Lecture / Ecriture
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La peur qui rôde et autres nouvelles de Howard Phillips Lovecraft

Howard Phillips Lovecraft
  Epouvante et Surnaturel dans la Littérature fantastique
  Le monstre sur le seuil
  Celui qui chuchotait dans les ténèbres
  La peur qui rôde et autres nouvelles
  Les Montagnes hallucinées
  Le témoignage de Randolf Carter
  Par-delà le mur du sommeil et autres nouvelles
  L'appel de Cthulhu
  Le temple
  L'Affaire Charles Dexter Ward
  La Cité sans nom
  La couleur tombée du ciel

Howard Phillips Lovecraft est un écrivain américain d'horreur, de science-fiction et de fantastique, né en 1890 et décédé en 1937.

La peur qui rôde et autres nouvelles - Howard Phillips Lovecraft

Horreur! Terreur!!
Note :

   Quatrième de couverture: 
   « Une maison hantée, un orage qui déchire la nuit, des villageois terrifiés par des légendes à vous glacer le sang, des ombres mystérieuses et des secrets pas assez bien gardés. Voici un bref aperçu de l'univers étrange et fantastique dans lequel vous plongeront ces nouvelles. Amateurs de frissons, découvrez vite ces quelques textes de l'un des maîtres de l'épouvante! »

   
   
   "La peur qui rôde" est un recueil de trois nouvelles comprenant "La maison maudite" et "La tourbière hantée". Le thème de ces trois nouvelles reste l'épouvante et la montée en puissance du sentiment d'angoisse. Comme je l'expliquais pour "Celui qui chuchotait dans les ténèbres", ce qui fait l'attrait des écrits de Lovecraft est cette atmosphère si bien restituée d'un réel qui est en proie avec des puissances obscures, souvent souterraines et maléfiques, qui prennent un malin plaisir à déraisonner l'humain.
   
   Des phénomènes étranges et inconnus qui mettent en doute la logique des choses et qui dépassent l'entendement. Je crois bien que seul, Lovecraft a cette capacité de ne pas nommer ces créatures mais qui néanmoins sont tellement présentes dans les esprits qu'il est difficile de ne pas succomber à une peur irrationnelle. Les nouvelles de Lovecraft sont frappées d'une confusion ténébreuse et troublante: tout suit un même déroulement. Des phénomènes inexpliqués, des coupures de journaux qui relatent les faits, des témoignages bouleversants, un mystère de plus en plus croissant qui suscite l'intérêt et la curiosité d'un homme toujours très scientifique qui cherche à comprendre et à étudier les preuves de manière exhaustive. Lequel se trouve un jour ou l'autre mais souvent en pleine nuit, confronté à la bizarrerie et à l'indicible, avec cette petite montée d'adrénaline qui l'accompagne dans ses découvertes fantasmagoriques.
   
   Lovecraft maîtrise cet aspect de la nouvelle horrifique, une littérature qui a pour principe de noyer le réel et l'espace, de brouiller les frontières du réel pour entrer dans les confins d'un fantastique rempli d'effroi. Si il fallait retenir un point commun entre toutes les nouvelles, ce serait bien évidemment ces images cauchemardesques qui plongent l'homme dans une solitude abyssale où les forces hostiles provoquent une intensité pénétrante. Le vocabulaire lovecraftien est un vocabulaire de la métamorphose: état liquéfiant, vaporeux, appelée "la chose" dont les couleurs sont hideuses, jaune verdâtre, putride, venue des plaies de l'enfer.
   
   Lovecraft dépeint des créatures abominables dont l'origine se trouve cependant dans l'être humain et conduit à une métamorphose malsaine, nous rappelant sans cesse que l'humanité est une matière confuse, éphémère. Inévitablement, sans tomber dans un manichéisme, on a peine à discerner le rêve de la réalité et cette peur de l'inconnu est un rappel significatif de notre état de mortel. Cette peur de la chose exprime tout simplement un état qui nous ramène à notre humanité dont la mort elle-même.
   
   On peut voir dans les écrits de Lovecraft le talent certain pour raconter l'horreur, décrire l'épouvante et le considérer comme le maître de l'angoisse mais ce qui est plus caché et plus profond dans ses nouvelles est cet aspect fondamental: l'horreur n'est qu'un moyen pour montrer que l'homme est un être torturé, tourmenté par l'idée de sa propre fin...

critique par Laël




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