Lecture / Ecriture
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L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson

Robert Louis Stevenson
  L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
  Le pavillon sur les dunes
  La Magicienne
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  La Bouteille endiablée
  Dès 09 ans: L'île au trésor
  Intégrale des nouvelles
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  Le Mort Vivant
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  Le grand Bluff
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Grand voyageur, Robert Louis Stevenson est un écrivain écossais né en 1850 à Édimbourg et mort en 1894 dans les Samoa d'une crise d'apoplexie.


L'écrivain japonais Nakajima Atsushi a consacré un roman à Stevenson : "La mort de Tusitala".

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde - Robert Louis Stevenson

Freud?
Note :

   Ce court roman est de ceux ? rares - qui ont franchi les frontières de la littérature pour pénétrer le monde de la vie réelle et y interférer. Il a posé un mythe nouveaux, une référence. Même ceux qui ne l'ont pas lu se risquent sans hésitation à utiliser ses métaphores, le Dr. Jekyll et Mr. Hyde nous appartiennent maintenant. Ils ont été intégrés à notre vision du monde.
   Ce roman a été publié en 1886, Sigmund Freud avait 30 ans et n'avait pas encore commencé à publier ses thèses qui ouvrirent au monde de nouvelles perspectives. Pourquoi est-il si difficile de parler du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde sans évoquer Freud ? Parce que, bien évidemment la vision que nous avons aujourd'hui de ce conte s'est totalement formée à travers ce que la psychanalyse a appris, même à ceux d'entre qui sont les plus étrangers à ce domaine. Mais n'est-ce pas une vraie faute, lorsqu'on se met en tête de jauger le roman de Stevenson ? N'oublions pas, je le répète que le roman est antérieur aux thèses freudienne et que donc, c'est dans un esprit vierge de ces considérations que Stevenson l'a écrit. Qu'avait-il donc en tête, lui, quand il lui a donné naissance?
   
   On dit qu'il a repris l'idée d'un cauchemar qu'il a fait. On dit aussi qu'il évoque le second homme, la «bête» que des substances comme l'alcool ou la drogue peuvent libérer en chacun de nous. Enfant de cette fin de 19ème qui voit la science transformer la vie humaine de façon très rapide et souvent imprévue, cette histoire, comme de nombreuses autres de la même époque, évoque une éventuelle/possible découverte scientifique originale qui irait encore plus loin que ce que ses concitoyens pouvaient à peu près prévoir. Peu après, H.G Wells allait poursuivre dans cette veine avec son homme invisible et sa machine à explorer le temps.
   
   Près de 100 ans après encore, ces thèmes nous fascinent toujours et, telle les cercles concentriques autour d'un caillou dans l'eau ont donné naissance à bien des pastiches, variations, exégèses autour de l'impact de ces idées/notions dans le lac de notre imaginaire le plus fondamental.
   
   Pour en revenir à «L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde», j'ai trouvé que ce roman, que je viens de relire, avait extrêmement bien vieilli. Les quelques tournures surannées ajoutent au charme, bien plus qu'elles ne peuvent en enlever. Le style de Stevenson se révèle résister parfaitement à l'épreuve du temps, ne poser aucun problème au lecteur du 21ème siècle et même, lui apporter beaucoup de plaisir.
   
   
   PS: Jean Pierre Naugrette a écrit des pastiches sur les thème du Dr. Jekyll et de Mr Hyde.
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critique par Sibylline




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Premières bases de l'inconscient
Note :

   Pas de doute, ce livre est bien étrange et on peut fort bien imaginer ô combien il a dû l’être à l’époque où il est sorti.
   
   Par cette histoire surnaturelle écrite en 1886, Stevenson, annonce, quelques dizaines d’années à l’avance, certaines théories qui seront développées par Freud sur les entités indissociables de la personnalité. Ces composantes que l’on ne peut séparer et qui mettrait en péril l’équilibre de toute personne si l’une d’elle devenait dominante.
   
   Il fonde ainsi, en précurseur, les première bases de l’inconscient en gestation encore à l’époque.
   
   Certes, de nombreux films ont été réalisés sur le sujet, mais jamais entièrement fidèles au texte.
   
   Alors, je recommanderais vivement cette lecture admirablement bien écrite dans un style efficace et déjà bien contemporain.
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critique par Véro




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C'est pas moi, c'est lui !!
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   "Le doppelganger ou le double fantomatique, était un sujet populaire pour les écrivain de la fin du 19e siècle et l'histoire la plus connue est celle écrite par Robert Louis Stevenson. [...]"

   
    Commentaire
   

   D'abord, en ouvrant mon livre, j'ai découvert qu'il s'agissait en fait d'un recueil de 6 nouvelles dont la première "Dr. Jekyll and Mr. Hyde" est la plus longue. Ce billet parlera donc uniquement de la première nouvelle et je ferai un autre billet pour les autres plus tard.
   
   Une petite explication pour commencer. Je connaissais parfaitement l'histoire du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde. J'avais même entendu parler de diverses théories qui voulaient que ce soit une fable en rapport avec la religion ou la culture victorienne. Mais la novella en tant que telle, je ne l'avais jamais lue. Et j'ai été la plus surprise du monde lorsque j'ai ouvert le livre et que j'ai réalisé ce fait.
   
   L'histoire du Docteur Jekyll nous transporte immédiatement dans le Londres du 19e siècle, avec ses lampes au gaz et, bizarrement quand on parle de ce genre d'histoire, de retenue. Parce que dans le roman de Stevenson, il n'y a pas de grande scène incroyable, pas de tout ce qu'on a vu au cinéma. L'écriture est fluide, un peu désuète mais plutôt sobre et sans débordement. Ce que j'ai trouvé quant à moi extraordinaire, c'est que l'auteur a réussi à me faire lire fébrilement ces pages et à faire monter le suspense - qui n'en était pas un - même si je savais parfaitement pourquoi le vertueux Dr. Jekyll semblait tenir à cultiver l'amitié de de Mr. Hyde, petit homme désagréable et semblant porté à des crises de violence et de méchanceté gratuite.
   
   C'est donc à travers les yeux de son avocat, Mr. Utterton que nous découvrons cette histoire. Ami du Docteur Jekyll depuis des années, il est dépositaire de son testament, au sujet duquel on a de sérieux questionnements, Quand l'un de ses amis lui rapporte une scène terrible, où un homme déplaisant a piétiné une enfant parce que celle-ci l'avait bousculé dans la rue, il fait aussitôt le lien avec le dit testament et décide de découvrir les liens qui lient le Dr. Jekyll, homme vertueux, droit et bon, à ce vilain personnage qu'est Mr. Hyde.
   
   C'est petit à petit qu'il découvrira la terrible vérité. Quand on sait, c'est évident, bien entendu. Mais j'ai trouvé ma foi l'histoire fort bien construite. Le rythme est rapide (c'est une novella. Pas de traîne, on avance vite dans l'histoire) et on ressent à travers les mots de Stevenson la perplexité, la crainte et la curiosité de Mr. Utterton face à cette histoire. Impossible également de ne pas être touché par la détresse du Dr. Jekyll qui a de moins en moins le contrôle de la situation.
   
   OK, ICI, JE RÉVÈLE DES CHOSES À PROPOS DE L'HISTOIRE ET DE LA RÉSOLUTION. JE SAVAIS, J'IMAGINE QUE PRESQUE TOUT LE MONDE SAIT, MAIS BON, JUSTE AU CAS OÙ, JE PRÉFÈRE PRÉVENIR.
   
   C'est une réflexion intéressante sur la dualité de l'homme qui est ici amenée. J'imagine que dans l'Angleterre victorienne, où l'apparence était très importante et où la vertu était prisée dans le bon monde et où il y avait un côté très "coincé", ce devait être encore plus d'actualité. Cette histoire fantastique c'est surtout l'histoire d'un homme qui ne savait pas composer avec les tons de gris qui faisaient partie de lui et qui a tenté de séparer les deux, avec un double qui retenait tout ce qu'il y avait de mauvais en lui, ainsi que la plupart des pulsions qu'il ne parvenait pas à assumer.
   
   Le contexte, bien entendu, est fantastique. Une potion, une perte de contrôle et une incapacité à finalement dominer les pulsions réprimées, le tout vécu dans une solitude immense, malgré le support que tentent d'apporter les gens qui sont proches. Et finalement, comme souvent, un regard extérieur qui ne pardonne pas.
   
   FIN DES RÉVÉLATIONS PAS-SI-CHOC-QUE-ÇA!
   
   Bref, j'ai beaucoup aimé et là, j'aurais bien le goût de lire des romans dérivés (qui en connaît?) et aussi de relire des bouts de Freud. Association d'idées impossible à ne pas faire dans mon cas!
   
   Et bon, Stevenson Forever, hein!

critique par Karine




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