Lecture / Ecriture
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La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

Tracy Chevalier
  Récital des anges
  Prodigieuses Créatures
  La jeune fille à la perle
  La dame à la licorne
  La dernière fugitive
  A l'orée du verger
  L'innocence

Tracy Chevalier est une écrivaine américaine née en 1962 et vivant à Londres.

La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier

Lire avec des yeux d'artiste!
Note :

   Résumé
   La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
   
   Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...
   
   
   Commentaire

   J'ai passé un très bon moment de lecture. Après les nombreux 10/10 vus un peu partout, je n'en attendais pas moins!!! J'ai apprécié chaque moment de cette lecture, mais je me demande quelle impression j'en aurai dans 6 mois... Je ne sais pas si elle a été si marquante que ça. Le fait d'écrire les critiques rapidement ne nous laissent parfois pas le recul nécessaire pour savoir si ce livre nous a réellement marqués! À voir!
   
   D'abord, même en traduction (impossible de mettre la main dessus en VO par ici!), j'ai trouvé l'écriture très fluide, très belle, la traductrice a fait un très bon travail et le texte original doit aussi avoir ces qualités. Il n'est pas évident, en décrivant des tableaux, de garder un style accessible, doux et agréable à lire. Je crois que ce que j'ai apprécié le plus, dans le roman, ce sont d'ailleurs les descriptions de tableaux, plus vraies que nature. Dans le roman, on parle de plusieurs œuvres et décrit la création de d'autres. Ceci m'a poussée à aller voir les tableaux de Vermeer et à m'informer sur sa vie. Cette jeune fille à la perle est vraiment un merveilleux tableau.
   
   J'ai aussi aimé l'idée de partir d'une œuvre et d'imaginer ainsi la personne qui en fut l'inspiration. J'ai dû observer la reproduction pendant au moins une heure, par petites périodes, tentant de capter son expression, ses pensées. J'ai bien aimé le personnage de Griet ainsi que la peinture de la vie de l'époque; les classes sociales, les convenances, le quotidien. J'ai aussi aimé la complicité artistique entre le maître et la servante.
   
   J'ai tout de même perçu ce livre comme le récit de la perte de l'innocence, au sens propre comme au sens figuré. Si au début elle n'est qu'une enfant quand elle court voir sa famille lors de la quarantaine, elle ne l'est plus quand elle quitte la maison Vermeer. J'ai adoré cette phrase, répétée à ces deux occasions: Seuls les voleurs ou les enfants s'en vont en courant. C'est aussi le portrait d'une servante, qui n'a plus le contrôle total de sa destinée, appartenant presque à ses maîtres. C'est presque choquant - même si je sais bien ce que c'était à l'époque - d'entendre Griet mentionner qu'au fond, une servante, ça ne coûte rien.
   
   Si j'ai aimé me plonger dans cet imaginaire et dans le regard et les pensées de cette jeune fille à la perle, le personnage de Cornelia m'a franchement énervée. Je n'aime pas les personnages qui sont tout noirs ou tout blancs... et c'est le cas pour celui-ci. De plus, quand un personnage fait ou dit quelque chose de mesquin, nul besoin de rajouter "méchamment" ou "de façon cruelle" ... Mais ce n'est qu'un petit détail à travers une lecture plus qu'agréable. J'ai aimé y croire, même si je sais que ce n'est que fiction, même si je sais que l'intuition artistique de Griet est improbable... J'ai aimé lire en couleur... lire avec des yeux d'artiste! Reste à voir ce qui va en rester!
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critique par Karine




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La lâcheté du peintre mais aussi son génie
Note :

   Je n'aime pas beaucoup les récits historiques d'habitude mais celui-ci en est-il vraiment un?
   
   Delft, 1664. Le peintre Johannes Vermeer et sa femme Catharina, constamment enceinte, ont choisi Griet comme servante, une jeune fille de 17 ans dont le père, peintre sur faïence devenu aveugle, ne peut plus travailler. Dès leur rencontre, le peintre s'intéresse au talent de coloriste que semble avoir la jeune fille. Pour faire la soupe, elle a rassemblé les légumes sur la table selon leurs couleurs. Il l'interroge sur ses intentions, ce qui agace profondément sa femme déjà jalouse de l'attention qu'il lui porte. Par la suite, Griet deviendra la typique servante bonne à tout faire d'autrefois, livrée à toutes les volontés de ses maîtres et que personne ne peut défendre. Elle passe son temps à faire toutes les basses besognes de la lessive et du ménage jusqu'au jour où le peintre,conscient de ses talents, lui confie la préparation de ses couleurs. Cette distinction, naturellement l'isole encore plus, accroissant l'envie et la jalousie des uns et des autres autour d'elle. Griet, elle, est heureuse ainsi: enfin, le peintre travaille davantage et finit plus vite les tableaux commencés, ce qui apporte l'argent si nécessaire à cette famille très endettée! Un jour, de manière inattendue, il va même faire poser en secret la jeune fille pour en faire le portrait. Quand celui-ci semble terminé, il n'est cependant pas satisfait. Il manque un détail pour le rendre parfait. Griet sait très bien ce dont il s'agit mais évite de le lui dire pour ne pas déclencher la colère jalouse de sa femme. Que choisira Vermeer lorsqu'il découvrira enfin la petite touche de couleur qui manque à son tableau? Entre Griet et son art hésitera-t-il seulement un instant? La présence de la perle dans le tableau prouve la lâcheté du peintre mais aussi son génie. Toute la suite du roman découle de ce bijou. L'art l'emporte sur l'amour platonique qui semble avoir existé entre le peintre et sa servante. Rien n'est exprimé, tout est imaginé, supposé, inventé peut-être. Vermeer et les autres personnages du récit sont peu sympathiques. Seule la jeune fille est attachante. C'est d'ailleurs essentiellement la renommée du peintre et la perfection de ses tableaux qui magnifient cette humble histoire et qui la rendent si intéressante. Maintenant il me reste à voir le film.

critique par Mango




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