Lecture / Ecriture
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Les routes de l'imaginaire de Hella S. Haasse

Hella S. Haasse
  Le génie du lieu
  Les seigneurs du thé
  Les routes de l'imaginaire
  Un long week-end dans les Ardennes
  En la forêt de longue attente
  Des nouvelles de la maison bleue
  La source cachée

Hélène Sérafia Haasse, dite Hella S.Haasse.
Auteur néerlandaise, née en 1918, décédée en 2011

Les routes de l'imaginaire - Hella S. Haasse

Cinq récits tressés
Note :

   Titre original: De Wegen der Vebeelding ; 1983.
   
   
   Mis en exergue : «Ce qui nous plaît le mieux dans toute la nature, ce n'est pas ce qu'on voit, c'est ce qu'on se figure.»
   
   Voilà un roman qui m'attend depuis le Salon du livre dont l'invité était les Pays-Bas (cela fait très longtemps...).
   
   Le roman est découpé en portions de texte plus ou moins longues, séparées les unes des autres par des blancs. Certains de ces paragraphes occupent plusieurs pages.
   
   Maya voyage avec ses trois enfants dans la cabine d'un camionneur, Joop. La voiture familiale est en panne. Klaas et Paya devaient gagner le sud de la France pour des vacances studieuses. Le couple travaille pour un magazine de littérature «L'Enigme». Le directeur de la revue a commandé à Klaas une série policière qu'il doit écrire dans une propriété privée à Menton.
   Pas facile pour Klaas qui ne voudrait s'occuper que de B. Mork, le poète dont il a découvert par hasard, les œuvres «Aubades à Eve», ( sensuels et érotiques) et des «Principes de recomposition» ensemble de réflexions destinées à se mettre à distance de sa passion.
   Il a aussi écrit «Lettres à Baucis», le personnage à qui il s'adresse étant probablement sa compagne vieillissante.
   Maya est un peu choquée que Klaas l'ait laissée partir avec un routier alors qu'il gagne le midi par ses propres moyens.
   Arrivés à Menton, Maya et Klaas sont indisposés par le gardien de la propriété, Achille Secondi qui semble effrayé et doit "cacher quelque chose dans le jardin".
   Le couple pense que ce «quelque chose» est le cadavre de la vieille dame dont on leur a dit qu'elle voyageait à l'étranger, en lui laissant sa demeure à garder...
   Les jours passent, l'atmosphère est tout ensemble perturbée et excitante...
    Toute la famille s'intéresse au mystère de la vieille dame disparue.
   
   Klaas travaille aussi à écrire une présentation de l'œuvre de B. Mork.
   A Amsterdam il n'a pu rencontrer qu'une vieille dame farouche qui lui a donné un dossier, sa fille apparemment innocente, un homme paralysé sur une photographie, et un vieux monsieur qui avait connu B. Mork. Aucune de ces personnes ne lui a paru susceptible d'être l'auteur de cette œuvre. En même temps qu'il le lit et le commente, il s'interroge sur l'identité de cet écrivain...
   
   Maya s'essaie à l'écriture, elle aussi. Son récit s'intitule «Histoires du routier». Ce sont les récits que le camionneur lui a relatés pendant le trajet. Des histoires de fantômes et d'ensorcellement, se produisant dans la vie quotidienne.
   
   
   Nous lisons ces cinq récits, en alternance avec les méditations de Klaas sur Mork, de nombreuses citations de son œuvre à l'appui, le schéma de son roman policier de commande, le mystère de la vieille dame disparue, et les problèmes familiaux de Maya et Klaas (vie du couple et observation inquiète des faits et gestes des enfants).
   
   Beaucoup de récits qui se veulent différents dans le contenu et la forme et qui, pourtant, racontent la même chose: comment on est ensorcelé par des fantômes (les personnages des récits, la vieille dame disparue, le mystérieux B. Mork...) et comment Joop résiste toujours, lui!
   
   
   Le roman est intéressant, a le mérite d'être ambitieux, mais je me me suis ennuyée de temps à autre. Les histoires de fantômes du routier sont trop courtes pour installer une autre atmosphère,(c'est tout le problème des nouvelles brèves...) ou les mots sont mal choisis, et ne m'ont pas séduite.
   
   Les recherches de Klaas sur Mork, ses réflexions sur l'œuvre, m'ont intéressée, un autre petit bémol, les poèmes d'amour du mystérieux écrivain, j'ai eu l'impression d'en avoir souvent lu de semblables. Les Principes de recomposition sont meilleurs (on croit une réponse à Cioran...) Quant aux lettres à Baucis, je n'y comprends rien!
   
   La transformation de Maya, mère de famille et ménagère exemplaire, en conteuse tout aussi pleine de talent, est un peu trop rapide pour être crédible. Les mots viennent facilement sous sa plume qui n'a encore jamais servi!
   On voudrait un apprentissage plutôt qu'un enchantement un peu puéril...
   
   Tout ce qui se rapporte à la vie du couple, aux enfants, ainsi qu'à l'atmosphère mystérieuse de leurs vacances, est en revanche excellent.
   
   Un livre à relire plus tard. L'impression d'avoir manqué quelque chose.

critique par Jehanne




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