Lecture / Ecriture
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Les sortilèges du cap cod de Richard Russo

Richard Russo
  Un rôle qui me convient
  Le déclin de l'empire Whiting
  Le phare de Monhegan et autres nouvelles
  Quatre saisons à Mohawk
  Le pont des soupirs
  Un homme presque parfait
  Les sortilèges du cap cod
  Ailleurs

Richard Russo est un écrivain américain né en 1949. Il a obtenu le prix Pulitzer en 2002 pour "Le Déclin de l'empire Whiting".

Les sortilèges du cap cod - Richard Russo

Le moins abouti des Russo
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   
   "Professeur dans une université du Connecticut, Jack Griffin est invité au cap Cod avec sa femme Joy, le temps d'un mariage. Le week-end, qui s'annonçait enchanteur, se révèle dévastateur. Il sonne le glas du couple, réveille les espoirs déçus, les conflits jamais résolus. Joy regagne le Connecticut, tandis que Jack part pour Los Angeles. Un an plus tard, le mariage de leur propre fille scelle leurs retrouvailles. Elles sont d'autant plus mouvementées que, cette fois, Jack transporte non seulement les cendres de son père, dans le coffre de sa voiture depuis un an et demi, mais aussi celles de sa mère, décédée six mois plus tôt, et dont l'esprit sarcastique ne le lâche pas une seconde."

   
   
   De Russo, j’ai tout lu ou presque… Et tout adoré… Alors c’est avec une grande impatience que j’ai ouvert son nouveau roman au titre enchanteur. Et pourtant, en le refermant, c’est la déception qui prime.
   Professeur d’université dans le Connecticut, Jack est invité avec sa femme à un mariage. Ce qui aurait dû être l’occasion d’une escapade en amoureux. Mais l’heure de la séparation a sonné…
   On retrouve les thèmes chers à Russo, la famille, au premier rang de laquelle le couple infernal des parents de Jack et le couple «idyllique» des parents de sa femme Joy, les relations parents-enfants, les non dits…
   
   Emballée par le début du roman, je suis cependant restée à mi parcours sur ma faim. Certes, il se lit plaisamment et ceux qui n’ont jamais lu Russo l’apprécieront sans doute beaucoup. Pour les autres, ils trouveront certainement comme moi que ce dernier opus a beaucoup moins de consistance que son précédent, le sublime «Le pont des soupirs» magnifiquement orchestré de bout en bout.
   
   Pour celui-ci, même si l’humour est toujours au rendez vous et certains passages particulièrement truculents comme le transport dans sa voiture des cendres de son père ou les coups de fil intempestifs de sa mère, toujours en train de râler, le roman ne me semble pas suffisamment travaillé et reste donc pour moi superficiel et pas assez fourni. Dommage!
   
   
   
    Rentrée littéraire 2010
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critique par Éléonore W.




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Pas assez confiance
Note :

   "Il ne leur faisait pas assez confiance - au monde à elle, à lui-même et à leur belle vie-, ce qui l'amenait à comprendre les choses de travers."
   
   Deux mariages comme autant de bornes entre lesquelles nous suivrons le parcours à la fois géographique (entre côte Est et côte Ouest des Etats-Unis), introspectif et temporel (retours dans le passé) de ce sympathique quinquagénaire, Jack, qui fait le bilan de sa vie, de son mariage qui commence à battre de l'aile) et de ses relations avec ses parents et beaux-parents.
   
   Il apparaît perpétuellement écartelé entre deux visions de la vie, deux emplois (prof de fac ou scénariste) et deux familles (la sienne qu'il fuit et celle de sa femme qu'il snobe consciencieusement). Mais possède-t-il une juste vision des faits?
   
   Il pourrait être exaspérant ce cher Jack mais il est juste humain et ô miracle, il est même capable de reconnaître - du moins in petto -ses torts!
   
   Echappe-t-on jamais aux automatismes familiaux? C'est bien difficile, surtout si comme notre héros on est doté d'une mère à la fort personnalité : "La mère de Griffin était en très grande forme. Si on relevait une de ses vacheries, elle rebondissait sur une autre. Vouloir lui rabattre son caquet revenait à tenter d'enfermer un chat dans un sac : il restait toujours une patte dehors et on n'en sort jamais indemne."
   
   Le roman prend plus son temps dans la seconde partie, la mélancolie pointe le bout de son nez, mais on n'abandonne pas pour autant l'humour vachard, marque de famille des Griffin quoi qu'il lui en coûte de l'admettre, et on en redemande! La répétition du dîner de mariage est un spectacle à ne pas manquer, de quoi donner des sueurs froides aux futures mariées!

critique par Cathulu




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