunit une petite équipe d’intellectuels censés l’accompagner en Belgique, pays aux frontières fermées depuis 1972, date d’une révolution d’un genre particulier, puisque ce sont des femmes, des féministes extrémistes qui ont pris le pouvoir, réduisant du même coup la gent masculine au statut de « larbins » qui ne trouvent grâce à leurs yeux qu’en faisant « offrande » de leurs attributs masculins.
   
   Le lecteur va suivre cette visite officielle et découvrir un état totalitaire à l’image de tous ceux que nous connaiss(i)ons. L’auteur n’a rien inventé. Rien de nouveau à l’horizon ! On bâille d’ennui !
   
   Le seul intérêt se trouve peut-être dans la dénonciation des intellectuels qui se laissent parfois embarquer dans ce genre d’aventures et y perdent tout leur esprit critique…
   
   Donc voilà, rien d’extraordinaire.

critique par Alianna




* * *