Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Une virée dans le sud de Vidiadhar Surajprasad Naipaul

Vidiadhar Surajprasad Naipaul
  Le masseur mystique
  Miguel street
  Une maison pour Monsieur Biswas
  La traversée du milieu
  Dis-moi qui tuer
  Dans un état libre
  Guérilleros
  A la courbe du fleuve
  Crépuscule sur l'Islam - Voyage au pays des croyants
  L'énigme de l’arrivée
  Une virée dans le sud
  Un chemin dans le monde
  Comment je suis devenu écrivain
  La moitié d’une vie
  Semences magiques
  Le regard de L’Inde

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2010

Né en 1932 à Trinité-et-Tobago (îles des Antilles au large du Venezuela indépendantes depuis 1962), Vidiadhar Surajprasad (V. S) Naipaul a la nationalité britannique.
Son œuvre comporte des ouvrages de fiction et d'autres à caractère documentaire.
Couronné par de nombreux prix littéraires dont le Hawthornden Prize en 1964, le Booker Prize en 1971 et le T.S. Eliot Award for Creative Writing en 1986, il s'est finalement vu attribuer le Prix Nobel de Littérature en 2001.
Docteur honoris causa de plusieurs universités, il fut anobli par la reine Élisabeth en 1990.
Il est mort à Londres le 11 août 2018. Il avait 85 ans.

Une virée dans le sud - Vidiadhar Surajprasad Naipaul

Enquête au pays des oncles Sam et Ben
Note :

   V.S. Naipaul n’a pas écrit que des romans, que de la fiction. Là, c’est plutôt sous la casquette de «Grand reporter» qu’il entreprend cette enquête en 1987 (avril à décembre 1987), cette virée dans le sud. Le sud des Etats-Unis; Caroline nord & sud, Géorgie, Alabama, Mississipi, … Le sud cher à Faulkner, le sud ex-sécessionniste, le sud-profond patrie des cous-rouges, concept que va abondamment développer V.S. Naipaul. Grand reporter certes mais grand reporter écrivain et V.S. Naipaul ne se contente pas de «factualité». Il développe, interprète, y mêle son sentiment profond. Sentiment forcément orienté et partisan du fait de sa propre condition de déraciné (rappelons que si les racines de V.S. Naipaul sont hindoues – du nord de l’Inde – sa patrie est l’île de Trinidad, une île des Antilles où la problématique des populations déplacées, soit pour l’esclavagisme soit pour la main d’œuvre très bon marché, présente des convergences certaines.
   
   Une enquête menée par V.S. Naipaul, sur un tel sujet, n’est pas bradée et va occuper 394 pages serrées. Il va narrer ses rencontres avec des «figures» représentatives, noires pour la plupart, entre magistrats, hommes politiques, prédicateurs, hommes d’affaires, élus, écrivains et hommes de base; cous-rouges par exemple. C’est écrit «à la reporter», dans un style très lisible et une traduction impeccable. Aussi j’ai du mal à m’expliquer pourquoi il m’a fallu un temps réellement anormalement long pour en venir à bout (et voilà pourquoi les 3*)? Depuis j’ai lu de la fiction de V.S. Naipaul et j’ai positivement adoré. Alors … le style enquête … la nature de l’enquête … mon état d’esprit … ? On en sort néanmoins très conscient de la particularité, découlant directement de l’histoire troublée de ces états avec la guerre de Sécession, de ces États du sud et de leurs populations. Ceci V.S. Naipaul parvient à nous le faire toucher du doigt, et notamment la relation de ces populations avec la religion, sectes, sous-sectes, … (Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens, aurais-je tendance à dire, c’est réellement trop compliqué!).
   « - La tragédie du cou-rouge, c’est qu’il n’a pas choisi le bon ennemi. Je connais une excellente chanson. « Cous-rouges, chaussettes blanches et bière Ruban Bleu ». vous voulez l’entendre ? je ne suis pas musicien, mais j’aime bien les chansons populaires.
   Il quitta son haut tabouret, prit sa guitare et alla s’asseoir sur le canapé. Un chien noir au poil luisant était entré dans la cabane. Lorsque Will se mit à jouer de la guitare et à chanter, l’animal s’assit, fixant ses yeux étincelants sur la main qui grattait les cordes, écoutant la voix de son maître.
   « Non, nous n’allons avec ces gens à col blanc.
   Nous sommes un peu trop turbulents, trop bruyants.
   Mais je n’ai envie d’être nulle part ailleurs qu’ici,
   Avec mon cou rouge, mes chaussettes blanches, ma bière Ruban Bleu. » »

   
   
   Titre original: A Turn in the South (1989)

critique par Tistou




* * *