Lecture / Ecriture
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Silas Marner de George Eliot

George Eliot
  Middlemarch
  Silas Marner
  Le Moulin sur la Floss

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, George Eliot n'est pas un homme, mais une femme. C'est en effet sous ce nom que Mary Ann Evans, romancière britannique née en 1819 et décédée en 1880, publia ses romans.

Silas Marner - George Eliot

Terne
Note :

   Silas Marner est tisserand. Il vivait une vie exemplaire comme membre de l’Église de la Cour de la Lanterne. Mais son ami William Dane le trahit, le faisant accuser d’un meurtre qu’il a lui-même commis: il doit quitter son village. Il part et s’installe à Raveloe où il vit seul, amassant l’argent, y prenant goût petit à petit, jusqu’à compter chaque soir ses guinées. Le notable du coin, le squire Cass, a deux fils: Godfrey l’aîné et Dunsey, un bon à rien qui dépense plus qu’il ne peut et fait chanter son frère. Car Godfrey a un secret: il est marié à une paysanne ivrognesse et droguée à l’opium. Il ne veut bien sûr rien dévoiler de cet infâme mariage qu’il regrette, mais ne peut cependant pas combler les espoirs de son père en se mariant à miss Nancy Lammeter. Dans sa lâcheté, il remet toujours à plus tard le moment de tout avouer à son père et de sceller son destin.
   
   On pourra trouver à ce roman le charme un peu désuet des romans anglais du XIXe siècle, mais pour ma part, je ne lui ai pas trouvé beaucoup de charme. Les personnages sont tous assez ternes, l’intrigue plutôt ténue durant la première partie (deux cent trente pages, quand même) et la fin terriblement morale. Et pas un brin d’humour pour alléger ce triste tableau. Bien sûr, la peinture de l’Angleterre rurale est certainement très réaliste et certains aspects psychologiques sont touchants (en particulier l’amour de Silas pour l’enfant qu’il en vient à considérer comme sa fille), mais c’est trop peu à mes yeux pour en faire une lecture mémorable et marquante. Je crois que c’est l’aspect moralisateur et démonstratif qui m’a le plus gênée: le père absent puni, l’homme racheté par l’amour d’un enfant, l’amour pur de deux jeunes villageois, le peuple victime de l’alcool et de la drogue, les riches irresponsables… ça fait beaucoup surtout quand le propos est dénué de toute légèreté.
   
   Silas Marner parution en Grande-Bretagne : 1861
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critique par Yspaddaden




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A savoir: George Eliot et George Sand sont des femmes
Note :

   Silas Marner est tisserand dans un petit village de l'Angleterre, au début du XIXe Siècle. Il est arrivé dans le village après avoir été exclu de sa communauté, suite à une dénonciation calomnieuse de la part de son meilleur ami. Il consacre tout son temps au travail, et voue un culte de plus en plus important à son sac de guinées en or qui grossit. Mais quand ce dernier disparaît, par une nuit de pluie et de brouillard, Marner voit son monde s'écrouler. Le village le prend enfin en considération, et il en devient même la coqueluche lorsqu'il décide d'élever Eppie, une petite orpheline qu'il a trouvée un soir devant se cheminée. Eppie devient le centre de sa nouvelle vie, mais son père, que personne ne connaît, caresse toujours l'espoir de récupérer la jeune fille.
    
   Ce doit être la première fois que je lis un roman écrit par une anglaise du XIXe Siècle. Car George Eliot est une femme, moins connue que certaines de ses contemporaines (Austen, Brontë ou Gaskell), mais qui est considérée comme un auteur classique de l'époque. Voilà donc encore un classique que je viens de découvrir.
     
   Deux choses m'ont frappé dans ce roman. La première est la description du village, avec ses conventions sociales, car on ne mélange pas les différentes classes. L'Arc-en-ciel, le troquet du village, est le lieu de rencontre des villageois, et le salon du squirrel Cass est celui des bals, des dîners, où tous les convives rivalisent dans leurs tenues. Les deux mondes ne sont pas imperméables (le médecin ou les hommes de religion peuvent assister aux deux), mais il est évident que les comportements y sont très différents. Ainsi, l'arrivée de Marner au cours du bal est une intrusion beaucoup plus étrange que celle au troquet quelques temps auparavant. La description du village permet également la mise en exergue des ragots, des cancans, des stéréotypes qui laissent à l'écart ceux dont on ne comprend pas le comportement. C'est ce qui arrive à Marner à son arrivée.
    
   La deuxième chose, c'est la naïveté de l'histoire d'amour racontée: Godfrey Cass veut épouser Nancy Lammeter, mais il est secrètement marié à une serveuse de bar. Je ne voudrais pas paraître désobligeant, mais cette partie du récit m'a paru assez harlequinesque*. Si cette histoire reste secondaire, elle occupe toutefois une place relativement importante, notamment au centre du roman. Mais la personnalité de Marner, son amour pour Eppie et sa renaissance à la vie permettent d'oublier, au final, cette partie moins convaincante du récit.
    
   Un classique que je suis content d'avoir découvert, même si les nombreuses références religieuses, et la moralité de l'histoire (on finit toujours par être récompensé lorsqu'on a rien à se reprocher) ne sont pas ma tasse de thé. Je ne sais pas si Eliot est typique des romans anglais du XIXe Siècle, mais je crois que cette catégorie littéraire n'est pas forcément ce qui m'attire. Mais je ne demande qu'à être surpris...
   
   
   * Digne des romans à l'eau de rose de la collections Harlequin

critique par Yohan




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