Lecture / Ecriture
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Les villes invisibles de Italo Calvino

Italo Calvino
  Si par une nuit d'hiver un voyageur
  Les villes invisibles

Les villes invisibles - Italo Calvino

Prose poétique
Note :

   Étrange livre que celui-ci sur lequel je suis revenue deux soirs de suite sans parvenir à y trouver intérêt. Dans sa préface, Calvino déclare: «je veux justement dire que pour être un livre, même un recueil de ce genre doit avoir une construction; il faut qu’on puisse y découvrir une intrigue, un itinéraire, une solution.» J’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé de tout ça.
   
   Ce livre est une suite d’évocations de villes, plus ou moins fantasmagoriques, plus où moins orientales, ou la chaleur, le désert et les hamacs le disputent aux véhicules à moteur et au becs de gaz. C’est Marco Polo qui est censé raconter à Kublai Khan ses périples avérés, mais il semble assaisonner ses descriptions d’éléments beaucoup plus futuristes qui habillent de rêves toutes ces villes aux noms de femmes. Pirra, Laudomie, Armille, Isaura… l’imagination s’enflamme d’abord car le rythme est poétique et la visite a les charmes du songe. Mais bientôt l’énumération se fait monotone et de ces villes j’ai perdu jusqu’à l’envie de les imaginer tant finalement, elles se noient dans les mots, les phrases qui ne mènent à rien.
   
   Je suis assez déçue car j’ai beaucoup aimé la trilogie "Nos Ancêtres", composée de trois courts romans qui sont autant de contes philosophiques à l’humour très fin: "Le vicomte pourfendu", "Le baron perché" et "Le chevalier inexistant". Je n’ai pas retrouvé dans ce texte ce style qui m’a tant plu, tout simplement parce qu’il me semble qu’il s’apparente plus au genre poétique auquel je suis rarement sensible.
   
   
   Titre original: Le città invisibili, parution en Italie : 1972
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critique par Yspaddaden




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Pérégrinations oniriques
Note :

   Marco Polo raconte à l'Empereur mongol, Kublai Khan, ses voyages, et décrit plus particulièrement les villes qu'il a visitées. A travers les rapides évocations de tous ses lieux, il dessine un portrait de la ville qu'il rêve, mélange de toutes ses villes, réelles ou imaginaires, dressées au dessus d'un ravin ou sous terre. Cinquante-cinq lieux, qui font l'admiration de l'Empereur.
   
   Chaque ville est présentée en quelques pages, rapidement, chacune avec ses spécificités et son nom évoquant bien d'autres choses que des villes. Certaines sont féériques, architecturalement impressionnantes, d'autres renvoient leurs habitants à leurs peurs, comme cette ville où les rats prennent peu à peu le pouvoir. Marco Polo classe les villes en onze catégories, comprenant chacune cinq lieux: les villes et le ciel, les villes et le désir, les villes cachées,... Le lecteur navigue entre toutes ces villes, parfois avec frisson ou étonnement, mais malheureusement le plus souvent avec une certaine indifférence. Car l'accumulation des lieux fait qu'on se perd un peu dans cette liste, qu'on a du mal à y trouver un fil commun. Quelques fulgurances, certes, qui interpellent, comme cette ville qui représente à la perfection le ciel étoilé ou cette autre qui s'élance vers le ciel, avec ses tuyaux et robinets ouverts.
   
   Alors, les passages intercalés évoquant les discussions entre Marco Polo et l'Empereur prennent de l'importance, car ce sont eux qui font les liens. Kublai Khan interroge Polo, pour savoir si ce qu'il raconte est véridique, ou pour vérifier que la ville qu'il rêve a déjà été visitée par le voyageur vénitien. Par petites touches, on sent que la réflexion de Calvino prend forme, et on en vient à se demander si cet échange, perdu parmi toutes ses descriptions urbaines, n'aurait pas eu plus de force s'il avait été mis à part.
   
   Bref, quelques moments intéressants, mais un ensemble qui ne m'a emporté, loin de là.

critique par Yohan




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