Lecture / Ecriture
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Petits arrangements avec l'infâme de Patricia Parry

Patricia Parry
  Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
  L'ombre de Monfort
  Petits arrangements avec l'infâme

Patricia Parry est une psychiatre et écrivaine française née à Toulouse en 1958, est décédée de maladie le 1er juin 2013.


* Vous trouverez une interview dans la rubrique "Rencontres" .

Petits arrangements avec l'infâme - Patricia Parry

Humour et efficacité
Note :

    Toulouse, hôpital psychiatrique: la police amène au docteur Antoine Le Tellier, psychiatre de garde cette nuit-là, un jeune homme, Khaled Addad, accusé du meurtre de sa sœur Miriem. Le jeune homme, âgé de dix-huit ans, présente des symptômes étranges, semblables à des hallucinations: il rêve de meurtres qui mettent en scène des gens qui semblent avoir vécu au XVIIIe siècle. Alors que les cités, habilement manipulées, s'enflamment, Le Tellier tente de débrouiller les fils de cette sombre histoire, qui semble avoir un lien avec l'affaire Calas. Et si Voltaire en détenait la clé?
   
   Voici le deuxième roman de Patricia Parry/Béatrice, chers happy few, que j'attendais avec une impatience d'autant plus grande que Gibert m'a fait le coup de s'emmêler les pinceaux dans les cartons et qu'ils l'ont donc mis en rayon avec du retard sur la date de sortie, ce qui a créé dans mon cerveau fatigué une étrange impression de "déjà-vu", car si vous vous souvenez bien chers happy few, le premier roman de Patricia Parry, "L'ombre de Monfort" m'avait longtemps échappé... Heureusement, sentant monter en moi une homérique colère, Gibert s'est hâté de réparer la faute et j'ai donc pu me plonger dans ce roman.
   
   Eh bien je peux vous dire chers happy few, que mon attente n'a pas été déçue une seconde! L'intrigue, extrêmement bien ficelée, mêle habilement les affaires Calas et Sirven et la mort de Miriem (et de quelques autres, que je vous laisse découvrir) en une alternance d'événements présents et passés qui se répondent et font monter le suspense. Les événements du XVIIIe sont racontés sous forme épistolaire, ce qui les rend d'autant plus percutants et Patricia Parry mélange des extraits de lettres réelles à des lettres fictives, au style XVIII° parfaitement imité (j'avoue tout, j'ai même dû me renseigner un peu tellement je m'étais faite avoir par le style de certaines lettres, j'ai cru un instant qu'elles étaient réelles aussi). L'histoire se sert fort intelligemment d'éléments occultes (à ce titre, j'ai adoré la fin) et les personnages sont très attachants: j'avoue tout de suite mon faible pour Antoine Le Tellier, homme séduisant presque malgré lui, brillant et à l'esprit ouvert. Ajoutons à cela de l'humour et un style agréable et efficace: que du bonheur!
   
   Vous l'avez compris chers happy few, je vous recommande ultra-chaudement ce polar et je souhaite une longue vie à Antoine Le Tellier!
   
   
   PS : le titre signifie "écraser l'infâme" et c'était ainsi que Voltaire signait ses lettres lors de l'affaire Calas.
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critique par Fashion Victim




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Peu convaincant
Note :

   Antoine Le Tellier, psychiatre, mène l’enquête, tel pourrait être le sous-titre de cette série dont voici le premier tome. Très attirée par les histoires de fous et plongée dans une période policière, j’avais envie de lire ce roman.
   
   Je suis partie avec cette lecture sur les mauvais rails: je m’attendais à une enquête mêlant policier et psychiatrie et je me suis trompée, la maladie mentale n’est pas du tout le ressort de cette histoire.
   
   Des crimes ont lieu de nos jours à Toulouse. Le jeune Khaled Addad, accusé d’avoir égorgé sa sœur, est amené aux urgences où il est pris en charge par le beau et bon docteur Le Tellier, médecin psychiatre. Le jeune homme «issu de l’immigration», lui confie ses rêves étranges: il voit des morts violentes, des cadavres vêtus à l’ancienne… Les indices s’accumulant (et le lecteur lisant parallèlement des échanges de lettres datant du XVIIIe siècle), le lien est fait entre trois meurtres contemporains et trois affaires qui ont jadis eu pour défenseur le grand Voltaire, dont l’affaire Calas.
   Les protagonistes, leurs noms, leurs liens de parenté, les lieux, tout correspond scrupuleusement, jusqu’à l’étrange machination des Dames Noires qui trament dans l’ombre un «odieux complot»…
   
   Plus le roman avançait, accumulant les liens entre histoires passées et présentes, plus je me demandais comment Patricia Parry allait se sortir d’une histoire pareille (ce qui bien sûr entretient le suspens et donne vraiment envie de tourner les pages encore et encore): soit elle est un génie avec un solution éblouissante, soit…. eh bien c’est la deuxième solution qui l’emporte à mes yeux, très malheureusement. Je n’ai pas pu croire à une telle machination, à une accumulation de ressemblances et de scénarios absolument identiques dans les moindres détails, même fomentés par une organisation secrète, puissante et sans scrupules… D’ailleurs à la fin, elle n’explique pas comment Khaled a pu rêver des crimes passés. Pour moi cette histoire ne tient absolument pas debout, c’est une théorie du complot a beaucoup trop grande échelle pour qu’elle reste crédible.
   
   Ce qui est par contre plus réussi, c’est la chronique sociale, l’embrasement des banlieues et le parallèle entre les musulmans aujourd’hui et les protestants hier. L’intolérance et l’intégrisme sont très bien mis en scène de même que la difficile position des jeunes issus de l’immigration accusés de trahir leur communauté d’origine s’ils ne pratiquent pas mais toujours considérés comme des arabes (donc potentiellement dangereux) par les Français de souche.
   
   Le héros principal, Antoine Le Tellier, est quant à lui un peu lisse, un peu trop bon pour être intéressant. Autre déception pour moi, l’auteur étant elle-même médecin psychiatre, je m’attendais à faire une plus profonde plongée dans ce monde-là.
   Je suis donc déçue par cette lecture, mais j’ai bien l’impression d’être la seule...
    ↓

critique par Yspaddaden




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Bonne série B
Note :

   Ce roman dormait dans ma pile depuis loooongtemps et, pour une raison que je ne comprends toujours pas, on dirait que les livres APPARAISSENT dans la dite pile. Je vous jure que je n’y suis pour rien!!
   
   Ce roman est donc un polar où s’entremêlent le présent toulousain et 1762, où l’affaire Calas avait soulevé l’indignation de Voltaire.
   
    Lorsque Khaled Addad arrive à l’urgence psychiatrique, sans souvenir de ce qui est arrivé, mais couvert du sang de sa sœur assassinée, tous sautent aux conclusions. C’est Antoine Le Tellier, psychiatre, qui est notre personnage principal et qui tente de faire le rapprochement entre les deux époques. Car depuis un moment, Khaled rêve de femmes mortes il y a des centaines d’années…
   
   Intrigant, non? Intrigant mais surtout fort actuel, même si le livre a été écrit en 2007 (avec une pensée pour Patricia Parry, d’ailleurs, que j'avais rencontrée et qui est disparue beaucoup trop tôt, en 2013). Il est en effet question d’islamisme intégriste, de radicalisation, mais surtout de racisme, cet infâme dont il est question. Plus que l’intrigue, qui nous promène d’une époque à l’autre, c’est cette réflexion qui m’a intéressée. Réflexion très à propos et qui colle à notre société, même 8 ans après. On y traite de préjugés, de présomptions, des victimes premières des intégristes, mais aussi des différents visages des radicaux et de la menace qui n’est pas toujours où l’on croit.
   
   Certes, j’ai vu venir de loin et il faut aimer ces romans où, parfois, on accepte de croire que ça peut être possible. Mais en gros, ça se lit tout seul et ça fait passer un bon moment!

critique par Karine




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