Lecture / Ecriture
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Les enchantements d'Ambremer de Pierre Pevel

Pierre Pevel
  Les enchantements d'Ambremer
  Les lames du cardinal
  La trilogie Wielstadt
  Haut-Royaume T1
  Haut-Royaume T2
  P comme: Le Paris des merveilles, T2 et 3

Pierre Pevel est un écrivain français de fantasy et de science-fiction né en 1968.

Les enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel

Bizarre, bizarre...
Note :

   Paris, 1909. Les messieurs portent la redingote, les dames des jupons, les voitures sont encore objet rare. Rien d'inhabituel si on oublie une tour Eiffel en bois blanc et un étrange château dans le lointain du bois de Boulogne. Celui d'Ambremer. Car les fées ont décidé de dévoiler aux hommes l'existence de l'OutreMonde, et nulle part ailleurs qu'à Paris, la féerie n'est aussi présente. Dans la vie comme dans la mort: une étrange série de meurtres défraie la chronique, meurtres sur lesquels Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan de son état, est chargé d'enquêter et qui vont le mener au coeur de dangers dont le moindre n'est pas Isabel de Saint-Gil, fée rénégate avec laquelle il est contraint de faire équipe. Notre magicien n'est pas au bout de ses peines...
   
   Ou comment découvrir la magie de Paris sous un autre angle: une tour Eiffel qui a une drôle de couleur, des sirènes dans la Seine, des arbres qui parlent, des animaux dotés de raison, des gargouilles vivantes, un métro dont le terminus est le royaume des fées, il y a de quoi faire rêver et frissonner!
   
   Ce à quoi s'emploie Pierre Pevel avec un beau bout de plume, une imagination débridée, un sens du rebondissement indéniable, un art de la mise en scène et du dialogue qu'on ne peut nier. On pense aux romans feuilletons, à Sherlock Holmes, à la Ligue des gentlemen extraordinaires, aux délicieux romans policiers de ces temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et à juste titre: l'auteur maîtrise son sujet et sait parfaitement glisser au fil des pages des hommages et des clins d'oeil qui font sourire. Il installe une ambiance au charme suranné, y fait se mouvoir des personnages hauts en couleur, et s'il n'échappe pas à quelques clichés et facilités, il veut manifestement se faire plaisir et faire plaisir à son lecteur ce qui est totalement réussi. J'ai passé quelques trop courtes heures de bonheur à suivre Louis dans ses aventures, à le voir se chamailler avec Isabel, côtoyer la police, explorer une bibliothèque magique qui me fait saliver et vivre de folles aventures, le tout emballé dans le style enlevé de Pierre Pevel qui m'en a fait oublier les quelques petits défauts que j'ai pu trouver à l'ensemble. Parce qu'il y en a: une fin un peu rapide, un univers qu'on aurait aimé pouvoir explorer un peu plus,des répétitions... Mais en face il y a ce croisement réussi entre roman policier, roman feuilleton, conte de fée et fantasy, un univers entraînant, confortable, amusant qu'on quitte à regret. Il y a ces créatures magiques qu'on croise avec plaisir, de gnomes en fées en passant par les elfes, les dragons, quelques membres des Brigades du Tigre, des sorciers maléfiques et un petit roi des rêves!
   
   "Il était une fois le Paris des Merveilles..." Effectivement, c'est à une belle balade dans Paris que nous convie Pierre Pevel. J'ai passé un excellent moment, trop vite terminé et qui me donne envie de mettre la main sur la suite des aventures de Louis et Isabel, apparemment trèèèès difficilement trouvable. Comme si c'était ce qui peut m'arrêter!
   
   
   Cycle Le Paris des merveilles
   
   1.Les Enchantements d'Ambremer, 2004

   2.L'Elixir d'oubli, 2004
   3.Le Royaume immobile
   ↓

critique par Chiffonnette




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Uchronie parisienne
Note :

    Présentation de l'éditeur
   
   "Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes... et une ligne de métro relie la ville à l'OutreMonde, le pays, et à sa capitale Ambermer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d'enquêter sur un trafic d'objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L'affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d'immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l'association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien."

   
   
   
   Commentaire
   

   J'avais entendu parler de ce roman en bien et en mal, et j'avais fortement envie de me faire ma propre opinion, comme toujours lorsque je lis des billets très divergents. Et là, je me retrouve une semaine après avoir fini ma lecture (vraiment, j'ai eu du mal à trouver des minutes pour écrire mes billets ces derniers jours) et je me retrouve bien embêtée pour en parler.
   
   En fait, sur le moment, j'ai trouvé ma lecture très plaisante. J'ai aimé le côté imaginatif, j'ai aimé me retrouver dans une version de Paris presque pareille mais pas vraiment. J'aime quand on décrit Paris, en bonne petite Québécoise, j'adore cette ville, je ne me lasse pas de lire à propos d'elle. J'ai aimé m'imaginer ces lieux que je connais habités par des créatures fantastiques, j'ai aimé l'atmosphère. Sauf qu'à part une image de gargouilles tueuses... j'ai limite oublié l'histoire.
   
   En feuilletant, ça va, je m'en souviens. Mais c'est tout de même un signe que si j'ai bien aimé sur le coup, je n'ai pas été pour autant marquée par le monde et les personnages, même si j'ai beaucoup aimé Isabel et surtout Azincourt le chat magique qui absorbe le contenu des livres en se couchant dessus. Je pense que c'est ce que j'ai préféré dans tout l'univers. Un chat comme ça, même un peu cynique, j'en veux bien un, en fait. Le héros, Griffont, est bien mais je ne m'y suis attachée qu'à la toute fin du livre... bizarrement, malgré les descriptions, j'avais un peu de mal à me l'imaginer.
   
   Ambremer, capitale de l'OutreMonde, semble sortir tout droit d'un dessin animé pour enfants. J'imagine qu'il y a quand même une dose de parodie là-dedans car entendons-nous, tout y passe! Mais j'ai quand même trouvé que cette atmosphère "idée-exacte-que-l'on-se-fait-du-merveilleux" allait avec le reste du roman. C'est mignon, on sent quand même un danger de la part des êtres de l'OutreMonde mais ça reste... mignon. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire. Oui, ils ne sont en sécurité nulle part, oui, ces gargouilles sont effrayantes, mais quand même, à la fin, ils s'en sortent un peu par une pirouette, non?
   
   Un roman facile à lire (j'ai même pensé un moment que c'était ciblé jeunesse, mais il semblerait que non), avec lequel j'ai passé un bon moment. Il reste quelques questions auxquelles nous n'avons pas de réponse et juste comme je m'étais attachée aux personnages... c'était terminé. Du coup, je lirais bien la suite, pour voir où ça s'en va et parce que bon, il y a Paris un peu uchronique et merveilleux. Le seul problème... il est épuisé. C'est quand même trop injuste, la vie.
    ↓

critique par Karine




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Mémoires d’OutreMonde
Note :

   Les éditions Bragelonne ont eu la fantastique idée de rééditer le premier tome du Paris des Merveilles. "L’Elixir d’oubli" était introuvable depuis plusieurs années, ce qui était diablement rageant, mais il se trouve désormais dans ma bibliothèque, tandis que l’ami Pevel a eu la bienheureuse idée de concocter un troisième volume, "le Royaume immobile". Bragelonne a donc sorti le tout, agrémenté des somptueuses couvertures dont ils ont le secret.
   
   Ayant acheté les tomes 2 et 3 dès leur sortie, je me suis replongée pour l’occasion dans la relecture de ces Enchantements. Plaisir intact…
   
   J’ai su, dès que j’ai lu la trilogie des "Lames du Cardinal", que Pierre Pevel figurerait parmi mes écrivains favoris. Je n’ai pas changé d’avis et quand je manque d’enthousiasme pour une lecture, quand je ressens un petit passage à vide, vite, je retourner piocher un de ses titres.
   
   "Les contes d’autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent, ont une patrie. Cette patrie se nomme l’OutreMonde. Ne la cherchez pas sur une carte, même millénaire. L’OutreMonde n’est ni un pays, ni une île, ni un continent, l’OutreMonde est… un monde, ma foi. Là vivent les fées et les licornes, les ogres et les dragons. Là prospèrent des cités et des royaumes que nous croyons légendaires. Et tout cela, au fil d’un temps qui s’écoule autrement."
   

   Voilà une délicieuse entrée en matière non ? C’est dans un Paris merveilleux où cohabitent humains et créatures féérique, en 1909, que débutent les aventures de Louis Denizart Hippolyte Griffont (fervent lecteur de Dumas !), un mage, ou plutôt un gentleman-magicien (j’adore ce terme !) chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés. L’auteur nous entraîne dès les premières lignes dans un savoureux récit d’aventures qui a le parfum de ces fabuleux romans-feuilletons du XIXème siècle. Hommage non déguisé à cette littérature qui porte cependant la marque de l’écrivain.
   
    Louis devra faire équipe avec la belle et redoutable Isabel de Saint-Gil, une fée en exil, à la fois espionne et cambrioleuse, qui est toujours accompagnée de ses deux hommes de main, deux personnages savoureux : Lucien Labricole et Auguste, très titis parisiens.
   
    On y trouve tous les ingrédients que j’aime : de l’action, de l’aventure, un brin de suspense, de la magie, du romantisme, de l’humour et des créatures fabuleuses (dont les dragonnets que j’ai eu plaisir à fugitivement retrouver et des chats-ailés fort sympathiques). Les personnages sont attachants et bien campés, et les bonnes trouvailles nombreuses : une reine maléfique, des gargouilles terrifiantes, un train magique qui transporte de drôles de personnages (avec à leur tête le Petit Maître des Rêves) et des arbres qui parlent !
   
    Et pourtant, tout ceci s’intègre fort bien dans le Paris du 19ème siècle : aucune situation ne parait farfelue, l’équilibre est trouvé entre la réalité et Ambremer, notre gentleman-magicien faisant naturellement le lien entre ces deux univers. Je n’ai qu’une petite réserve à émettre, le combat final est expédié un peu trop rapidement à mon goût, mais j’aime toujours autant l’écriture de Pierre Pevel.
    Vous pensez bien comme il me tarde de retrouver mes deux héros…

critique par Folfaerie




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