Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les écureuils de central Park sont tristes le lundi de Katherine Pancol

Katherine Pancol
  Les yeux jaunes des crocodiles
  Un homme à distance
  La Valse lente des tortues
  Encore une danse
  Les écureuils de central Park sont tristes le lundi

Katherine Pancol est une romancière française née en 1954 au Maroc.

Les écureuils de central Park sont tristes le lundi - Katherine Pancol

Du moment qu'il y a un animal dans le titre...
Note :

   Voici le troisième volet de la saga de Katherine Pancol, après «Les yeux jaunes des crocodiles» et «La valse lente des tortues». On y retrouve les mêmes personnages, Joséphine, Hortense, Gary, Shirley, Marcel, Josiane, Junior, Philippe, Alexandre, Zoé et Gaétan… bref toutes ces personnes qu’on a vues grandir et évoluer au fil des tomes. Des histoires d’amour contrariées, des complots qui se trament pour venger une jalousie maladive, des tempéraments qui se révèlent, des passages à l’âge adulte, la découverte que la vie qu’on mène n’est pas celle qui nous rendra heureux… bref le roman est riche de ces histoires parallèles qui finissent bien souvent par s’entremêler jusqu’à donner la clef du bonheur à tous ces personnages ma foi bien attachants…
   
   Alors évidemment, on se plonge avec délectation dans ce petit univers foisonnant et virevoltant qui nous entraîne à mille lieues de notre fauteuil. On retrouve avec joie tous ces personnages qu’on a l’impression de bien connaître. Mais sans vouloir comparer notre saga à Rocky I, II, III, IV et V, eh bien Katherine Pancol échoue comme bien d’autres à donner un vrai second souffle à son histoire; malgré l’insertion de nouvelles intrigues et la montée en puissance de certains personnages, elle patauge un peu dans la choucroute et flirte parfois avec la vulgarité et le bon gros comique de situation avec des personnages comme Junior, Chaval et la trompette notamment… Et puis au bout des 800 pages on a presque hâte d’arriver à destination et de quitter tout ce petit monde dont les aventures sont un peu cousues de fil blanc.
   
   Malgré ça, j’ai passé un bon moment en compagnie de ce roman au titre alambiqué mais ça reste encore plus que les autres une vraie lecture de plage ou de métro, un bon moment de divertissement mais pas une histoire vraiment touchante.
   ↓

critique par La Dame




* * *



Saga de la famille Cortès
Note :

   Dernier volet en date de la saga débutée en 2006 avec "les yeux jaunes des crocodiles", ce troisième opus au titre animalier ravira les lecteurs attachés à l’univers de la famille Cortès. Après les perturbantes péripéties de "la valse lente des tortues", où Katherine Pancol s’amusait à flirter avec le polar en fourvoyant Joséphine et sa famille dans les griffes d’assassins psychopathes, nous accompagnons avec davantage de bonheur notre médiéviste favorite en quête d’inspiration littéraire et d’Amour mérité.
   
   Autour de Joséphine et de ses filles, nous retrouvons les personnages familiers, hormis Iris, évidemment. Le mari d’Iris, Philippe, a choisi l’exil définitif à Londres pour se remettre plutôt bien de la disparition de sa femme. Il y attend, avec une patience toute masculine (on se comprend, les filles?) sa belle-sœur toujours sous le choc des événements précédents, paralysée par sa culpabilité injustifiée… La confiance de Joséphine est enterrée au dernier sous-sol, ses relations sentimentales en mode marche arrière. Mais les Amours contrariées ne sont pas réservées à ces deux-là. Shirley, l’amie fidèle à la royale ascendance, entre à nouveau en scène pour y vivre la déchirure d’une mère entre un nouvel amour régénérant et un fils conquérant son autonomie. Le roman s’ancre dès lors sur les deux rives du Channel, au rythme de l’Eurostar. Car Hortense poursuit sa scolarité et ses coûteuses ambitions dans la capitale britannique, plus déterminée que jamais à réussir sa carrière, quel qu’en soit parfois le prix.
   De son côté, à Paris, Zoé grandit et se livre aux jeux des amours adolescentes, contrariées par la distance et moult aléas… Cette fois, K Pancol renonce aux assassins pour mieux s’investir dans les multiples facettes des jeux amoureux, auquel même Junior, l’improbable fils de Josiane et Marcel Grobz, n’échappe pas. Les intrigues sentimentales s’entremêlent, se répondent, se juxtaposent, emberlificotent les protagonistes dans d’insolubles problèmes que le lecteur se prend parfois à vouloir résoudre en secouant le cocotier, non mais!
   
   À l’aise dans le petit monde qu’elle a créé, Katherine Pancol nous promène d’une figure à l’autre, zoomant également sur Gary, le fils de Shirley, qui pour sympathique qu’il était apparu dès le 1er volume, était demeuré au rang des utilités. À ce stade, le jeune homme prend son destin en main, ce qui le conduit à voyager, rencontrer son père, choisir l’amitié des écureuils pour consoler ses peines… Tantôt, elle réactive avec délectation la méchanceté de l’horrible Henriette, récupère un Chaval amolli qu’on avait oublié après les turpitudes du premier ouvrage. Joséphine nous touche toujours par sa candeur et son désir d’harmonie, l’empathie nous gagne quand enfin elle se montre un brin personnelle, mais Hortense et sa détermination viscérale et furibonde, Henriette et sa méchanceté avaricieuse et rancunière nous régalent. Nul doute que Katherine Pancol s’amuse à développer les affres de la jalousie, de l’ambition, du désir de conquête et de pouvoir. Le déroulement des fils qui tiennent les intrigues s’avère jouissif pour l’auteure autant que pour ses lecteurs.
   
   En revanche, j’apprécie moins le personnage de Junior, le bébé prodige de Josiane et Marcel. La pétulance de la mère s’étiole à servir de faire-valoir à cette figure clownesque du génie. Il me semble que la caricature fauche la subtile revanche apportée par la complétude du bonheur de ce couple sans malice. J’avais déjà ressenti et souligné une maladresse quand Henriette fréquentait l’envoûteuse dans la valse lente; je reconnais que mon enthousiasme pour le troisième opus est tempéré là encore. Sans doute Katherine Pancol construit-elle ce pendant malfaisant afin de contrebalancer l’esprit de romance qui baigne l’ensemble de ce tome. À vouloir éviter de s’enliser dans le roman sentimental, dit littérature de gare, l’histoire s’englue sur la planche savonneuse d’une caricature grotesque. Il est difficile de mélanger burlesque et sentiment, la mayonnaise de l’humour ne monte pas vraiment. Dommage, mais une fois de plus, l’exercice des suites montre ses limites.
   Je m’étais pourtant beaucoup régalé l’été dernier à suivre les péripéties créatrices de Madame Pancol sur la rubrique blablablog de son site , et j’y passe toujours régulièrement, profiter de sa conversation charmante et pertinente… Que je ne saurais trop vous engager à fréquenter à votre aise.
    ↓

critique par Gouttesdo




* * *



Comme un feuilleton
Note :

    Docteur es-lettres, journaliste pour de grands hebdomadaires français, son premier roman (Moi d’abord) est un succès en 1979. Après une dizaine d’année à New-York, elle revient en France. En plus de ses interviews d’hommes célèbres, la majorité de ses ouvrages seront des succès dont :
   trois romans qui déroulent l’histoire de Joséphine :
   "Les yeux jaunes des crocodiles" (environ 640 pages) 2006
   "La valse lente des tortues" (environ 740pages) 2008
   "Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi" (environ 930 pages) 2010
   
   Katherine PANCOL a d’indéniables talents d’écriture dont le premier est d’imaginer des histoires et des rebondissements; mais elle a aussi cette aptitude singulière à nous faire entrer dans des personnages, avec un vrai sens de la psychologie des êtres. Ils sont presque tous sympathiques de prime abord, de sorte qu’on s’identifie d’autant plus facilement à chacun ; puis on découvre peu à peu, de l’intérieur, leurs faiblesses, leurs vilenies et leurs obscurs secrets. On est parfois proche de la caricature car elle les met en âme plus encore qu’en scène avec une verve gourmande. On est dans leur tête et on vit ce qu’ils pensent et ressentent sur le mode du je de sorte que tout lecteur les imagine sans doute physiquement avec précision.
   
   Plus que dans tous les autres, ne s’est-elle pas projetée davantage dans son héroïne Joséphine, si méritante et si humaine : austère universitaire centrée sur la condition féminine du douzième siècle, Joséphine est une femme timorée, mère de deux filles, la douce petite Zoé et l’aînée, la perfide Hortense, caricature de peste égocentrique et sans scrupules. On peut il est vrai, regretter que la fin, avec le troisième opus, semble un peu expédiée et moins plausible en dérivant un peu trop vers le fantastique. Il reste que la lecture du premier tome accapare comme une addiction pour donner envie de connaître les autres.
   
   En utilisant tous les niveaux de langage, tous les registres, c’est léger, bondissant, vivant! On prend un réel plaisir à entrer dans les pensées de ces personnages, à vivre leurs désirs inavouables, leurs détestations, leurs roueries secrètes. Si les hommes, apparaissent souvent faibles, tenaillés par le besoin de pouvoir, tenus par l’argent et par les femmes, celles-ci ne sont pas si bien traitées : manipulatrices ou timorées, égoïstes ou superficielles, toutes et chacun en prend pour son grade. Toutes les catégories humaines sont croquées à la manière de ces nouveaux caricaturistes dont les dessins forcent seulement sur la singularité d’un visage sans enlaidir le portrait. Et comme un feuilleton, on ne supporterait pas d’ignorer la suite.
   
   Côté littérature, on est bien sûr ni dans Balzac, ni dans Zola, quoique on pourrait voir dans cette saga de près de deux mille cinq cents pages, de modernes Rougon-Macquart, tant ses personnages sont caractéristiques de notre époque pour en témoigner durablement. Il reste que l’écriture très actuelle dans sa forme et sa richesse, a son originalité et captive le lecteur durant toute l’histoire de Joséphine.
    ↓

critique par Petit Bonhomme




* * *



La grande famille
Note :

   Je ne fais jamais les choses dans l’ordre.
   Il y a un an, j’avais découvert l’univers de Katherine Pancol au travers des Crocodiles. Après un long démarrage (cent pages pour parvenir à trouver son rythme), l’entrelacs des personnages très justement dépeint avait fait tilt.
   A court de lecture dans mes pérégrinations montagnardes, me voilà devant un linéaire riquiqui de supérette qui doit écouler davantage de packs de bière, de crème solaire ou de paquets de chips que de littérature à la petite semaine. Pas question de trouver ici un Zola ou un Hemingway, encore moins Balzac et Tolstoï, tout juste Houellebecq ou Camus, et encore…
   Bref, je tombe sur un pavé (quasiment mille pages) à la couverture colorée. Pancol. Des écureuils, cette fois.
   
   Je pensais naïvement que la ressemblance à la fois esthétique et patronymique (couverture semblable et titre avoisinant) n’était qu’une lubie de l’auteur. Après tout et à des fins commerciales, les éditeurs ne prennent ils pas plaisir à imiter les couvertures des différents romans de leurs auteurs? Comme une marque de fabrique. Une griffe. Quant au titre, même constat.
   Et voilà que je me retrouve dans une soirée mondaine en plein milieu de la mode. Des circonstances et un monde qui me sont totalement hermétiques. Ca commence bien. Aurais-je courage d’aller au bout?
   
   Je commençais à m’ennuyer ferme quand, soudain, un personnage connu fait son apparition. Joséphine.
   Et là, je comprends d’un seul coup : si ce n’est une suite, cela met en scène des personnages connus.
   Bingo! Bimbamboum comme dirait Hortense.
   Hortense, c’est la fille ainée de Joséphine.
   Tout juste vingt ans et une ambition Napoléonienne. Etudiante, future styliste de mode, elle ne vit que par le paraitre et veut croquer le monde.
   Marcel Grobz, chef d’entreprise, fraichement divorcé du « manche à balai » et filant le parfait amour avec Josiane, son ancienne collaboratrice et qui parlent, tous les deux comme Audiard. Un régal.
   Mais il y a de nouveaux personnages, notamment leur fils surdoué, Junior, trois ans, Einstein en puissance qui a tôt fait de dépasser ses parents.
   Becca, une Sdf aux manières aristocratiques qui va raccommoder une famille bancale.
   On retrouve Shirley, dont le passé flirte avec la couronne britannique. D’ailleurs la moitié du roman se déroule en Angleterre. Son fils, Gary, qui vit une passion en pointillé avec la belle Hortense. Fou de musique, il se découvre un professeur de piano qui pourrait remplacer un père absent sur les traces duquel il part jusqu’en Ecosse pour se rendre compte que… Mais, chut!
   Il va s’en passer pendant 900 pages, je vous le dis. Comme une grande famille dont on aime à avoir des nouvelles.
   
   La petite Zoé qui va découvrir l’amour.
   Chaval, conspirateur avide, qui se retrouve lessivé par la passion pour une jeunette.
   Philippe, le beau-frère de Joséphine, que je ne peux m’empêcher de voir sous les traits avantageux de Patrick Bruel… Et à chaque fois que Joséphine entre en scène, c’est Julie Depardieu et son air lunaire, vaguement à côté de la plaque, qui virevolte devant mes yeux.
   Joséphine, qui porte l’histoire à bout de bras. Une vraie femme, ni héroïne, ni vamp, mais à qui on a envie de dire je t’aime.
   Joséphine. Qui va nous donner à nouveau un cours d’écriture. Et prendre de l’assurance en chassant de vieux démons.
   Joséphine, mère effacée mais faisant face. Divorcée puis veuve (son mari fut happé par un crocodile - ça ne s’invente pas) et soulagée d’une sœur qui prenait toute la place (assassinée dans le tome II).
   Parce qu’il faut que je vous raconte! Les écureuils sont bien la suite des crocodiles, seulement c’est le tome III. Pour celles et ceux qui seraient aussi étourdis que moi, je les rassure : ça peut se lire indépendamment. Pancol parvient à remettre en place ses personnages pour qu’on ne soit pas perdu.
   Mais, du coup, je vais être obligé de lire le milieu de la trilogie où il sera question, cette fois, de tortues et d’une nouvelle chronique ici même. A l’année prochaine!

critique par Walter Hartright




* * *