Lecture / Ecriture
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Chambre 12 de Pascal Garnier

Pascal Garnier
  Lune captive dans un œil mort
  La Théorie du panda
  Les Hauts du bas
  Le Grand Loin
  Comment va la douleur?
  Chambre 12
  L'A 26
  Vue imprenable sur l’autre
  Cartons
  Trop près du bord
  Nul n'est à l'abri du succès
  Flux
  Dès 09 ans: Demain, on lève l’ancre

Pascal Garnier est un écrivain français né le 4 juillet 1949 à Paris et mort le 5 mars 2010 en Ardèche.
Il a écrit une vingtaine de romans, dont des policiers.
Il a obtenu le prix du festival Polar dans la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines en 2001, avec «Nul n'est à l'abri du succès» et en 2006, le Grand Prix de l'humour noir avec «Flux».

Chambre 12 - Pascal Garnier

Mais qui est Uta?
Note :

   Je retrouve dans ce court roman lu après «Le grand loin» mais écrit quelques années auparavant, le thème de la perte de sens de l'existence chez un homme d'âge mûr devenu passif, avec une sorte de voyage-fuite sans illusion en compagnie d'une femme à la personnalité forte, troublante et que l'on ne conseillerait pas forcément pour ce genre de virée.
   
   Sur cette base, il me semble que cette Chambre 12 est un peu moins réussie que l'excellent Grand loin dont il n'a pas la forte originalité. Le voyage reste ici plus convenu, déjà fait, déjà vu sans doute. Ce qui n'empêche pas ce roman d'être bon et tout à fait digne d'être lu car l'on y retrouve néanmoins la très belle écriture imagée de Pascal Garnier
   « Il n'aimait ni la pluie, ni le froid ni la chaleur, mais acceptait docilement les aléas de la météo et de la vie en général avec la reconnaissance humide d'un chien adopté.»
   

   Et j'ai retrouvé aussi, avec le même plaisir, son art du portrait et sa vision humaniste des êtres
   « Arlette portait une robe vert pistache auréolée de sueur sous les aisselles, une paire de lunettes noires à monture dorée et un sourire qui la faisaient ressembler à une grenouille épanouie accoudée au guéridon comme à une feuille de nénuphar. Ses chaussures, déformées par tant d'allées et venues, s'étalaient sous la table telle une paire de palme. Ce n'était pas désagréable d'être assis à côté de cette rainette gobant sa glace vanille fraise à petits coups de langue, juste un peu déroutant.»

   
   Oui, c'est dans l'art du portrait surtout que l'auteur excelle ici en une galerie qui nous ouvre un monde "humain trop humain", nous laissant seuls avec le soin d'en tirer les éclats de compréhension à notre portée.
   « Uta était accompagnée d'un type dont la jeunesse ne semblait avoir fait qu'une brève apparition dans sa vie, flou de la tête aux pieds, plus beige que gris. Ses oreilles diaphanes et son nez pincé prouvaient qu'il n'avait pas beaucoup de temps pour faire des projets d'avenir. Ses yeux regardaient en dedans, pareils à des nœuds de bois.»
   
   135 pages que je conseille donc tout à fait, tout en précisant que ce n'est pas ce que Pascal Garnier a écrit de mieux. Mais c'est bien quand même.

critique par Sibylline




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