Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les soldats de l'aube de Deon Meyer

Deon Meyer
  Lemmer l'invisible
  Les soldats de l'aube
  Le pic du diable
  Jusqu'au dernier
  Treize heures
  A la trace

Deon Meyer est un auteur sud-africain de romans policiers, né en 1958. Il écrit en afrikaans.

Les soldats de l'aube - Deon Meyer

Avant et après la fin de l'apartheid
Note :

   Présentation:
   «Zatopec, dit "Zet", van Heerden fut un brillant officier de police de la brigade des vols et homicides du Cap, en Afrique du Sud. Pour l'heure, il s'applique à traîner, de bar en bar, une culpabilité dévorante et une violence à fleur de peau. C'est donc presque malgré lui qu'il est amené à enquêter, pour le compte de l'avocate Hope Beneke, sur le meurtre de Johannes Jacobus Smit, tué d'une balle de M16 dans la nuque après avoir été torturé.»

   
   
   Pourquoi l'ex-policier "Zet" van Herdeen sabote-t-il avec autant de persévérance sa vie?
    Est-ce lié, comme chacun le croit à la mort de son coéquipier et mentor?
    Ou cela est-il plus complexe?
   Pour lui désormais toute relation ne peut s'envisager que dans un rapport de forces...
   La recherche, en temps limité, d'un testament va pourtant le remettre en selle et prouver que l'ancien policier n'a rien perdu de ses talents car, très rapidement, il va se rendre compte que le défunt assassiné et torturé à la lampe à souder cachait soigneusement un très lourd passé...
   
   Deuxième roman de Deon Meyer traduit en français, "Les soldats de l'aube" nous montre la société sud-africaine avant et après la fin de l'apartheid. Une société où les femmes jouent un rôle important, femmes fortes qui savent tout à la fois se montrer tendres mais aussi dégommer à coups de bêche ou d'armes à feu tous ceux qui voudraient attenter à leur vie... Des femmes comme on les aime, quoi!
   
   L'intrigue est tendue par le délai à respecter pour la validité du testament (une semaine) et entrecoupée par des retours en arrière rédigés à la première personne qui éclairent peu à peu le comportement auto-destructeur de "Zet".
   
   Efficace et prenant. De quoi passer un excellent moment.
   ↓

critique par Cathulu




* * *



Fils à maman
Note :

   Titre original : Dead At Day Break
   
   Nous sommes à Johannesburg. Zatopeck Van Heerden, dit " Zet", est un policier alcoolique et dépressif comme c’est souvent le cas. Son collègue Kemp lui confie une affaire pour tenter de le remettre à flot.
   Un certain Johannes Jacobus Smit a été assassiné, torturé à la lampe à souder, et cambriolé car son coffre est vide. Ce coffre devait contenir un testament en faveur de Wilma sa maîtresse, et sans doute des dollars américains reconnus à un emballage oublié par le ou les tueurs.
   Van Heerden est mis en relation avec Hope, avocate de Wilma. Il découvre que Smit était un nom d’emprunt. Le défunt se dissimulait sous une fausse identité depuis des lustres.
   Pendant sept jours d’enquête, Zet va de surprise en surprises, car la victime a eu un passé tourmenté qui plonge ses racines dans des faits anciens que d’autres personnes ne veulent pas voir ramenés au grand jour.
   
   Pendant la durée de l’enquête, en alternance, Van Heerden raconte sa vie, en vue d’expliquer pourquoi il est si dépressif. Sa vie c’est trente huit ans, orphelin de père très jeune, proche de sa mère , des aventures amoureuses qui tournent mal, la vocation de policier…
   
   J’ai eu un peu de mal avec ce roman que j’ai failli lâcher à plusieurs reprises. Le côté policier n’est pas en cause. Cette enquête est fort bien menée, conduit à des faits intéressants, en rapport avec l'histoire du pays, avec ce qu’il faut d’action.
   Mais le récit autobiographique de Van Heerden m’a ennuyée, car je l’ai trouvé bien conventionnel dans on traitement, plein de cliché, et trop sentimental. Ce récit n’a rien à voir avec l’affaire en cours ne s’y rattache à aucun moment. Zet est un fils à maman, voilà le bilan, et cela se confirme à la fin du livre : sa nouvelle amie est aussi une amie de sa mère etc.
    ↓

critique par Jehanne




* * *



Afrique du Sud et les séquelles de l’apartheid
Note :

   Les polars ont ceci de particulier que, bien menés, ils peuvent en dire beaucoup sur une société donnée, l’état de cette société. Il faut bien entendu que l’auteur ne se contente pas de peaufiner son intrigue, d’y coller totalement et d’occulter le reste. C’est ce que font des Michael Connelly, Henning Mankell, James Lee Burke, Andrea Camilleri, Gunnar Staalesen… chacun à leur manière.
   C’est ce que fait également Deon Meyer, en outre sur une société qui nous est peu connue ; la société sud-africaine, une société compliquée s’il en est, la sortie de l’apartheid se révélant évidemment d’une très grande complexité.
   
   Donc, Deon Meyer et la société sud-africaine. Via un policier déchu (ça fourmille de policiers déchus dans les polars modernes, l’antithèse absolue des super-héros d’antan) Zatopek Van Heerden (Zet pour les intimes), qui passe la nuit en cellule de dégrisement quand on fait sa connaissance – quand on vous dit déchu!
   
   Son ex-collègue va le sortir de là pour lui confier une mission aux relents de soufre. L’avocate, Hope Beneke, une toute fraîche veuve, recherche un enquêteur de talent pour démêler un imbroglio concernant le testament de l’assassiné Johanes Jacobus Smit, torturé puis tué d’une balle dans la tête. Zet a une semaine pour mettre la main sur, ou identifier, le testament, sinon la veuve pourrait tout perdre. Deon Meyer a choisi de nous raconter cette enquête en l’entrelardant de confidences de Zet sur sa vie passée, nous permettant d’une part de comprendre pourquoi un officier de police brillant peut en arriver à cet état de déchéance mais d’autre part parce que ce passé ne sera pas sans rapport avec le dénouement. Rien à redire de l’enquête, c’est bien mené, cohérent et haletant. Les apartés sur la société sud-africaine sont éclairants.
   
   Une lecture d’intérêt qui ne se résume pas à suivre une enquête. Deon Meyer a choisi d’incarner un homme complexe en matière de héros : rien à redire à cela. Quand même, on n’efface pas le passé d’un coup d’éponge et les séquelles de l’apartheid vont hanter encore longtemps l’Afrique du Sud…

critique par Tistou




* * *