Lecture / Ecriture
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La critique de l’école des femmes & L’impromptu de Versailles de Jean-Baptiste Poquelin - Molière

Jean-Baptiste Poquelin - Molière
  La critique de l’école des femmes & L’impromptu de Versailles
  L'école des femmes et la critique de l'école des femmes

La critique de l’école des femmes & L’impromptu de Versailles - Jean-Baptiste Poquelin - Molière

Le théâtre se met en scène
Note :

    Dans la série «théâtre dans le théâtre», après "L’illusion comique" et avant "Arsenic et vieilles dentelles", Molière a lui aussi parlé de cet art dans son œuvre. Dans "La critique de l’école des femmes" et "L’impromptu de Versailles", il en est en effet beaucoup question. Mais ces deux courtes pièces ont une place particulière dans l’œuvre de Jean-Baptiste Poquelin: elles servent à répondre à la polémique née suite à "L’école des femmes".
    
   Raison de la querelle: un succès acclamé par les pauvres gens, que les marquis, précieux et précieuses, auteurs et acteurs des autres troupes n’ont pas accepté. Mais aussi le reproche fait à Molière de se moquer à travers les paroles de ses personnages de personnalités que tout le monde a reconnues.
    
   "La critique de l’école des femmes" est la première réponse que Molière fait à ses détracteurs. Pour répondre aux accusations qui lui sont faites, il fait intervenir une précieuse (Climène), un marquis fat comme il aime à les dépeindre et un poète malade de jalousie (Lysidas). Pour leur répondre, Uranie puis Dorante se feront la voix de l’auteur et répondront à toutes les attaques. Ces attaques ne sont d’ailleurs jamais réellement étayées: elles reposent sur quelques termes utilisés dans la pièce («tarte à la crème», «tirer les oreilles»,…) ou sur interprétations que Molière se défend d’avoir (Le passage d’Agnès qui a perdu le ruban, même si le lecteur n’est pas totalement dupe du double jeu de l’auteur). Il moque l’exagération des reproches qui lui sont faits, avec Climène qui se trouve sur le point de défaillir. La querelle avec Lysidas, le poète, est l’occasion pour le dramaturge d’exposer sa vision de son art. Face aux figures tutélaires avancées par Lysidas (Aristote et Horace) et à ses expressions savantes (protase, épitase), Molière défend le goût du public, du plus grand nombre qui se plait à venir voir ses pièces. Dans le même temps, il réfute les accusations de Lysidas, qui lui reproche de ne pas respecter les règles classiques. De la modernité, mais point trop n’en faut! Molière défend également la comédie, face à la tragédie. Il souhaite que la comédie, qu’il juge plus difficile à écrire que la tragédie, soit reconnue au même niveau que la tragédie.
    
   "L’impromptu de Versailles" est la suite de la querelle de "L’école des femmes". Pour enfoncer le clou, Molière joue devant le Roi cette pièce qui parle de théâtre. Le spectateur assiste à la répétition d’une pièce de la troupe de Molière, pour laquelle les acteurs ne s’estiment pas près, alors que le Roi est sur le point de les recevoir. Après avoir raillé les manières des acteurs des autres troupes (donc ses concurrents), Molière (acteur lui-même) mène les répétitions. Bien entendu, Molière ne se gêne pas pour égratigner dans cette pièce les pédants, les précieux et ceux qui lui cherchent querelle. Et lorsque la répétition est sur le point de se terminer, ses acteurs lui demandent de faire une réponse plus virulente, plus franche à ses adversaires. Ce à quoi se refuse Molière, qui trouve cette réponse adaptée.
    
   Ces deux courtes pièces permettent à Molière, à travers l’art dramatique, de présenter sa vision du théâtre. Loin d’être un traité, elle donne quelques indications sur la manière dont il abordait son art. Elles sont également le symbole des querelles qui agitaient le petit monde parisien des troupes, des acteurs et de la Cour. Une querelle amène une réponse par une pièce (aujourd’hui, on aurait un malheureux communiqué de presse envoyé à l’AFP), à laquelle d’autres auteurs, souvent mineurs, ont également fourni une réponse. Finalement, Molière clôt de son côté la querelle avec "L’impromptu de Versailles". Une belle manière de mettre fin à cette dispute, qui ne sera pas sans conséquence pour les œuvres à venir de Molière (la censure de Tartuffe, l’année suivante, y est plus ou moins liée…)
    
   Deux petites pièces à découvrir pour tous les amateurs de théâtre!

critique par Yohan




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